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La religion m’a tuer

Par Élisabeth Feytit
Toutes les religions sont porteuses de la violence de l'obéissance et du prosélytisme nécessaires à leur survie.

On nous parle de religions d’amour, de paix, de conscience…

Quand on prétend qu’un texte est « saint », « sacré » ou directement dicté par un être créateur (donc porteur de vérités ultimes, universelles et inaliénables), quand on dit qu’il est un guide utile pour vivre en harmonie, pour trouver ou exprimer le meilleur de soi, pour se comprendre et comprendre le monde… comment alors justifier une seconde qu’on en prenne uniquement ce qui nous plait au moment où ça nous arrange ? Un verset ici, mais pas celui-là plus loin.

Toutes les religions (toutes) demandent explicitement la soumission à leurs dogmes. C’est un fait. Qu’elles se présentent comme pacifiques ou non, qu’on se donne la liberté d’en analyser les textes, de les interpréter ou pas, elles sont toutes porteuses de la violence de l’obéissance et du prosélytisme (à un niveau familial, communautaire ou social) nécessaires à leur survie et sans lesquels l’appartenance religieuse n’existerait tout simplement pas.

Où sont donc l’honnêteté, la morale et le respect de soi et des autres dans tout ça ? Dès lors que nous suivons réellement les « enseignements » d’une religion, nous ne les trouverons jamais. Alors pourquoi faut-il encore et toujours, de près ou de loin, que nous nous accrochions à ces croyances, à ces textes, à ces identités communautaires ? Et de quelle « tolérance » parle-t-on au juste ?

Non. L’honnêteté, la morale, le respect sont à trouver ailleurs ; dans l’éducation et l’auto-éducation à l’observation du réel, au doute, au questionnement et à l’analyse de nos pensées individuelles et collectives, comme élémentaire (et difficile) chemin vers la compréhension de soi et des autres.

Étudier et connaître les textes religieux comme faisant partie de notre patrimoine est une chose tout à fait intéressante. Défendre la « liberté religieuse », c’est défendre directement ou indirectement la liberté de violence, d’ignorance et d’endoctrinement. Les « grands livres » et l’histoire des religions ne cessent de le prouver.

On arrête quand de se mentir ?

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Commentaires

  1. Court et efficace.
    C’est malheureusement impossible de parler en ces termes, en tout cas de mon expérience. C’est extrêmement mal vu de parler de parler de violence et de mensonge, pour la plupart des gens, quand on parle de religion.
    On rétorque souvent que l’humain a besoin de croire et de se retrouver en communauté, et que la religion offre cela… (comme elle était la seule !)

    1. Oui, c’est une question épineuse, quel que soit le pays. En France, règne cette idée de « tolérance » envers les religions et les croyances en général. Pour ma part, je les considère comme des idéologies, et non des moins meurtrières et abêtissantes. 

      1. Dans un pays aussi islamophobe que le notre, qui interdit aux femmes portant le foulard de faire du sport en compétition et d accompagner leurs enfants en sortie scolaire, je ne dirais pas comme vous que la tolérance est de mise !

  2. Merci ! Je me sens moins seule. Tiens d ailleurs je sors d un cours de yoga ( qui fait partie d’un programme thérapeutique ) et je suis super mal. Je constate que je ne supporte plus ces bonnes paroles qui ne font que m’agacer plutôt que de me calmer. Ss doute parce que j’y perçois l emprunte des dogmes et préceptes. Ces pratiques sont de plus en plus présentes en psychiatrie, le yoga la méditation, ne peut on pas simplment avoir des pratiques corporelles sans avoir besoin de dire namaste entre autre et de méditer sans Bouddha ??!!

    1. Vous soulevez là une réalité de plus en plus problématique : la main mise des croyances et des pseudosciences dans le milieu médical. Il est possible de faire du yoga ou de la méditation sans empreinte dogmatique ou religieuse, mais c’est rare hélas. C’est en réalité le professeur qui donne une orientation mystique (chakra, Qi, Bouddha, etc.) à son enseignement ou pas.

  3. L’athée que je suis  adhère plutôt à ce texte, mais je pense qu’il ne faut pas pour autant oublier de lutter et de dénoncer les persécutions contre les croyants.

     Tiens, je pensais en rédigeant ce commentaire aux musulmans en France (mais pas que) mais en faisant une petite recherche j’apprends que la persécution des chrétiens est en hausse dans le monde.

