#18

Éducation positive ? Vraiment ?

Avec Béatrice Kammerer, journaliste scientifique, spécialiste de l’éducation

Quel parent ne souhaite proposer à son enfant un cadre qui lui permettra de devenir un adulte épanoui, capable d’identifier et d’exprimer ses besoins, ses désirs et ses talents ?

Ces 20 dernières années, l’éducation positive a fait son chemin dans nos esprits, jusqu’à devenir une notion incontournable du paysage de la parentalité. Si cette pratique semble aujourd’hui tomber sous le sens, il m’est apparu important d’aller justement la questionner, la scruter dans ses recoins parfois obscurs, pour que celles et ceux qui y ont recours le fassent en connaissance de cause, hors d’une adhésion de principe à ce qui, il faut bien l’admettre, flirte finalement assez souvent avec les injonctions et le dogme.

Pour ce faire, je suis allée à Lyon, rencontrer Béatrice Kammerer, journaliste scientifique, spécialiste de l’éducation.

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Épisode #18.155mn
L'éducation positive, qu'est-ce donc ?

Comment peut-on définir ce concept et d’où vient-il ? Que propose-t-il pour accompagner au mieux nos enfants et lutter contre les “violences éducatives ordinaires“ ?

Timecodes Épisode #18.1

00:02:08Béatrice Kammerer et l’éducation positive : didactique des sciences, blogs parentaux, Les Vendredis intellos, journalisme scientifique, refus de l’infantilisation.
00:17:43Qu’est-ce que l’éducation positive ? Les violences éducatives ordinaires (VÉO), le parent thérapeute, la différence avec le laxisme, responsabilisation de l’enfant, définition du Conseil de l’Europe.
00:27:05L’émergence du concept: directives de l’Éducation nationale, réseau REAAP de la Sécurité sociale (CAF), programme Triple P, l’éducation négative de Jean-Jacques Rousseau, le positivisme d’Auguste Comte.
00:33:11Les fondements théoriques : Carl Rogers, écoute active de Thomas Gordon, ateliers Faber et Mazlish, communication non-violente (CNV) de Marshall Rosenberg, théories de l’attachement, hospitalisme, le parent suffisamment bon, expérience de la situation étrange, psychologie positive de Martin Seligman, bien-être à l’école.
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Épisode #18.262mn
Enfant, qui es-tu ?

C’est quoi un enfant, finalement ? Du Moyen-Âge au XXe siècle, chaque époque en a eu sa compréhension et donc sa propre façon d’accompagner cet être à part.

Timecodes Épisode #18.2

00:00:48La prise en compte de l’enfant du Moyen-Âge au XIXe siècle : injonctions religieuses, père éducateur, mortalité infantile, création de la puériculture et des sages-femmes, vaccination contre la variole, hygiénisme.
00:12:13Scientisme et injonctions contradictoires : mort subite du nourrisson, des parents jugés incompétents.
00:18:55La naissance de la parentalité : le choix de procréer, le succès parental, le marché de la puériculture, “J’élève mon enfant“ de Laurence Pernoud, allongement du temps consacré aux enfants.
00:25:18Psychologisation des esprits : Françoise Dolto, psychanalyse, autisme et inceste.
00:30:44Quelques pratiques passées : opium, somnifères, masturbation, lois de protections de l’enfance, bagnes pour enfants, les grands-parents, Victor Hugo.
00:38:38Le mouvement de l’éducation nouvelle : Steiner, Montessori, Freinet, Piaget, l’école de Jules Ferry, les châtiments corporels à l’école. Janusz Korczak, chirurgie des bébés sans anesthésie, Convention internationale pour les droits de l’enfant de l’ONU.
00:50:05Peut-on critiquer l’éducation positive ? Isabelle Filliozat, livres, ateliers, formations de formateurs, positive washing, coaching parental.
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Épisode #18.364mn
Tous neurophiles !

Béatrice Kammerer nous parle culpabilisation, idéalisation… et science. Autant vous prévenir, nos idées préconçues en prennent un coup !

Timecodes Épisode #18.3

00:00:42La dévalorisation de la compétence parentale : Isabelle Filliozat, Sophie Benkemoun, loi contre les violences éducatives ordinaires (VÉO), violence vis-à-vis des parents, la culpabilité de la mère, critiques de l’entourage.
00:11:35La peur de mal faire : le parent shaming, adultisme, entraide entre parents, place sociale des parents dépolitisée.
00:17:20L’accompagnement de l’enfant : idéalisation de l’enfant, conjuguer inné et culturel, motricité libre (Emmi Pikler), la mère “réservoir émotionnel“, organiser le milieu de l’enfant.
00:23:51Les inégalités parentales : mère coach de la famille, inégalités sociales, classisme, infantilisation des parents, injonctions simplistes, Catherine Dumonteil-Kremmer, non ou stop.
00:31:13La charge mentale des mères : maternage proximal (allaitement, cododo), stéréotypes du rôle de père et de mère, répartition des tâches domestiques et parentales, congé paternité, toute-puissance maternelle.
00:41:32Le burn-out parental : Isabelle Roskam, société individualiste, sur-responsabilisation des parents, famille nucléaire, comparaison avec les primates.
00:47:10Le goût pour l’information scientifique : Catherine Gueguen, argument d’autorité, dramatisation, niveaux de preuve, cherry-picking, impact des fessées, Daniel Siegel, Tina Payne Bryson, Isabelle Filliozat, extrapolations abusives, expériences animales, addiction aux écrans, cerveau droit / cerveau gauche, neuromythes, Conseil scientifique de l’Éducation nationale.
00:56:18Cerveau reptilien et néocortex : l’avis des scientifiques, détournement de la science, neurosciences, les biais de la recherche, la science n’est pas prescriptive, l’amygdale, l’hippocampe, les effets du militantisme.
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Épisode #18.462mn
Confusion et bricolage

Ça a bien piqué la semaine dernière et vous saviez en appuyant sur play aujourd’hui que vous pouviez vous attendre à un bain d’orties. Je ne peux vous donner tort, mais rassurez-vous il y aura aussi des choses réjouissantes dans le quatrième et dernier chapitre de cette épique série.

Timecodes Épisode #18.4

00:01:01Le cortisol, hormone du stress, un poison pour le cerveau ? Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, l’ocytocine, hormone de l’amour ? accouchement, allaitement.
00:08:24La fessée : études scientifiques, corrélation / causalité, conséquence et efficacité éducative.
00:14:03Les caprices : arguments sociaux et neurologiques, Daniel Siegel, neurosciences, neuromythes, dramatisation, Catherine Gueguen, effet seuil / effet dose, l’enfant est-il condamné au pire ? injonctions paradoxales.
00:22:24La dérive autoritaire : Maja Mijaelovick, Les lunettes de Maja, influenceuses Instagram, culpabilisation des mères, signalements à la Miviludes. Pouvoir des experts, soignants, gourous, attentes démesurées, vulnérabilité.
00:29:33Quelques solutions : relation parent/enfant, situation de handicap, responsabilité parentale / libre-arbitre de l’enfant, comment évaluer ce qui marche ou pas, obéissance, négociation, esprit critique, égalité mère/père, masculinité toxique.
00:40:14Le bricolage éducatif : créativité éducative, essai et erreur, montrer l’exemple, sacrifice, la journée du Yes, questionner les règles.
00:46:03Se respecter en tant que parent : émotions, bienveillance vis-à-vis de soi, harmonie / dialogue, le conflit, l’effort, différence danger/risque, Michel Fize, crise d’adolescence / crise parentale, transgression et désir d’autonomie.
00:59:22La Minute stupide.
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L'émission en bref
Les meilleurs passages

Thème du mème : L'éducation parfaite n'existe pas | Citation : S'il existait une méthode d'éducation parfaite, on la connaîtrait depuis longtemps. Chaque enfant, chaque famille, chaque culture est différente. Construire un chemin qui nous ressemble et qui soit intéressant pour nous et notre enfant, ça nécessite de la réflexion et des ajustements.“ Béatrice Kammerer. | Auteur.rice : Béatrice Kammerer | Émission : Éducation positive ? Vraiment ? | Image d'illustration :
Thème du mème :  | Citation :  | Auteur.rice : Béatrice Kammerer | Émission : Éducation positive ? Vraiment ? | Image d'illustration :
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Ressources
Pour aller plus loin

Ressources Épisode #18.1
L'éducation positive, qu'est-ce donc ?

Émergence du concept :

Fondements théoriques :

  • Les fondements philosophiques de la pensée de Carl Rogers, par Daval René (Approche Centrée sur la Personne, Pratique et recherche, février 2008) : https://doi.org/10.3917/acp.008.0005

  • Parents efficaces, de Thomas Gordon (Poche Marabout, 2013).

  • Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall B. Rosenberg (La découverte, 2016).

  • Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Adele Faber et Elaine Mazlish (Editions du Phare, 2012, réédition augmentée).

  • La psychologie positive, de Rebecca Shankland (Dunod, 2012).

  • The President’s Address [Annual Report], par Martin E.P. Seligman (American Psychologist, août 1998).

Théories de l’attachement et hospitalisme :

Éducation à l’école :

Ressources Épisode #18.2
Enfant, qui es-tu ?