    1. En effet, mon texte n’a pas vocation à stigmatiser les croyants ou à inciter à la violence vis-à-vis d’eux, mais plutôt à pointer du doigt ce qu’est la croyance religieuse et les conséquences de sa propagation. Il est à noter que, le plus souvent, la persécution contre les croyants se fait de la part d’autres croyants.

  4. Merci pour votre travail sur le questionnement de notre façon de penser. Je le trouve réellement intéressant. Moi aussi , je suis tombée dans plusieurs écueils de croyances. Et pourtant. Il y a quelques années, loin de toute pratique religieuse ou autre, j’ai reçu comme un appel, qui selon moi venait de Jésus. Cet appel m’a réellement bouleversée, et n’a duré qu’un bref instant. J’étais pourtant dans un état normal, pas de manque de sommeil ni de substances (!). Par la suite, j’ai ressenti une réelle envie de lire la bible, en ouvrant des pages, comme ça, au hasard, un peu chaque jour. Et ce que je lisais, à chaque fois, touchait mon cœur, et me paraissait limpide et chargé de sens. Personne ne m’a incitée à faire cela, rien. C’est arrivé comme cela. Et puis le désir de continuer à lire cette bible s’est installé. J’ai constaté que les textes m’éclairaient souvent sur ma vie humaine, et souvent j’y ai trouvé de la force et du réconfort. Depuis plusieurs années, je suis sur mes gardes concernant toute forme de mainmise d’un autre humain sur ma vie, mais avec ce Dieu là, le mot obéissance ne me pèse pas du tout. Car je sens que c’est un Dieu qui m’aime et veut ma Liberté. Je ne pense pas non plus faire cela par facilité, car une fois cet amour  et ce dialogue avec Dieu entretenu, cela m’aide à aller vers les autres, les tolérer mieux, etc. C’est un refuge, mais pas une cachette. Il me semble en tout cas. Voilà. Je suis souvent particulièrement touchée par les écrits de certains Saints et de leurs vies. Pourtant je ne me sens pas du tout concernée par les mouvements de type « charismatiques » qui me font peur. Je ne ressens pas ma pratique religieuse comme de l’endoctrinement, et lorsqu’un prêtre ou autre personne de la paroisse me semble trop prendre autorité à la place de Dieu je lui en parle si c’est possible, ou l’évite.

  5. Ne prêche-t-on pas la tolérance envers les croyances religieuses par crainte de les renforcer (et renforcer du même coup leurs conséquences néfastes) par effet de réactance en faisant l’inverse ? Ce texte même, lu par un croyant, ne risque-t-il pas d’avoir cet effet ? 
    Par ailleurs, pour une personne qui croit, il est incompréhensible que les principes contenus dans sa religion soient immoraux ou irrespectueux de soi-même et d’autrui. Pour elle, si le dogme dit qu’il faut convertir des gens à toutes forces par exemple, c’est ça leur faire du bien. Et ne pas les convertir leur porte préjudice. Et aux dernières nouvelles, on n’a pas encore pu objectiver la morale. Il n’y a pas que les personnes religieuses qui n’arrivent pas à se mettre d’accord là-dessus. Cela pose problème à la philosophie depuis longtemps. 
    Je suis non-croyant religieusement parlant. Mais comment puis-je faire valoir que je fais plus de bien (ou moins de mal) que ma mère qui est croyante ? On ne peut même pas faire d’expérience contrôlée, puisqu’on ne peut pas définir ce qui est bien de façon consensuelle. Si ?

    1. Je ne prétends pas définir ce qu’est la morale ; j’observe que les religions s’en chargent, et avec des conséquences graves. Que votre mère fasse plus de bien que vous ou pas n’est pas la question, à mon sens.
      La tolérance républicaine envers les religions est sans doute la moins mauvaise des solutions car persécuter les croyants ou les empêcher de « croire » ne mènerait qu’à une autre dictature. Mon propos est simplement de dire que si la situation n’est pas simple, elle mérite tout de même d’être nommée pour ce qu’elle est. Édulcorer les dangers de la religion et de son endoctrinement constitutif, c’est lui ouvrir un boulevard. Faire comme si elle était porteuse de bonté et de morale, comme si la religion avait une valeur unique, c’est soit être ignorant, soit jouer dangereusement avec un système qui n’attend qu’une chose : qu’on lui offre le pouvoir.