Au Moyen-Âge et sous l’Ancien régime :

  • Au tour des pères d’en baver pendant la grossesse, par Béatrice Kammerer (Slate, avril 2016) : http://www.slate.fr/story/116887/peres-baver-pendant-grossesse

  • L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien régime, de Philippe Ariès, 1960 (Points, 2014).

  • Histoire des pères et de la paternité, de Jean Delumeau et Daniel Roche (Larousse, 2020).

  • Naître et grandir au XVIIe siècle, le récit véritable d’une sage-femme, de Louise Bourgeois, 1642, suivi du Journal pédiatrique, de Jean Héroüard, années 1601-1602 (Paléo Editions, octobre 2000).

  • Les enfants non baptisés ont-ils droit au paradis ? par Béatrice Kammerer (Slate, avril 2016) : http://www.slate.fr/story/117265/enfants-non-baptises-droit-paradis

Au XIXe siècle :

  • L’école des sages-femmes : naissance d’un corps professionnel, de Nathalie Sage-Pranchère, 1786-1917 (PU Rabelais, 2017).

  • La mortalité infantile en France depuis le milieu du 18ème siècle (INED) : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/la-mortalite-infantile-en-france/

  • Semmelweis, de Louis-Ferdinand Céline (Gallimard, 1999).

  • Prime éducation et morale de classe, de Luc Boltanski, 1977 (Walter de Gruyter, 2018).

  • L’art d’accommoder les bébés, Geneviève Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand (Odile Jacob, 2001).

  • Être un bon parent : une injonction contemporaine, de Claude Martin (Presses de l’EHESP, 2015).

  • Les lois de protection des enfants au XIXe siècle :

– Loi du 22 mars 1841 contre le travail des enfants dans les manufactures : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/loi_22_mars_1841-2.pdf

– Loi du 7 décembre 1874 contre la mendicité enfantine : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Loi_du_7_decembre_1874.pdf

– Loi Roussel du 23 décembre 1874 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54927363/f468.item

– Loi du 25 juillet 1889 sur la déchéance de la puissance paternelle : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5493641c/f435.item

Au XXe et XXIe siècle :

Ressources Épisode #18.3
Tous neurophiles !

Jugement et surresponsabilisation des parents :

Reproduction transgénérationnelle des violences :

Cadre de développement de l’enfant :

Inégalité entre parents :

  • Le partage des tâches parentales : les pères, acteurs secondaires, par Carole Brugeilles et Pascal Sebille (Informations sociales, 2013) : https://www.doi.org/10.3917/inso.176.0024

  • En 25 ans, moins de tâches domestiques pour les femmes, l’écart de situation avec les hommes se réduit, par Layla Ricroch (Femmes et hommes – Regard sur la parité, Insee Références, édition 2012) : https://www.insee.fr

  • Un nouveau travail de “care” conjugal : la femme “thérapeute” du couple, par Irène Jonas (Recherches familiales, 2006) : https://doi.org/10.3917/rf.003.0038

  • Sociologie des enfants, de Martine Court (La découverte, 2017).

Charge mentale :

Neuromythes :

Ressources Épisode #18.4
Confusion et bricolage

L'ocytocine :

Les fessées :

Spanking and Child Outcomes: Old Controversies and New Meta-Analyses, par Elisabeth T. Gershoff, Andrew Grogan-Kaylor (Journal of Family Psychology, avril 2016) : https://doi.org/10.1037/fam0000191

Figures d’autorité et pseudosciences :

Dérives :

Masculinité toxique :

  • Tu seras un homme féministe mon fils, de Aurélia Blanc (Marabout, 2018).

Bricolage éducatif :

  • Yes Day, de Amy Krouse Rosenthal & Tom Lichtenheld (Harper Collins, 2009).

  • L’adolescent est une personne, de Michel Fize (Seuil, 2006).

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Commentaires

Commentaires (43)

  1. clovis
    Il y a 3 ans
    Très beau sujet, super invitée, super chaine! Merci encore! Un questionnement m'est venu lors du passage caprice/émotions/vécu de l'enfant : Ne serait-il pas intéressant également de dé-corréler l'intensité d'une émotion et l'intensité de son expression. Lors d'un "caprice", l'enfant vit peut-être un drame véritable certes mais peut-e^tre vit-il une chose anodine mais qu'il ne sait pas exprimer autrement que par une réaction démesurée? Et d'ailleurs, la notion de démesurée n'est-elle pas simplement notre jugement d'adulte sur un comportement? En effet, avec le temps, nous avons appris à pondérer nos réactions émotionnelles...et parfois à tort d'ailleurs...
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 3 ans
      Invité•e
      Merci beaucoup de votre commentaire. Vous avez tout  fait raison, il y a même au moins 3 dimensions à considérer: ce que vit l'enfant, ce qui se "passe" dans son cerveau, et la situation factuelle. Pour moi, l'apport de l'éducation positive et des Droits de l'enfant a été de revendiquer la légitimité des émotions de l'enfant, c'est à dire comme vous le suggérez, la reconnaissance que ce n'est pas parce que l'adulte considère que le motif est dérisoire que l'enfant le vit comme tel (je garde par exemple un souvenir absolument déchirant du jour où mon premier ballon à hélium offert dans un supermarché s'est échappé de mes mains...). Ce que je conteste en revanche, c'est l'affirmation selon laquelle si l'enfant exprime/vit les choses de manière très intense, c'est parce que quelque chose de cataclysmique (et possiblement dommageable) se passe dans son cerveau.
  2. Pauline
    Il y a 3 ans
    Merci merci pour cette super série! Depuis ma grossesse je restais très circonspecte au sujet de l'éducation positive, j'y trouvais des choses bien et d'autres me laissaient perplexe quant à mon bien être de Maman. Nous en sommes relativement abreuvés et je me sentais presque "harcelée". A la naissance de bébé la pratique s'est substituée à la théorie et j'ai parfois très mal vécu le grand écart entre "ce qu'on devrait faire pour être un parent constructif, aimant, non traumatisant et surtout parfait" et la vie quotidienne réelle. Et là mon homme m'a parlé de ce podcast que j'ai déroulé quasiment d'affilé. Quelle déculpabilisation!!! Je ne sais pas comment gèrent les autres, mais j'avais au fond de moi la frayeur de mal faire et de causer des dommages irrémédiables à mon bébé tout en sachant que cette approche ne me parlait pas et semblait déconnectée de ma vie, mon caractère, celui du papa et du bébé. Tiraillement complet! Bref merci de m'avoir permis d'avancer et de me sentir plus à l'aise dans mon quotidien avec bébé :-) 
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 3 ans
      Autrice
      Merci pour ce témoignage, Pauline, et heureuse que cette série vous ait été utile.
    2. Béatrice Kammerer
      Il y a 3 ans
      Invité•e
      Merci beaucoup Pauline pour votre retour d'expérience. Je suis ravie que ce podcast vous ait apporté du réconfort, c'était vraiment l'objectif! 
  3. Caroline Hache
    Il y a 3 ans
    Bonjour merci beaucoup d’aborder de cette façon ce sujet. Je suis intéressée par le travail de Carl rogers dont vous parlez sur sa façon de penser la relation patient accompagnant en psychothérapie. Auriez vous des références de textes à lire de lui pour avoir accès à ses idées ? Merci à vous pour ce partage
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 3 ans
      Invité•e
      Il y en a beaucoup! Un exemple possible: https://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2008-2-page-5.htm Sinon, son ouvrage de référence: Rogers Carl (2008). La relation d’aide et la psychothérapie, Paris, ESF. 
  4. marina
    Il y a 3 ans
    Bonjour, je n'ai pas eu le temps d'écouter tous les épisodes je l'avoue. C'est toujours intéressant d'avoir la version critique des tendances émergentes et progressistes. Ici l'éducation positive puisqu'il faut que le respect d'un enfant porte un nom, une méthode.  Certes elle ne devrait pas s'imposer de façon tyrannique, au modèle de cet héritage éducationnel autoritariste qu'elle dénonce. Cependant cet héritage est bien réel, il ne faut "jeter le bébé avec l'eau du bain"(expression qui n'est pas très "positive" pour le coup:)). En effet, dans le quotidien d'une maman, d'un papa, et de toute éducateur aujourd'hui, la plus grande majorité des critiques très violentes sont faites de ces personnes qui prônent l'autorité et l’obéissance, qui culpabilisent la trop grande proximité d'une mère avec son enfant qu'elle allaite, d'un parent qui souhaite porter son enfant contre lui plutôt que dans une poussette, d'un autre qui ne bouscule pas assez son enfant lorsqu'il pleure un peu trop ou lorsqu'il ne dit pas merci, lorsqu'il ne s'endort pas à heure fixe,ou lorsqu'il demande à être écouté, ou simplement lorsqu'il ne réagit pas comme un bon toutou bien dressé... Oui il est possible qu'un nouveau courant opposé est en train de s'élever de façon maladroite et extrême, mais la très grande majorité de la violence s'exerce encore de la part de l'ancienne génération, et effectivement même à travers des jeunes qui ont intériorisé cette domination sur l'enfant comme ordinaire. Ce sont des représentants du système éducatif, des parents, beaux parents, des voisins, ou même de totales inconnus qui se permettent de venir juger et culpabiliser un parent jusqu’à le rendre responsable de chaque crise d'évolution que vit l'enfant, jusqu'à évoquer systématiquement lorsqu'un bébé pleure les dangers de l'enfant tyrannique, l'enfant roi, l'enfant fusionnel, les parents laxistes, les enfants qui n'auraient plus de valeurs...etc et j'en passe... Ce ne sont donc pas les bases théoriques de l’éducation positive qui posent soucis selon moi, cela semble au contraire plein de bon sens, donner au parent des outils pour ne pas avoir à utiliser son pouvoir de force sur l'enfant avec tout ce que cela implique. Le problème vient sans doute de toute attitude discriminante, mais sur ce point, effectivement, l'humanité entière a du travail à faire et cela pourra passer par nos enfants. Donc essayer de développer quelque chose de radicalement opposé à ce qui existe et qui nous a amené à ce niveau de discrimination des uns et des autres est plutôt une bonne chose.
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 3 ans
      Invité•e
      Effectivement, si vous trouvez le temps d'écouter les épisodes vous constaterez qu'il ne s'agit pas de critiquer le bien fondé de respecter les enfants et d'être attentifs à leurs besoins. Mais bien d'essayer de comprendre comment cette nouvelle aspiration (légitime) est promue et quels problèmes ce mode de promotion peut susciter. En fait, la question n'est pas de se demander s'il faut ou non respecter un enfant (en tout cas pas pour moi), mais jusqu'où il est légitime/possible/pertinent d'être coercitif pour impulser cette évolution sociale. Par exemple, je fais partie des personnes qui se félicitent que soit inscrite dans la loi l'interdiction des châtiments corporels (la loi représente pourtant une forme de coercition) mais qui réprouvent totalement qu'on instrumentalise les découvertes en neurosciences au point de laisser croire aux parents qu'un simple haussement de ton a détruit le cerveau de leur enfant au seul titre de les "convaincre" de changer d'attitude éducative. En revanche, je ne saurais absolument pas affirmer comme vous le faites que la majorité de la violence vient du "camp" de l'éducation traditionnelle, plutôt que de celui de l'éducation positive. Les deux ont des argumentaires très différents, des moyens de pression, et des appuis institutionnels très différents. La comparaison me semble pour le moins hasardeuse et je préfère "militer" pour le renforcement du pouvoir d'agir des parents.  Enfin, je pense - contrairement à ce qu'affirment les partisans de l'éducation positive - que l'idéal qu'ils proposent n'a rien de simple. Quand vous dites "cela semble plein de bon sens [de] donner au parent des outils pour ne pas avoir à utiliser son pouvoir de force sur l'enfant", cette affirmation n'a rien de trivial, c'est au contraire un résumé des débats qui ont agité la pédagogie depuis au moins 2 siècles. En effet, si on peut assez facilement convenir que les châtiments corporels (par exemple) peuvent/doivent être bannis de l'éducation, qu'en est-il des autres formes de coercition? Peut-on réellement élever un enfant (c'est-à-dire lui permettre de grandir, de s'épanouir, d'exprimer sa personnalité mais aussi de lui permettre d'acquérir les savoirs et les compétences qui feront de lui un adulte socialement compétent, capable d'interagir et cohabiter avec ses semblables) sans (par exemple) lui imposer des règles de vie commune? des limites pour qu'il ne se mette pas en danger? sans promouvoir les valeurs qui nous sont chères ? voire, sans lui transmettre à notre insu (ne serait-ce que par le biais de la langue maternelle dans lequel nous l'élevons) des représentations sociales, culturelles, qui lui imposent un certain regard sur le monde? Ainsi, on se rend vite compte que la question de la domination des adultes sur les enfants n'est pas une simple injustice à abolir, c'est un équilibre permanent à trouver, une ligne de crête à construire et reconstruire au fil du temps, pour être à la fois la base de sécurité dont nos enfants ont besoin et le tremplin sur lequel ils pourront prendre appui pour tracer leur propre chemin. 
  5. @DjylesM
    Il y a 3 ans
    Bonjour, pour l'épisode 4 vous mettez en référence les délires des pseudo-neurosciences, mais pouvez-vous également renseigner les sources des VRAIS chercheurs convoqués dans le discours de Béatrice Kammerer ? C'est plutôt ça qui serait très utile : avoir accès à la BONNE source d'informations :)
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 3 ans
      Autrice