  6. Bonjour, pas du tout d’accord avec ce que vous dites… 

    Défendre la « liberté religieuse », c’est défendre directement ou indirectement la liberté de violence, d’ignorance et d’endoctrinement. Les « grands livres » et l’histoire des religions ne cessent de le prouver

    fin de citation.

    Ce n’est que votre point de vue, d’ailleurs vous êtes totalement libre de le penser tout comme chaque individu qui est libre de croire ou non et de pratiquer ou non la religion qui lui incombe !

    Vous parlez de moralité et de respect… Quand n’est-il du votre ? Permettez moi mais la sincèrement vous mélangez certain aspect de la religion. Malheureusement certain profite de la religion pour commettre certains actes au même titre qu’on pourrait le faire en profitant d’un statut, d’un bien, d’une personne, d’un peuple…

    Cela dit, si vous n’avez pas la foi c’est votre choix mais ayez au mois le respect pour les personnes qui se donnent l’humilité et l’endurance pour l’acquérir.

    La religion n’a jamais endoctriné qui que ce soit malheureusement c’est bien l’usage qui en est fait ! 

    Fumer tue ! On le sait bien mais malgré cela personne ne fume ?

    Merci.

    1. Bonjour,
      Vous écrivez : « Vous parlez de moralité et de respect… Quand n’est-il du votre ? ». La moralité est une caractéristique humaine et animale qui ne trouve pas son origine dans la religion.

      Si je parle de respect, c’est de celui que l’on peut porter aux personnes. Ça oui, c’est important pour moi. Pour autant, je ne considère pas qu’il faille à tout prix respecter les idées ; au contraire, il me parait important de les questionner, voire de les malmener, pour ne pas s’y assujettir de manière aveugle et délétère, au nom justement du respect de soi et des autres. Toute idée est bonne à être critiquée. C’est tout l’objet du sujet qui m’intéresse ici : la métacognition.

      Vous parlez de foi. Je pense qu’on peut avoir la foi en une transcendance et ne pas adhérer à une religion. Je ne critique en aucune manière les gens qui ont la foi ou même ceux qui adhèrent à une religion. Je questionne et critique la religion elle-même, dans ce qu’elle induit à un niveau individuel et social.

      Pour finir, vous dites que « La religion n’a jamais endoctriné qui que ce soit ». Voilà une affirmation pour le moins surprenante, voire inquiétante. Regarder les choses en face est une étape indispensable à l’expression de la moralité et du respect.