      Bonjour Gilles, concernant les neurosciences, deux des ressources offrent une analyse des neuromythes pour ensuite rappeler l'état des connaissances : Quelques mythes à propos de notre cerveau, par Elena Pasquinelli (Science & pseudosciences, mai 2017) : https://www.pseudo-sciences.org/Quelques-mythes-a-propos-de-notre-cerveau. Les neuromythes, par Marie Gaussel (Institut français d'éducation, septembre 2013) : https://eduveille.hypotheses.org/5698 Les avez-vous consultées ? Quoi qu'il soit, il faut bien comprendre qu'il s'agit d'une science nouvelle et qu'elle n'apporte que peu de réponses claires pour l'instant, a fortiori sur les questions d'éducation. Ce qui fait que la plupart des discours se réclamant des neurosciences véhiculent des idées fausses.
  6. Audrey Bares
    Il y a 3 ans
    Avec le stop..... Il y a aussi le Ok.... pas ok
  7. Aurélia F.
    Il y a 3 ans
    Bonjour, un grand merci pour vos podcasts. Il est vrai que ça fait quelques années que j'entends parler, que je lis des bouquins et que je discute autour de moi " d'éducation bienveillante, positive", en tant que maman de 3 enfants. J'ai justement toujours été mal à l'aise quand je lisais un livre de Filiozas (que je n'ai jamais réussi à finir) car j'avais l'impression de me faire "gronder" entant que maman, surtout quand je l'écoutais. J'ai lu par contre Faber et Mazlish, qui je trouve donne de bonnes clés pour gérer les conflits avec notre enfants, ou entre frères et soeurs...etc. Mais le dernier livre que j'ai lu, "Pour une enfance heureuse.." du Dr Guegen, vous en parlé et il se fait complètement "descendre". Vous pensez donc que tout est exagéré ? Moi je me disais, super enfin un livre qui va m'aider à comprendre le cerveau de mes enfants , qui va expliquer leurs comportements, que ce n'est pas moi qui suis à côté de la plaque mais que c'est leur cerveau "pas terminé", entre autres, qui explique le pourquoi du comment. J'ai quand même trouvé intéressant les explications des différentes hormones en lien avec le stress, ou l'attachement.. c'est faux ? ou c'est à prendre avec des pincettes ? Merci pour vos recherches et tout votre travail. C'est riche :-) Aurélia
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 3 ans
      Invité•e
      Bonjour Aurélia, je ne dirais pas que tout est faux/exagéré dans le livre de Catherine Gueguen, mais qu'il faut effectivement le lire avec précaution car il n'est pas aisé au premier coup d'oeil de déterminer le statut des informations qu'elle donne. Dans le podcast et dans mon livre, je me suis concentrée sur les informations qui me semblaient les plus anxiogènes pour les parents (par exemple, l'idée que le moindre stress/contrariété pouvait blesser le cerveau de l'enfant) et oui, il semble que la majorité de ces informations soit des extrapolations peu rigoureuses de connaissances scientifiques actuelles. Il y a aussi beaucoup d'exagérations/informations discutables concernant le rôle de l'ocytocine (par exemple, il est faux de considérer que c'est "l'hormone de l'amour", je vous renvoie notamment à la série de podcast Meta de choc avec Odile Fillod pour plus de précisions à ce sujet). D'une manière générale, je dirais que dès qu'une information vous fait particulièrement réagir (elle vous semble angoissante, ou au contraire très séduisante),ça vaut le coup d'y regarder à deux fois. L'avantage du livre de Catherine Gueguen est qu'elle donne ses sources, vous pouvez donc facilement vous y reporter en tapant le nom de la référence scientifique dans Google et en lisant le résumé de l'article: vous pourrez vérifier par exemple que l'étude est bien en relation avec ce qu'avance Catherine Gueguen, qu'il s'agit bien d'études sur les humains, ou encore que les études portent sur un nombre suffisant grand d'individus, ce qui est déjà un bon début!
  8. Fanny
    Il y a 3 ans
    Merci pour cette série, très intéressante! Pour moi qui me situe plutôt dans les pratiques de l’éducation positive avec mes enfants, j’ai aimé écouter un point de vue critique et un peu différent de ce que l’on entend sur d’autres podcasts. Par contre, je m’interroge sur l’expérience de l’invitée par rapport à l’éducation positive et ses contacts avec des parents qui l’appliquent? J’aurais aimé savoir comment elle se situe et son expérience personnelle. J’ai été effectivement très étonnée de sa vision des parents qui font l’éducation positive, que j’ai trouvé très caricaturale et pas du tout en accord avec ma propre expérience. Pour moi qui ai eu mon 1er enfant à Montréal où l’éducation positive (ou bienveillante on dira là-bas) était très majoritaire et étant maintenant en France avec mon 2e où je connais quelques familles qui s’en inspirent aussi, j’ai une experience très différente. Les parents que je connais ne se réclament pas spécialement de fillozat (que j’ai toujours trouvée personnellement être en imposture intellectuelle et je ne suis pas la seule heureusement), s’interrogent beaucoup sur la place des émotions négatives (comment les accepter sans jugement et aider l’enfant à développer des compétentes émotionnelles) et sur la gestion du risque (car les parents en éducation positive sont très souvent aussi dans des démarches de motricité libre, de jeu libre et de jeu risqué). Je pense que beaucoup des critiques de l’invitée portent sur les livres de fillozat beaucoup plus que sur les parents qui font l’éducation positive, car dans la « vraie vie » (dans ma vie en tout cas) ces parents là sont très loins de répliquer bêtement ce qui est dit dans les livres de fillozat qui n’est qu’une auteure parmi d’autres… Concernant les jugements, je connais aussi beaucoup de parents qui sont solidaires et essayent d’aider les parents qui sont en difficulté avec leurs enfants (par exemple, en utilisant la communication non violente pour désamorcer une escalade de grosse colère ou en écoutant le ressenti des parents et proposer des pistes de solutions possibles) plutôt que de juger bêtement.
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Merci Fanny pour votre commentaire. En tant que journaliste, je me suis principalement basée sur des interviews de parents, ainsi que sur des observations du fonctionnement de groupes facebook dédiés à l'éducation positive. Mes conférences et interventions auprès des institutions qui me sollicitent (centres sociaux, relais d'assistantes maternelles, etc.) ont aussi été l'occasion de nourrir ma réflexion, de même que mon expérience en tant que responsable de la publication et de la modération sur le site de l'association des Vendredis intellos au sein duquel nous avons aussi organisé plusieurs années de suite des rencontres et groupes d'échanges entre parents. Quant à mon positionnement personnel, j'en parle en introduction de mon livre: je me sens tout à fait en accord avec l'idéal de non violence, de respect et d'émancipation sous tendu par l'éducation positive, en revanche, je pense que certaines modalités utilisées par ses militants pour convaincre et rallier les parents à leur cause sont délétères, violentes, dogmatiques et fallacieuses. Et vous avez tout à fait raison: ma critique ne vise pas les parents mais bien les injonctions qu'ils reçoivent et parfois, contribuent à propager. Je suis ravie que vous n'ayez trouvé sur votre chemin que des parents mesurés, qui parvenaient à s'approprier de manière souple et distanciée les conseils qu'ils pouvaient recevoir. Ce n'est hélas pas toujours le cas. Il est aussi possible que l'éducation positive soit présentée aux parents de manière plus émancipatrice au Québec (ce qui serait une bonne nouvelle!) mon travail s'est quant à lui limité au contexte français.
      1. Fanny
        Il y a 2 ans
        Merci pour votre réponse. Oui je pense de plus qu’à Montréal l’éducation positive est une vraie pratique que beaucoup de parents se sont appropriés et vivent au quotidien, sans nécessairement avoir lu les livres ou suivi des ateliers sur le sujet. D’une manière générale, la communication non violente est très utilisée (dans le milieu professionnel, entre amis, etc.) donc le jour où on devient parent, on le fait avec nos enfants de manière assez naturelle. Je dirais même que c’est la norme (dans le milieu dans lequel j’étais en tout cas). Après il y a bien sûr de la pression sociale, du jugement etc. comme partout, rien n’est parfait. Mais je n’ai pas du tout cette expérience de quelques militants qui forceraient leurs idées sur les autres ou à l’inverse de parents qui attendraient qu’on leur « présente » une méthode éducative. Je ne l’ai pas eu non plus en France ceci dit depuis que j’y habite (ça fait 2 ans) et j’espère que je n’aurais pas à y être confrontée! Encore merci pour l’épisode et bonne continuation.
  9. Cédric
    Il y a 2 ans
    Bonsoir, J'aime beaucoup vos émissions et vos podcast que je découvre, mais j'avoue que la série dédiée à l'éducation positive me laisse très perplexe. J'ai trouvé les interventions et arguments de votre invitée très injustement à charge sur un mode éducationnel qui a largement fait ses preuves, surtout au regard de ce qui se faisait avant, avec une mise en cause forte notamment d'Isabelle Filliozat dont les livres (que j'ai naturellement lu) constituent une réelle aide et une vraie boite à outil pour aider les parents à gérer leurs enfants et pas une invective à être des parents parfaits, dans l'hyper contrôles ou dans l'hyper permissivité comme cela est injustement avancé. Je serai encore plus dur sur la remise en cause par votre invitée du caractère délétère universellement reconnu par la communauté scientifique et étayé de multitudes d'études et de méta études des écrans sur le développement des enfants. J'ai trouvé les positions de votre intervenante totalement caricaturées. Personne ne pense que 10 minutes exceptionnelles d'écran (quel qu'en soit la nature: télé, tablette, DVD "éducatif", etc.) vont perturber le développement d'un enfant, en revanche, il est établis avec une absolue certitude que mettre sont enfant avant 6 ans devant un écran 30 min ou 1h (ou pire) nuit de manière irrémédiable à son développement psychique, entrave son développement moteur et impact son acquisition du langage. Je regrette que votre podcast ne donne pas un droit de réponse à un intervenant plus favorable à l'éducation positive qui rétablirait l'équilibre devant une série qui pourrait dégouter à tort des parents désireux de trouver des façons d'élever leurs enfants avec plus de bienveillance et trouver des outils pour gérer les crises qui ne manquent pas d'arriver. Parce que quoi que votre invitée en pense, beaucoup, pour ne pas dire la plupart des éléments des livres de Mme Filliozat fonctionnent et aident à comprendre et surtout gérer les différentes réactions des enfants. Je n'ai pas d'intérêt particulier à défendre les livres de telles ou telles, je suis juste un papa qui comme tout le monde s'est intéressé à l'éducation bienveillante et je ne retrouve rien de cette éducation dans ce qui en a été dit dans cette série.
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Merci Cédric pour votre commentaire. Je suis ravie de lire que vous avez trouvé de l'aide et du soutien dans les livres d'Isabelle Filliozat. Hélas, ce n'est pas le cas de tous les parents et il me semble important de ne pas négliger ce vécu difficile, qui est revenu très régulièrement dans les échanges que j'ai pu avoir avec eux. On peut aussi noter que la perspective d'Isabelle Filliozat a beaucoup évolué au fil du temps (par exemple, l'un de ses premiers livres "Il n'y a pas de parent parfait" était beaucoup moins culpabilisant...), ce qui peut expliquer cette diversité dans la réception. Mais vous pointez aussi un élément particulièrement intéressant, qui traverse aussi bien l'éducation des enfants que celle des parents (puisqu'il s'agit bien ici "d'éduquer" les parents à de nouvelles pratiques éducatives!), qui est la question de "l'efficacité" des messages diffusés. Beaucoup de militants de l'éducation positive estiment en effet qu'une présentation fallacieuse ou partiale des données scientifiques disponibles (ce que je critique notamment dans les ouvrages d'Isabelle Filliozat) est un moindre mal face à l'urgence de convaincre les parents d'abandonner le recours aux châtiments corporels ou autres violences éducatives. En d'autres termes, ils estiment que si ça "fonctionne" (comme vous le dites), il faut absolument s'abstenir de critiquer sous peine de nuire à la cause. Je ne partage absolument pas cette perspective éthique, qui me semble au contraire une offense grave et contre-productive à l'intelligence des parents, et à la responsabilité qui est la leur d'aider leurs enfants à grandir. Ce qui ne m'empêche pas de souhaiter comme vous l'avènement d'une société moins violente et plus respectueuse de chacun. Enfin, concernant les écrans, je ne sais pas sur quelles sources vous vous basez. Pour ma part, je viens de terminer un article de synthèse sur le sujet qui sera publié d'ici une dizaine de jours dans le magazine Sciences humaines, pour lequel j'ai interviewé de nombreux chercheurs tels que Serge Tisseron, spécialiste des écrans, et je vous confirme qu'aucune donnée scientifique n'a pour le moment établi que "mettre son enfant avant 6 ans devant un écran 30 min ou 1H nuit de manière irrémédiable à son développement psychique". Les seuls effets négatifs constatés concernent des durées bien plus longues, répétées quotidiennement, sans accompagnement d'adulte, ce qui a fait conclure aux chercheurs que ce qui est en cause n'est pas directement les écrans mais bien plutôt la carence éducative qui l'accompagne.
  10. Hélène Robert
    Il y a 2 ans
    Un énorme merci pour ce podcast qui met des mots sur des ressentis et des instincts que je n'ai pas su suffisamment entendre et respecter après la naissance de mon premier enfant et qui m'ont conduite droit... aux portes du burn-out. C'est décapant et ça fait tellement de bien de voir enfin exprimé clairement des choses qui me démangeaient dans les discours de la parentalité positive sans que je sache ni exactement quoi ni pourquoi. Merci pour votre travail, votre démarche et votre manière tranquille de remettre les choses à leur place. Une grande bouffée d'air frais que je vais recommander autant que je peux!
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 2 ans
      Autrice
      Heureuse que cette série vous ait plu, Hélène, et merci pour vos partages !
    2. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Merci beaucoup Hélène de votre commentaire! Je suis ravie que mes propos aient pu vous aider!
  11. Auré
    Il y a 2 ans
    Bonjour et merci pour cette série qui a été bouleversante. Je suis une ex-extrémiste/militante de la parentalité positive. J'ai reçu une éducation "à l'ancienne" et j'en ai souffert. J'ai donc décidé de ne pas reproduire ce schéma avec mon fils. Enceinte, je découvre la parentalité positive. Je lis tout ce que je peux, sans recul et sans aucun esprit critique. Mon fils nait, et la spirale infernale commence. J'essaye d'appliquer tout à la lettre, je stresse dès que mon fils pleure ou que je hausse un peu le ton, je ne suis plus du tout naturelle. Je me mets une pression de dingue. J'ai l'impression que je vais griller le cerveau de mon fils au moindre écart de conduite de ma part. Je critique les parents de "l'autre camp" et je me sens dans le vrai par rapport à eux, je me sens meilleure mère. Je tente de contrôler les interactions que mon fils peut avoir. Je ne le laisse pas avec des personnes qui ne sont pas dans la parentalité positive, car peur de l'effet que cela puisse avoir sur lui. Et je suis épuisée, je ne me sens pas sincère, j'ai l'impression d'être un robot, je m'oublie. Je sens que ça ne va pas et que quelque chose cloche. Je commence à regarder du côté critique de la parentalité positive, j'écoute quelques podcasts et je commence à me réveiller. Je tombe sur un lien qui invite à écouter votre podcast. Et j'écoute. Et belle claque. Je réalise que je me suis laissée prendre dans une idée séduisante, qui collait avec mon histoire et mon souhait de ne pas reproduire sur mon fils ce que j'ai vécu, mais que j'avais mal interprétée et que j'avais déconnecté de la réalité, de ma réalité. Je réalise que je projette mes trucs à moi sur mon fils et que lui n'est pas moi. Que ce n'est pas en faisant le contraire de ce que j'ai vécu que je vais forcément en faire une personne qui va savoir dire non, qui ne va pas souffrir, qui va avoir confiance en lui etc. Du jour au lendemain, j'ai décidé d'être moi-même, naturelle. Je n'analyse plus tout ce que je fais en me demandant "c'est une violence éducative ordinaire ça ou pas?". Je ne suis plus dans la culpabilité extrême si par exemple je lui dis que ce soir il n'y aura pas d'histoire s'il ne se brosse pas les dents, ou si je lui mets son manteau sans avoir eu son consentement, etc. Bah chose bizarre, mon fils est carrément plus serein du coup. J'ai halluciné. Je me sens libérée d'un énorme poids. Il l'a peut-^être ressenti. Et je ne suis plus dans la comparaison avec les autres parents, ni dans le jugement. Ouais cette maman crie sur son fils au supermarché, et alors?
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 2 ans
      Autrice
      Merci de votre partage, Aurélie, et heureuse que cette émission vous ait été utile pour vous libérer de ces “violences dogmatiques désormais ordinaires“ que sont les injonctions et la désinformation qui infusent dans certains concepts de la parentalité positive !
    2. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Quel chemin parcouru Aurélie!! Bravo à vous! Et merci de votre retour. Je suis vraiment ravie d'avoir pu vous aider à trouver cette posture parentale sereine et confiante.
  12. Cécile mongay
    Il y a 2 ans
    Bonjour, j'ai beaucoup aimé vos 4 postcasts, en revanche j'aurais aimé être informé plus sur l'éducation positive, auriez vous des pistes à me donner, des livres à lire. Merci d'avance
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Bonjour Cécile, tout dépend de ce que dont vous avez besoin comme informations. Si vous souhaitez lire l'un des best sellers de l'éducation positive, vous pouvez regarder du côté des auteurs que je cite dans le podcast comme Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Catherine Dumonteil Kremer, Olivier Maurel, Charlotte Ducharme, etc. Pour une analyse (critique) de ce courant, vous pouvez en plus de mon travail consulter celui du sociologue Claude Martin, ou le livre d'Aude Sécheret ou celui plus récent de Marie Chétrit.
  13. Tralala76
    Il y a 2 ans
    Bonjour, Podcast très intéressant et instructif sur tous les mythes de cette éducation dite positive. Merci Béatrice ! Je reste choquée de l’importance qu’on accorde à l’éducation dite positive au lieu d’adresser l’inceste qui touche au minimum 10% des enfants (et donc combien d’adultes de notre société ont été agressé.e.s et violé.e.s ?!). Les victimes sont détruites et ont des comportements auto-destructeurs qui s’expriment par des conduites à risques (alcool, drogue, scarification…), des tentatives de suicide et des suicides. Concernant l’Education nationale, les professeur.e.s sont pas, peu ou mal formé.e.s et ils.elles ne le sont pas du tout sur ces questions. Les incohérences nombreuses, le mille-feuille des mesures et des réformes et les restrictions budgétaires font de l’école un lieu de violence et les maltraitances scolaires qui sont très nombreuses et inévitables. C’est une catastrophe. Il va falloir que la société commence à se poser les bonnes questions et à regarder les problèmes en face. Merci pour ton travail Elisabeth, je dévore tous les podcasts ! Ps : Commentaire réécrit car il y avait de petites coquilles dans le précédent :)
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Merci pour votre commentaire ! La question de l'allocation des moyens (financiers, temporels, professionnels, etc...) est une question délicate et difficile à trancher. On pourrait aussi se demander: que faisons-nous pour les 3 millions d'enfants sous le seuil de pauvreté? Pour les mineurs non accompagnés? etc. Tout n'est pas toujours affaire de vases communiquant... Ce qui est sûr c'est que l'éducation positive mobilise sans doute plus facilement car les parents ont l'impression qu'elle les concerne absolument tous, et dans tous les moments de leur parentalité, et aussi parce qu'elle propose des méthodes faciles à mettre en place, des petites astuces du quotidien, ce qui semble évidemment beaucoup plus accessible que de déconstruire des tabous sociaux liés à la culture du viol... Et même si dans ce podcast j'apporte beaucoup de critiques, on peut aussi se dire que ces réflexions sur l'éducation bienveillante et non violente n'ont rien de futile dans la mesure où elles accompagnent aussi un changement de point de vue social sur l'enfant, qui le reconnaît en tant que personne à part entière et contribue indirectement à lutter contre les violences qui l'objectivise (comme c'est le cas notamment des violences sexuelles).