  7. Bonjour, ne vous inquiétez pas de la longueur, j’ai copié-collé les paragraphes pour les commenter au fur et à mesure.
    Quand on prétend qu’un texte est « saint », « sacré » ou directement dicté par un être créateur (donc porteur de vérités ultimes, universelles et inaliénables), quand on dit qu’il est un guide utile pour vivre en harmonie, pour trouver ou exprimer le meilleur de soi, pour se comprendre et comprendre le monde… comment alors justifier une seconde qu’on en prenne uniquement ce qui nous plait au moment où ça nous arrange ? Un verset ici, mais pas celui-là plus loin.
    Logiquement juste. Des gens ont justifié l’esclavage en utilisant la Bible pendant plusieurs siècles ; d’autres l’ont utilisée pour le condamner. Pour moi les idées morales précèdent l’interprétation ; c’est-à-dire que les personnes justifient ce qu’elles pensent en trouvant dans la Bible ce qui leur convient (je suis sûre qu’elles le font involontairement d’ailleurs).
    Toutes les religions (toutes) demandent explicitement la soumission à leurs dogmes. C’est un fait. Qu’elles se présentent comme pacifiques ou non, qu’on se donne la liberté d’en analyser les textes, de les interpréter ou pas, elles sont toutes porteuses de la violence de l’obéissance et du prosélytisme (à un niveau familial, communautaire ou social) nécessaires à leur survie et sans lesquels l’appartenance religieuse n’existerait tout simplement pas.
    Les religions « sont toutes porteuses de la violence de l’obéissance et du prosélytisme ».
    Violence de l’obéissance ? Je pense que soit il y a un souci de vocabulaire dans cette phrase, soit nous n’avons pas la même définition de « obéissance » et que je n’ai pas compris ce que vous voulez dire. Pour moi, si des personnes adhèrent à des dogmes, c’est qu’à ce moment là de leur vie ils leurs conviennent. Du moment que cela ne les empêche pas de vivre et qu’ils ne causent pas de mal autours d’eux à cause de (leur interprétation de) ces dogmes, je ne vois pas où est le problème. Ensuite des croyants ont leur propre interprétation et n’adhèrent pas forcément, voire ne connaissent pas, tous les dogmes de la religion à laquelle ils se disent appartenir (il y a les dogmes et la réalité de ce qu’en pensent les croyants).
    Violence du prosélytisme ? Dans quel sens ? Le « prosélytisme » pour moi c’est de la pub pour religion. Il peut être très soft : un tract dans la rue, une conférence, les témoins de Jéhovah avec leur caddie faisant le pied de grue sur une place, un ami qui simplement vous parle de sa foi…
    « …nécessaire à leur survie et sans lesquels l’appartenance religieuse n’existerait tout simplement pas. » Oui : s’il n’y a pas de transmission du « message » ou si cette transmission n’est pas satisfaisante, personne ne va s’intéresser à la « Vérité » à laquelle le groupe croit ou des croyants vont partir car soit le « message » ne leur convient pas, soit les règles ne leur conviennent plus.
    Où sont donc l’honnêteté, la morale et le respect de soi et des autres dans tout ça ? Dès lors que nous suivons réellement les « enseignements » d’une religion, nous ne les trouverons jamais. Alors pourquoi faut-il encore et toujours, de près ou de loin, que nous nous accrochions à ces croyances, à ces textes, à ces identités communautaires ? Et de quelle tolérance parle-t-on au juste ?
     « Où sont donc l’honnêteté, la morale et le respect de soi et des autres dans tout ça ? Dès lors que nous suivons réellement les « enseignements » d’une religion, nous ne les trouverons jamais » Je ne vous suis pas. Comment le fait de suivre les enseignements d’une religion empêche d’être honnête et respectueux vis-à-vis de soi et des autres ? Pouvez-vous expliciter ?
    « Alors pourquoi faut-il encore et toujours, de près ou de loin, que nous nous accrochions à ces croyances, à ces textes, à ces identités communautaires ? » J’aimerai répondre à cette question. Ça rejoint cette grande question : mais comment diable fonctionne l’esprit humain ??
    « Et de quelle « tolérance » parle-t-on au juste ? »
    Vous faites référence à la tolérance envers les religions ?
    Non. L’honnêteté, la morale, le respect sont à trouver ailleurs ; dans l’éducation et l’auto-éducation à l’observation du réel, au doute, au questionnement et à l’analyse de nos pensées individuelles et collectives, comme élémentaire (et difficile) chemin vers la compréhension de soi et des autres.
    « L’honnêteté, la morale, le respect sont à trouver ailleurs » Je suis d’accord pour dire que ces trois valeurs (je ne sais pas si c’est le terme approprié) ne sont pas l’apanage des religions. Mais des parents peuvent élever leur enfant dans la foi d’une religion en leur transmettant ces valeurs, imbriquées dans l’enseignement de cette religion. Euh, je ne sais pas trop ce que vous voulez dire par « morale » (ce terme n’est pas clair pour moi) mais passons.
    Étudier et connaître les textes religieux comme faisant partie de notre patrimoine est une chose tout à fait intéressante. Défendre la « liberté religieuse », c’est défendre directement ou indirectement la liberté de violence, d’ignorance et d’endoctrinement. Les « grands livres » et l’histoire des religions ne cessent de le prouver.
     « Défendre la « liberté religieuse », c’est défendre directement ou indirectement la liberté de violence, d’ignorance et d’endoctrinement.»
    Je vais faire ma ‘‘sceptique de service’’ : une affirmation sans preuve peut être rejetée sans preuve. D’où les religions sont violentes (c’est pratique de toutes les mettre dans le même sac d’ailleurs) ? D’où rendent-elles ignorant (=dans quel sens) ? D’où une religion endoctrine-t-elle et à quoi (=que signifie « endoctrinement ») ?
    « Les « grands livres » et l’histoire des religions ne cessent de le prouver »
    Ah ? Illustrez-moi ça (c’est une vraie demande, parce qu’encore ici je ne vous suis pas).
    J’ai hâte de lire votre réponse. Cordialement;
    Aurore

    1. Bonjour Aurore,

      Merci pour votre intérêt. Je vais tenter de répondre à vos très nombreuses questions.