  14. Marine
    Il y a 2 ans
    Je n'ai pas du tout vécu ce dernier podcast (ni les précédents) comme un bain d'orties, mais plutôt comme une vague libératrice et déculpabilisante. J'ai consommé du Filliozat et du Guégen, j'ai trouvé ça passionnant, j'ai tout de suite adhéré. Puis mes bébés (jumeaux) ont grandi, et les conflits avec, et je me suis sentie tellement nulle. J'étais convaincue que j'abimais mes garçons, leurs cerveaux, dès que je cédais à la fatigue, à l'irritabilité, aux cris. Alors je ne trouve pas du tout ces réactions géniales, vraiment pas, mais simplement humaines. Je fais comme je peux avec ce que j'ai, avec ma façon de gérer mon stress personnel (de maman, de collègue, de femme...), avec tout ce qui peut impacter la vie et que l'on ne maitrise pas nécessairement. Bref, j'ai trouvé ces 4 épisodes très éclairants, merci !
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 2 ans
      Invité•e
      Merci beaucoup Marine, je suis ravie que ce podcast vous ait permis de prendre confiance en vous ! C'était vraiment le but!
  15. Bérénice Desnots Benedetto
    Il y a 2 ans
    Merci beaucoup pour toute vos émissions qui font du bien vraiment 😀
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 2 ans
      Autrice
      Merci de votre intérêt, Bérénice.
  16. Isabelle
    Il y a 2 ans
    Bonjour Merci pour ces podcasts, très intéressants. Je suis assistante maternelle depuis 29 ans, j'ai traversé beaucoup de modes en matière d'éducation. Au début de ma carrière il ne fallait pas s'attacher aux enfants, ensuite la mode de l'autonomisation des enfants, (autre mot pour dire je ne m'en occupe pas et je le laisse faire tout seul ce qu'il ne peut pas faire), en matière alimentaire on n'est pas passé loin de ne plus préparer les repas à la maison, (vous comprenez les préparations sont bien calibrées et très adaptées aux enfants), il y a eu aussi la sociabilisation précoce, une maman est venue me voir un jour en pleurs parce qu'elle avait envie de s'occuper de son bébé de 3 mois et certains lui avait dit "surtout pas il aura du mal à se sociabiliser quand il sera plus grand". Bref maintenant l'éducation bienveillante, qui va de soi à condition que la bienveillance soit partagée...et qui conduit parfois à voir des parents débordés par leurs enfants. La peur de l'autorité est très présente. J'ai beaucoup aimé votre critique qui insiste sur la pression qui existe sur les mères dans ce mode d'éducation, je n'y avais pas vraiment fait attention. Je pense avoir pratiqué cette éducation dans la mesure du possible, en tout cas en essayant de comprendre les réactions de l'enfant, tout en posant des cadres nécessaires à sa structuration. J'aimais beaucoup échanger à ce propos avec les parents. Certains enfants sont plus coriaces que d'autres...
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 2 ans
      Autrice
      Merci de votre intérêt, Isabelle. Heureuse que cette émission nourrisse votre réflexion.
  17. Peverelli Camille
    Il y a 1 an
    Bonjour, J'écoute avec attention l'épisode 1 sur l'éducation positive. j'ai découvert Faber et Mazlich 2 mois après la naissance de mes jumeaux il y a 6 ans. Oui ça a révolutionné ma vision de la parentalité. Sans ces ateliers j'aurais suivi la ligne droite classico-classique de ma famille et mon mari de la sienne : les enfants doivent obéir coute que coute et à tout, vision descendante et verticale, relation autoritaire, peu ou pas d'échange puisqu'on sait en tant qu'adulte ce qui est bon, accueil zéro des émotions, méconnaissance du spectre du vocabulaire des émotions, non implication des enfants dans la prise de décision, non responsabilisation, autonomie limitée (on fait à leur place), peu de confiance accordée (tu dois me prouver que tu es digne de ma confiance avec que je ne te l'accorde), humiliation, on rabaisse. Un des jumeaux étant très sensible, poser des mots sur ce qu'il vit, être capable de nommer, se sentir entendu et compris dans son ressenti a réellement permis d'apaiser les relations et de le calmer dans les moments difficiles. Oui nous lisons Filiozat, Guegen, Dumont Kremer etc...nous en prenons ce qui nous semble pertinent. Ce n'est ni un dogme, ni un absolu, ni la bible. Parentalité positive ou pas, nous nous fichons de comment on le nomme, que cela soit à la mode ou pas... Cette approche de l'éducation nous a touchés et semble nous convenir, produire des effets plutôt chouette avec des relations apaisées, des enfants qui sont libres de penser et d'agir tout en sachant respecter le cadre car oui il y a un cadre. C'est donc une approche, pas la vérité et à chacun.e de picorer ce qui lui convient. Nous n'avons jamais puni, isolé nos enfants. Il y a un espace de parole dans la confiance et dans le non jugement qui permet aux enfants, nous semble-t-il, de sentir suffisamment à l'aise pour exprimer ce qu'ils ressentent. Ils n'ont pas pour autant tout pouvoir, ils ne sont pas les tout puissants comme c'est souvent réduit : le laxisme et les enfants rois. Non, il y a un entre deux. Ce serait tellement réducteur. Comme pour les écolos de dire : vous voulez revenir à la bougie. Non, non plus. Oui dans la longue liste des VEO il y a des éléments qui pour nous relèvent de quelque chose qu'on ne considère pas forcément comme VEO. Il y a néanmoins dans cette liste plein de choses que l'on fait dans notre société comme nos parents et grands-parents le faisaient (moquerie, pincement, petite claque, humiliation, "tu peux pas comprendre") et qui nous paraissent effectivement être délétères pour le développement psycho-affectif de l'enfant, l'estime de lui, une relation horizontale. Expliquer tout nous parait la base ainsi que ne rien leur cacher. Ils sont capables de comprendre à tout âge, à nous d'adapter nos mots. Les inclure dans les discussions nous parait être respectueux du fait que ce sont des humains, pas des objets ou des sous humains, bêtes et ignares. Que la parentalité positive soit un terme à la mode, qu'ils y aient des livres qui se vendent (aubaine commerciale) soit. Je trouve cependant dommage de "critiquer" le fait que les parents tentent de trouver une façon douce et accessible de se mettre en communication avec son enfant. Votre interlocutrice a son point de vue. C'est le sien. Ce n'est pas non plus une vérité quand bien même elle a 5 enfants (on a bien noté que vous aviez insisté sur le fait qu'elle était expé, ce qu'elle a habilement accueilli avec humilité). Vous parlez de sciences. Les neuro-sciences ont démontré que laisser pleurer un enfant augmente le taux de cortisol qui détruit les neurones. Nos enfants sont libres (on ne leur met que peu de barrières et on leur dit rarement non), autonomes émotionnellement, ils ont confiance en eux et vont marcher dans notre forêt seuls pendant 1 h car on leur a donné le cadre affectif, on a répondu à leurs besoins, ils savent qu'ils peuvent compter sur nous, on est lorsqu'ils pleurent. Laisser pleurer un enfant est effectivement proscrit des livres sur le thème de la parentalité positive et je vois pas bien en quoi cela serait critiquable. C'est encore une fois une approche, un point de vue, de même qu'il y a des courants différents en yoga, en orthopédie, en éducation à l'environnement etc...C'est la diversité qui fait la richesse. Que chacun.e puisse lire et faire ce qu'il souhaite. Pourquoi des parents qui veulent emmener les enfants vers la liberté et l'égalité seraient sur le mauvais chemin ? Quelqu'un qui hurle sur son enfant au supermarché parce qu'il fait un supposé caprice (alors qu'il y a plus probablement une frustration, une émotion non reconnue) est-il plus sur le bon chemin ? On n'aurait pas idée de laisser une femme ou un homme pleurer sans aller la.e voir pour lui demander ce qu'elle.il a !!! Lire la BD: "Et si on changeait d'angle" de Fanny Vella. Il n'y a pas de règles uniques. Chaque enfant est différent oui. Mais dans les grandes lignes, écouter, se mettre au niveau de l'enfant, le comprendre, le considérer comme un être ayant dans des émotions, des besoins participent selon moi de sa confiance en lui, d'une relation horizontale d'humains à humains. Oui à la vigilance à porter sur les risques de la sur médiatisation pour vendre et faire de l'argent mais comme sur la permaculture, sur la nouvelle voiture X et Y, sur le super I phone dont il faut avoir le nouveau modèle tous les 6 mois...Là on parle du bien-être de l'enfant. Ça n'a l'air de choquer personne l'hyperconsommation, la destruction de la planète, les dommages environnementaux monumentaux....Mais vous portez comme THE sujet super controversé et sur lequel il faut être en hyper vigilance une approche de la parentalité qui vise à être dans la douceur plutôt que l'agressivité, dans la compréhension et l'écoute plutôt que dans la dépréciation et l'humiliation etc...Encore ce matin lors d'un atelier en forêt que j'anime avec des familles une maman me rapportait une scène terrible qu'a subit son enfant en petite section !!! par une maitresse dans l'antithèse de la bienveillance. J'en ai des dizaines des témoignages comme celui-là. Qui marquent. Qui détruisent un enfant. Qui lui laissent des traces à vie. Donc oui à la bienveillance. Non à la fessée, à la punition. La société évolue. Dans les années 80 le livre de Mme Pernoud vendu aussi à des millions d'exemplaires (et l'a t-on critiqué? non ) prônait un verre de vin par jour aux femmes enceinte et pas plus de 5 cigarettes par jour !!! Là où aujourd'hui un livre avec ce contenu ne serait jamais publié. Les postures évoluent heureusement. Les maitres tapaient sur les doigts des élèves avec leur règle. Faudrait-il maintenir cela ? Ce n'est pas pour rien que cela a été aboli !!! Vous proposez en début d'émission que l'on se pose la question de pourquoi ça gratte si ça gratte en vous écoutant. Alors je me pose la question : votre interlocutrice dit elle-même: évolution des connaissances scientifiques... couchage du bébé etc... Eh bien de même pour les "techniques" d'écoute de l'enfant, d'approche de ses émotions....