      Le cherry picking dans les livres religieux ou spirituels est une grand classique. Les croyants/pratiquants en usent de manière plus ou moins consciente. Certains s’en défendent, d’autres n’y voient rien de problématique. Pourtant, tous s’accordent à dire que ces enseignements ont une valeur transcendante et n’oseraient jamais, par exemple, cracher sur ledit livre ou le piétiner avec des bottes boueuses.
      Comme vous le soulignez vous-même, ces textes justifient les décisions et les actes de ceux qui s’y fient. Et comme on peut y trouver tout et son contraire, quasiment tout peut être justifié par la Bible, par exemple.

      Je décris l’obéissance aux dogmes comme une violence parce que se soumettre à un mode de pensée extérieur à soi et non discutable est une violence faite à soi-même, en tout premier lieu. Adhérer à un dogme, c’est arrêter de le questionner. Or les dogmes touchent à des choses très concrètes de notre vie. Suivre un dogme, c’est accepter le formatage de sa pensée et de ses actes. C’est aussi de facto s’abandonner à la culpabilité, parce qu’en tant que faibles humains, il nous sera impossible, à un moment ou un autre, de suivre ce dogme à la lettre, ou alors au prix du renoncement de soi. Et, au final, les religions ont vite fait de nous dire que si nous souffrons, c’est que nous avons failli.

      Si obéir à des dogmes peut donner une sentiment de soulagement ou de certitude, cette obéissance mène aussi et inévitablement à des frictions avec le réel, d’autant plus que, par définition, les dogmes sont figés. Il est aussi important de prendre en compte que se dévouer à un dogme (ce qui n’est pas facile) induit naturellement le fait de le transmettre à son entourage (enfants, conjoint•e, amis, etc.). Vouloir imposer sa pensée à l’autre est une violence.
      Le prosélytisme est d’autant plus violent que la croyance devient un passage obligé dans la relation à l’autre. Les Témoins de Jéhovah que vous citez ne communiquent qu’avec des gens qui croient comme eux. Ainsi, ils couperont les ponts avec un membre de leur famille si il ou elle sort du mouvement. Pour eux, convaincre l’autre est une question de vie ou de mort. S’ils ne font pas de prosélytisme, ils sont responsables de votre perdition. Ne jugez-vous pas qu’une telle croyance est violente pour eux et pour les gens qui les entourent ? Cet enfermement mental se rencontre dans toutes les religions. Le degré de cet enfermement dépend des dogmes eux-mêmes mais aussi du dévouement du croyant à son idéologie. Mais il est toujours là, de manière intrinsèque. Ensuite, on peut évidemment discuter de la balance bénéfice/risque. Mais c’est une autre question.

      Suivre des dogmes ne permet pas le respect de soi et des autres parce qu’ils sont des concepts plaqués, supposément applicables à tous. En cela, celui ou celle qui les suit ne peut adopter une pensée honnête et respectueuse. Non seulement parce que ces dogmes sont figés mais aussi parce qu’ils sont pré-fabriqués ; ils sont censés correspondre à tous, en tout temps et en tout lieu. La vie n’est pas figée. Croire que la morale est universelle et définitive, c’est à la fois naïf et signe d’une non prise en compte du réel. Et le réel nous revient toujours en pleine figure. L’ignorer, c’est se mentir et faire naufrage.

      On parle de tolérance envers les religions. Lorsque l’on dit ça, à quelle tolérance en appelons-nous ? À celle de l’endoctrinement, notamment. Et c’est important de le dire.
      Je ne vois pas l’utilité de transmettre des valeurs au travers d’une religion. Parce que ces valeurs existent sans elle, parce que la religion les rétrécis et les fige, parce qu’elle prétend apporter des réponses toutes faites à des questions complexes et en réalité insolubles.
      Les religions, parce qu’elles sont porteuses d’une idéologie, imposent une vision qui demande de ne pas questionner ses fondements. C’est une caractéristique que l’on retrouve systématiquement et qui est d’ailleurs souvent indiquée noir sur blanc (ne pas questionner et suivre aveuglément sont fortement valorisés). Au nom de cette idéologie, on ignore l’individu (divorce, homosexualité, avortement), on impose un mode de pensée (le bien, le mal, les rôles sexués) et on va même jusqu’à tuer (guerres saintes, Inquisition).