Ça gratte car vos arguments ne me convainquent pas, ils sont à charge. Alors peut-être en me lisant allez-vous vous dire que je suis déjà tellement sous l'emprise de ces dogmes que je ne m'en rends pas compte, soit. Personnellement on ne m'impose rien. Je me fais mon idée. Mon jumeau ne dormait pas sur dos. On me culpabilisait parce que je le mettais sur le ventre. Je m'en fiche. J'écoute mon besoin, ce qui me semble être bien pour mon enfant, qui peut être différent de ce que je devrais proposer à mon second jumeau... S'adapter et faire ce qui nous semble être le mieux. On n'est pas des machines, on fait juste de notre mieux. Tous les lecteurs des livres de Filiozat ne sont pas des pantins infantilisés. C'est les infantiliser que de dire qu'ils le sont. Ils ont leur libre arbitre et sont capables de prendre du recul sur ce qu'un livre propose. J'ai lu " le manifeste du parti communiste" de Marx, je ne suis pas devenue communiste. Ce serait trop simpliste. C'est une information, un essai, un retour d'expérience....que l'on cherche. Et enfin, face aux injonctions de perfections, d'ascension sociale, de réussite professionnelle de cette société à laquelle je ne souscris pas....oui certains parents notamment peut-être cadres, se mettent terriblement la pression et peuvent être en surmenage face au rythme de nos vies... Nous vivons en écolieu, nos enfants font l'école à la maison, nous côtoyons plein de familles faisant l'instruction en famille. De mon expérience, je n'ai pas le recul de scientifiques et de méta études, ce que j'observe c'est que les enfants libres, n'ayant pas d'emploi du temps de dingue et de rythme effréné, de compétition et concurrence de l'école etc...et qui se sentent respectés par leurs parents qui les écoutent et les laissent libres, et bien c'est enfants sont bien dans leur peau, à l'aise et parlant d'égal à égal avec les adultes, polis, respectueux. Ce ne sont pas des moutons lobotomisés par la télé et les jeux vidéos (évidemment caricatural, tout le monde n'est pas comme cela!). Ils ont un vrai regard critique sur le monde et la société et une très grande maturité. Dans ces familles la grande majorité, sans dire le nom, s'appuie sur des tendances éducatives liées à la parentalité positive. Voilà pour mon témoignage. Merci d'avoir éventuellement tout lu, pas sûre :) Cordialement Camille www.zenaubois.fr Documentaire : L'autre connexion de l'association 3ème option, boulerevsant sur l'éducation
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 1 an
      Invité•e
      Merci pour votre commentaire. Je me réjouis que vous ayez trouvé votre équilibre de parent et pu retirer de l'éducation positive ce qui vous convient pour vous, pour votre enfant et votre famille. Je n'ai pas bien compris ce que vous reprochiez à mon propos puisque vous semblez au final assez d'accord avec l'essentiel des nuances que je cherche à apporter, même vous les voyez plutôt comme des détails d'importance secondaire, d'où votre agacement sans doute. Je me permets simplement de vous signaler, si vous ne l'avez pas déjà lu, la récente interview de Catherine Gueguen, où elle reconnaît elle-même que sa vulgarisation du fonctionnement du cerveau n'a pas toujours été rigoureuse et a même véhiculé des neuromythes https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2023/03/17/catherine-gueguen-pediatre-que-diriez-vous-si-votre-conjoint-vous-enfermait-dans-votre-chambre-pourquoi-faisons-nous-ca-aux-enfants_6165939_4497916.html
  18. Peverelli Camille
    Il y a 1 an
    https://www.youtube.com/watch?v=_8Hia3KRUww Voici des apports scientifiques sur le fonctionnement du cerveau (cf son livre, oui un succès en librairie et tant mieux! 13 min de bonheur
  19. Sandrine
    Il y a 1 an
    Bonjour, merci pour ce podcast très instructif, et notamment la mise en perspective historique, qui apporte beaucoup. Cependant, j'ai du mal à adhérer à votre positionnement sur l'éducation positive, je n’en ai pas du tout la même lecture, et finalement toutes les ouvertures que vous envisagez à la fin, pour moi en font déjà partie. Je me suis passionnée pour ces principes, que j’ai tâché de mettre en pratique avec mes 4 enfants. J'ai lu particulièrement Filliozat et Faber et Mazlich. Je n'ai pas lu Catherine Guégen. Vous critiquez les fondements scientifiques avancés, soit, vous faites bien de le dénoncer, et je vous en remercie si c'est le cas, je ne me sens pas compétente pour en juger. Mais je dois dire qu'au delà de l’aspect scientifique, qui pour moi est secondaire, ce qui m'a plu c'est plutôt la philosophie de ce courant de pensée. Je ne l'ai pas du tout envisagé, comme vous le faites, comme une "méthode éducative", d'ailleurs ses tenants bien souvent rejettent le terme même d’ "éducation", qui justement évoque la domination adulte et l’idée d’un enfant à conduire hors de son état, à modeler plutôt qu’arroser. J'ai compris qu'il s'agissait de suggestions, de retours d'expériences parmi lesquels on fait son "marché", on prend ce qui nous parle, et on applique le principe d'"essai-erreur", que vous préconisez d’ailleurs. Cette vision des rapports parents-enfants m'a parlé profondément, je dirais a fait écho à mes ressentis de petite fille.  Faber et Mazlich revendiquent d’ailleurs de ne pas se fonder sur la science, mais sur le ressenti des parents mis dans la situation de l’enfant par des jeux de rôle : c’est l’objet de leurs ateliers. Ateliers qui peuvent être pris en charge financièrement par des PMI. Il y a aussi des ateliers gratuits d’échanges entre parents, du type Peps Café, initiés par Catherine Dumonteil-Kremer. Et les livres de Fiiliozat sont très abordables financièrement. Qu’il y ait un business, c’est bien possible, comme pour tout sujet, encore que je m’étonne que l’on s’oriente vers le secteur de l’éducation par cupidité. En tous cas je trouve dommage que cela conduise à généraliser la démarche et à discréditer le fond. Loin de me mettre la pression ou de me culpabiliser j’ai trouvé ces lectures apaisantes, j’y ai appris le lâcher prise, le non-jugement, à me faire confiance, à prendre soin de moi, à trouver des ressources, à demander de l’aide, aussi il est vrai, à prendre conscience de mes réflexes éducatifs (ce qui est précisément de la métacognition. Êtes-vous en train de faire une injonction à la métacognition avec ce podcast ? Non, vous proposez des analyses, et c’est très bien) je n’y ai pas vu d’injonctions, mais des descriptions, qui m’ont parlé. Typiquement l’anecdote du masque à oxygène que vous évoquez est très souvent employée par Isabelle Filliozat : évidemment que la bienveillance commence par soi-même. Je ne vois pas comment vous pouvez prétendre qu’elle ait dit le contraire. Le fait d’avoir en tête qu’un jour mes enfants auront 18 ans, puisque vous citez cet exemple, m’a plutôt aidée à avoir une attitude plus positive sur les difficultés, qui sont présentes pour tous les parents effectivement, à les mettre en perspective. Évidemment cela ne s’applique pas pour des parents en détresse, j’entends que c’est d’une grande maladresse dans ce cas précis. Je ne mets pas en cause pour autant le ressenti des personnes évoquant un sentiment de culpabilité, mais je pense que c’est dû à une mauvaise interprétation, peut être à une trop grande vulgarisation menant à la caricature, mais Filliozat a pourtant bien écrit « Il n’y a pas de parent parfait ». Je n’y ai jamais, mais vraiment jamais, lu que j’obtiendrai des enfants obéissants, bien au contraire, j'étais prévenue. J’y ai surtout appris que je pouvais choisir de les accompagner plutôt que de les formater, et l’idée m’a plu. J’y ai appris que certaines crises peuvent être évitées, par exemple en donnant du pouvoir à l’enfant, pas qu’il ferait tout ce que je lui demande. J’y ai appris à identifier et questionner mes attentes. Je n’y ai pas vu pour autant d’injonction à ne rien transmettre, je n’ai aucun problème à parler de mes convictions avec mes enfants, heureusement, leur personnalité se forge par la confrontation à des points de vue divergents, elle ne se crée pas ex-nihilo. Je tâche simplement lorsque j’aborde un sujet de le mettre en perspective. Je ne le fais peut être pas toujours, ou pas assez bien, mais mes enfants savent que pour tout sujet en général, il y a des manières différentes d’envisager les choses. Ils feront leur « marché », eux aussi. Quant à la question des limites, pour moi c’est tout l’objet de cette philosophie : comment fixer des limites sans être violent. Prétendre que l’éducation positive c’est l’absence de limites, c’est tout simplement faux. Voir par exemple Catherine Dumonteil-Kremer « Poser des limites à son enfant ET le respecter ». Si j’admets volontiers que les descriptions pseudo scientifiques sont à proscrire, il me semble tout de même que les états émotionnels décrits ne sont pas exagérés par rapport à ce que l’enfant peut ressentir, même si elles sont à envisager différemment de celles des adultes. Un enfant passe vite à autre chose après une émotion forte. Et dans la lecture que j’en ai, ces descriptions permettent d’envisager le point de vue subjectif de l’enfant, elles n’invitent pas pour autant à « céder » au motif qu’on lui ferait du mal, mais simplement à reconnaître son émotion et à l’accompagner. Avoir cette lecture objectivée des émotions exprimées permet également au parent de ne pas se laisser envahir par des pensées négatives sur son enfant, qui seraient contre-productives et pourraient conduire à la violence. Où avez-vous vu qu’il fallait éviter les émotions négatives? J’ai lu tout à fait l’inverse, dans Faber et Mazlich notamment, qui l’expliquent très bien. Et où avez-vous vu qu’il fallait préserver les enfants de tous les risques ? J’ai lu l’inverse également. Isabelle Filliozat parle à ce titre de parents « porte-avion », plutôt que de parents « hélicoptère ». Le parent porte avion est dans l’accueil des besoins de son enfant, l’hélicoptère dans la surveillance et la prévention. J’ai lu qu’il fallait leur faire confiance pour qu’ils se fassent confiance, et leur donner du pouvoir. Je ne vois pas de contradiction entre le fait de présenter un enfant comme vulnérable et immature d’un point de vue émotionnel, et le fait de lui conférer des droits inhérents à sa personne. Sur le sens de l’effort : il n’est pas dit que les efforts ne sont pas à valoriser, mais pas sous la contrainte. Un enfant qui choisit une pratique instrumentale fera des efforts pour atteindre ses objectifs, et avec des encouragements, ou des pratiques de motivation mises en place avec ses parents ou d’autres personnes si besoin, mais la motivation initiale vient de lui. Vous indiquez que ces « méthodes » seraient trop difficiles à appliquer et perdraient la moitié des parents. De mon côté, je pense que c’est difficile car nouveau, non intégré encore dans nos schema sociétaux, mais je pense que les choses peuvent se mettre en place petit à petit, sans contrainte ni violence, avec des réajustements pour chacun, diffuser en douceur et par l’adhésion, et que cela deviendra avec le temps plus habituel et plus facile, ou que cela sera remis en question, amélioré. Je suis opposée aux méthodes contraignantes prônées notamment par le rapport des 1000 premiers jours. Vous parlez de la répartition des tâches hommes-femmes inégalitaire, j’en conviens, mais je ne pense pas que cela soit à mettre sur le compte de cette approche, la question serait plutôt : pourquoi les femmes s’en emparent plus que les hommes, question d’ordre sociétal qui dépasse le champ de ce débat. L’ « éducation positive » (terme que je pense inapproprié) n’est pas une méthode miracle, simplement des propositions d’outils, et de façons d’envisager les choses sous un angle différent, qui à moi en tous cas, m’ont permis de construire quelque chose qui correspondait beaucoup plus à mes aspirations que ce qui était proposé auparavant. Je ne prétends pas que le chemin soit abouti, mais j’y ai trouvé de l’apaisement, de la joie, de la souplesse, et pas mal de solutions pratiques quand même, même si tout ne fonctionne pas toujours ni pour tout le monde. Je crois que dans tous les courants de pensée, il y a des extrêmes, des personnes qui ne peuvent s’empêcher d’en faire un dogme, et celui-ci ne fait visiblement pas exception, mais je crois aussi que le message profond est totalement dévoyé par les personnes qui le présentent ainsi. Je suis d’accord pour dire qu’en matière d’accompagnement des enfants il n’y a pas de vérité absolue, car chacun est différent, et c’est tant mieux, il y a aussi encore beaucoup à apprendre, à découvrir, à améliorer, et c’est passionnant, en revanche, je ne peux pas m’empêcher d’espérer, peut être naïvement, qu’on va quand même, globalement, vers du mieux. (Désolée pour la longueur de mon commentaire...)
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 1 an
      Invité•e
      Merci Sandrine pour votre long commentaire. Je me réjouis que vous ayez trouvé votre équilibre de parent et que l'éducation positive ait pu y contribuer. A vous lire, j'ai l'impression que nous sommes très largement d'accord sur les objectifs à poursuivre et les valeurs à défendre dans la relation entre adulte et enfants. La question est alors de savoir dans quelles mesures ces objectifs et valeurs relèvent ou non de l'éducation positive. Pour vous, ils et elles sont au coeur de la proposition de l'éducation positive. Là encore, je partage globalement votre avis et c'est d'ailleurs ce que j'explique dans le podcast en évoquant les importantes transformations sociales et culturelle, qui tout au long du 20ème siècle, ont permis de prendre conscience que l'enfant, même petit et vulnérable, est une personne à part entière. Toutefois, "l'éducation positive" n'a rien d'un courant éducatif (entendu au sens large de la relation adulte-enfant) bien constitué: tous les auteurs ne sont pas d'accord entre eux, tous ne lui donnent pas le même sens ni ne préconisent les mêmes méthodes. Cela induit une grande confusion, que j'évoque également dans le podcast, qui rend bien difficile la critique comme l'adhésion. De même, la confusion est présente au sein même des propos de nombreux auteurs: par exemple, certains évoquent bel et bien la nécessité pour les parents de prendre soin d'eux, mais s'empressent rapidement de dresser une liste tellement impressionnante d'objectifs à atteindre (pour éviter toute forme de violence, pour être sans cesse à l'écoute de l'enfant) que le premier avertissement devient une simple précaution oratoire. Enfin, il me semble fallacieux de distinguer l'éducation positive telle qu'elle est décrite dans les livres, de l'éducation positive telle qu'elle est reçue/interprétée/pratiquée par les parents. Or, force est de constater que tous ne parviennent pas à trouver l'équilibre et la sérénité que vous semblez avoir construit, bien au contraire. Et accuser les parents d'avoir mal compris ou mal appliqué me semble très discutable compte tenu du nombre de personnes à rapporter ces difficultés... Bref, mon point de vue (dans mon livre comme dans ce podcast) ne vise absolument pas une remise en question radicale de l'éducation positive (puisque la plupart de ses valeurs me semblent utiles, fécondes et même indispensables pour construire la société de demain) mais des mauvais usages qui peuvent en être faits et qui, hélas, restent nombreux. Je ne me considère donc absolument pas comme une opposante à l'éducation positive, mais plutôt comme une partisane exigeante, qui est convaincue que tout idéal doit accepter de faire son auto-critique pour s'améliorer (c'est d'ailleurs ce qui est en train d'être amorcé sur la question du rapport à la scientificité...).
  20. Christelle
    Il y a 4 semaines
    sujet très intéressant, j'ai apprécié l'historique théorique et la critique d'utiliser les neuro-sciences comme conversation de comptoir. Par contre, quelle frustration, quand je me suis rendue compte qu'à aucun moment vous n'évoquez la science du comportement, qui éclaire largement sur les comportements des enfants et la façon dont nous pouvons les faire évoluer en fonction des antécédents et des conséquences de ces mêmes comportements.
    1. Béatrice Kammerer
      Il y a 4 semaines
      Invité•e
      Merci Christelle pour votre remarque. Effectivement, à l'époque du podcast et de la première édition de mon livre, ces approches issus de la psychologie comportementale ne faisaient pas du tout partie du débat autour de l'éducation positive (tout au plus pouvaient être évoquées dans la question de la "discipline positive", qui évoquait l'importance des sanctions constructives, mais aucune référence n'était fait aux antécédents). Il ne m'a donc pas paru pertinent de les évoquer. En revanche, ces concepts figurent dans la récente réédition augmentée de mon livre qui est parue en janvier 2024 sous le titre "Calme, ferme et bienveillant".
  21. Marion Sie
    Il y a 6 jours
    Bonjour, j'ai écouté cette série avec grand intérêt étant, moi-même, maman d'une fille de 9 ans et d'une autre de 1 an. Avant la naissance de ma première fille, je me suis intéressée aux éducations "alternatives" à celle plus autoritaire que j'avais moi-même reçue, en lisant plusieurs livres notamment "j'ai tout essayé" d'Isabelle Filosa mais surtout "comment ne pas être une mère parfaite" de Libby Purves qui était de loin celui qui m'avait le plus marqué (je ne pense pas que ce soit de "l'éducation positive"). Une fois ma fille née, confrontée au réel, nous avons finalement bricolé comme on pouvait, mais peut être, grâce à ces lectures, avec une créativité et une remise en question plus forte. Mais je ne me souviens pas de "culpabilité" d'y arriver ou pas, de peur de gâcher mon enfant.. on faisait ce qu'on pouvait de toute façon. Ce que je veux dire c'est que, grâce peut-être au relativisme du papa sur ces sujets (du coup je pense que c'est pas si mal que l'on n'en ait pas fait un "projet de couple"), j'ai réussi, il me semble, à exploiter le bon côté de ces bouquins. J'étais tellement démunie, paniquée, avant la naissance, ces lectures m'ont aidée à comprendre qu'il y avait une autre voie que celle que j'avais vécu, sans que j'en fasse un dogme. J'en parle car j'ai la sensation que la plupart des parents qui s'intéressent à l'éducation positive ne vont pas jusqu'à faire des stages, se sacrifier.. mais savent faire la part des choses, trouvent leur méthode. En particulier, j'avais visionné à l'époque un cours de Catherine Guegen que j'ai retrouvé sur youtube https://youtu.be/DvcJtn7ZCfU?si=1CuMgaHe-7zEb_Aa. C'est très sourcé et comme, en plus, elle est pédiatre, j'avais accordée bcp de crédit à ses paroles (je suis scientifique). Ce que j'avais retiré de cette vidéo c'est pas "vous avez un rôle déterminant, si vous vous trompez, vous foutez sa vie en l'air" mais plutôt "l'enfant, de par sa structure cérébrale, n'est pas capable de relativiser, prendre sur lui, gérer ses émotions, il a besoin que vous l'aidiez". Même si j'ai compris, grâce à votre podcast, qu'elle raconte beaucoup de bêtises cette dame, ce message là, que je pense pas trop faux, m'avait énormément marqué car je n'en avait aucune idée. Grâce à ça j'ai probablement fait preuve de plus d'indulgence et de bienveillance que ce que j'aurais fait en me basant sur l'exemple de mes parents. Voilà donc mon témoignage qui viendra j'espère ajouter un petit quelque chose à ce que l'on entend dans votre serie. Je finirai en disant que, selon moi, l'éducation positive s'arrête là où commence le confort des autres: les enfants des parents qui sont à fond dans ce type d'éducation sont un enfer pour les autres, par exemple ils monopolisent la parole à table, vont au lit quand ils veulent, font attendre le groupe jusqu'à ce qu'ils aient bien envie de mettre leur chaussures... L'enfer !

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