      Lorsque les errances humaines sont hissées au rang du « sacré », on a un gros problème. Cela mérite d’être critiqué et dénoncé. Parce que c’est moche, très moche.

  8. Bonjour
    Affirmer de façon péremptoire que: « Défendre la liberté religieuse c’est défendre la liberté de violence, d’ignorance et d’endoctrinement » sous prétexte que « l’histoire des religions ne cesse de le prouver » me paraît un peu facile : Retirez le mot « religion » pour voir. Qu’obtient-on avec cette logique ? Un bon argument pour défendre la mise en place d’une dictature ! Remplacez le par « humanité » ! On peut alors souhaiter son extinction !
    De plus, se présenter comme « hors des dogmes » dans sa « profession de foi » (sic!) et afficher comme un dogme que : »les religions demandent explicitement la soumission à leurs dogmes » semble d’une part contradictoire et d’autre part démontre que vous avez une vision bien superficielle et personnelle de la religion.
    Tout cela transpire une haine du fait spirituel du à une blessure douloureuse dans votre parcours personnel dont vous nous parlez dans votre présentation. Notez bien que je le déplore.
    Néanmoins, cela rend le titre d’accueil de ce site: « la pensée critique appliquée à soi » bien peu crédible…
    Bien à vous

    1. Oui, j’affirme que la religion ne survit que par l’endoctrinement et que de ce fait, elle engendre violence morale (au minimum) et ignorance (car elle impose des dogmes qui demandent une croyance aveugle).
      Dire cela, ce n’est pas dire qu’il faut interdire les religions ; c’est parler d’un fait établi. Et en parler me semble primordial.

      Oui, j’ai titré mon court récit personnel “Ma profession de foi“ parce que j’aime l’auto-dérision et les pieds-de-nez !

      Oui, “Les religions demandent explicitement la soumission à leurs dogmes“. C’est écrit noir sur blanc dans leurs “saintes“ écritures et ces dogmes sont la base-même de l’enseignement de catéchèse. On ne peut pas faire plus explicite.

      Critiquer la religion, ce n’est pas exprimer de la haine. C’est tenter d’analyse et de comprendre une croyance parmi tant d’autres. Au même titre que la voyance, le New Age ou l’astrologie. 

  9. Bonjour,
    j’écoute vos podcasts depuis quelques temps et je trouve votre travail excellent et passionnant. Je n’avais pas encore lu vos textes, et je suis bien contente de lire celui-ci, car il conforte une réflexion que je me suis souvent faites en écoutant vos invité·es : on ne s’en sortira pas de toutes ces croyances absurdes tant que les grandes religions auront une telle présence dans nos sociétés.
    J’ai l’impression qu’on est tellement habitué·es qu’on ne le voit plus, alors que les sornettes new-âge, par exemple, sautent facilement aux yeux d’un esprit critique. Mais quand même, là, tout bientôt, c’est très officiellement « Pâques », la célébration de la résurrection d’un mec venu sur terre pour nous sauver ! et si pour beaucoup de gens c’est juste des vacances et des œufs en chocolat cachés dans le jardin, les grands médias vont quand même retransmettre des messes donnés par des pontes de l’église dans des hauts lieux de culte.
    Je ne vois aucune raison rationnelle de ne pas diffuser une célébration new-age à la télé ou à la radio à des heures de grande écoute et sans aucun recul critique si une messe est diffusée de cette façon. La seule raison que je vois est sociale : le new-âge est marginal. Ce n’est pas parce que ses croyances sont absurdes qu’il n’est pas diffusé.
    A partir de là je me pose une question : démonter les croyances du new-âge, de l’anthroposophie, de la scientologie, etc.,  n’est-il pas vain tant que les grandes religions sont en place ?

    1. Bonjour Nadine,
      merci d’avoir partagé vos réflexions.
      Le parti-pris de Méta de Choc est de parler de toutes nos croyances religieuses, spirituelles ou autres. Car elles parlent toutes de notre tendance très humaine à la croyance. La religion en particulier exerce une emprise sur nous qui reste largement sous-estimée car omniprésente, donc “normale“. Elle mérite d’être identifiée et critiquée, individuellement et collectivement.

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