#18

Éducation positive ? Vraiment ?

Avec Béatrice Kammerer, journaliste scientifique, spécialiste de l’éducation

Quel parent ne souhaite proposer à son enfant un cadre qui lui permettra de devenir un adulte épanoui, capable d’identifier et d’exprimer ses besoins, ses désirs et ses talents ?

Ces 20 dernières années, l’éducation positive a fait son chemin dans nos esprits, jusqu’à devenir une notion incontournable du paysage de la parentalité. Si cette pratique semble aujourd’hui tomber sous le sens, il m’est apparu important d’aller justement la questionner, la scruter dans ses recoins parfois obscurs,pour que celles et ceux qui y ont recours le fassent en connaissance de cause, hors d’une adhésion de principe à ce qui, il faut bien l’admettre, flirte finalement assez souvent avec les injonctions et le dogme.

Pour ce faire, je suis allée à Lyon, rencontrer Béatrice Kammerer, journaliste scientifique, spécialiste de l’éducation.

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Épisode #18.155mn
L'éducation positive, qu'est-ce donc ?

Comment peut-on définir ce concept et d’où vient-il ? Que propose-t-il pour accompagner au mieux nos enfants et lutter contre les “violences éducatives ordinaires“ ?

Timecodes Épisode #18.1

00:02:08Béatrice Kammerer et l’éducation positive : didactique des sciences, blogs parentaux, Les Vendredis intellos, journalisme scientifique, refus de l’infantilisation.
00:17:43Qu’est-ce que l’éducation positive ? Les violences éducatives ordinaires (VÉO), le parent thérapeute, la différence avec le laxisme, responsabilisation de l’enfant, définition du Conseil de l’Europe.
00:27:05L’émergence du concept: directives de l’Éducation nationale, réseau REAAP de la Sécurité sociale (CAF), programme Triple P, l’éducation négative de Jean-Jacques Rousseau, le positivisme d’Auguste Comte.
00:33:11Les fondements théoriques : Carl Rogers, écoute active de Thomas Gordon, ateliers Faber et Mazlish, communication non-violente (CNV) de Marshall Rosenberg, théories de l’attachement, hospitalisme, le parent suffisamment bon, expérience de la situation étrange, psychologie positive de Martin Seligman, bien-être à l’école.
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Épisode #18.262mn
Enfant, qui es-tu ?

C’est quoi un enfant, finalement ? Du Moyen-Âge au XXe siècle, chaque époque en a eu sa compréhension et donc sa propre façon d’accompagner cet être à part.

Timecodes Épisode #18.2

00:00:48La prise en compte de l’enfant du Moyen-Âge au XIXe siècle : injonctions religieuses, père éducateur, mortalité infantile, création de la puériculture et des sages-femmes, vaccination contre la variole, hygiénisme.
00:12:13Scientisme et injonctions contradictoires : mort subite du nourrisson, des parents jugés incompétents. 18:55 : La naissance de la parentalité : le choix de procréer, le succès parental, le marché de la puériculture, “J’élève mon enfant“ de Laurence Pernoud, allongement du temps consacré aux enfants.
00:18:55La naissance de la parentalité : le choix de procréer, le succès parental, le marché de la puériculture, “J’élève mon enfant“ de Laurence Pernoud, allongement du temps consacré aux enfants.
00:25:18Psychologisation des esprits : Françoise Dolto, psychanalyse, autisme et inceste.
00:30:44Quelques pratiques passées : opium, somnifères, masturbation, lois de protections de l’enfance, bagnes pour enfants, les grands-parents, Victor Hugo.
00:38:38Le mouvement de l’éducation nouvelle : Steiner, Montessori, Freinet, Piaget, l’école de Jules Ferry, les châtiments corporels à l’école. Janusz Korczak, chirurgie des bébés sans anesthésie, Convention internationale pour les droits de l’enfant de l’ONU.
00:50:05Peut-on critiquer l’éducation positive ? Isabelle Filliozat, livres, ateliers, formations de formateurs, positive washing, coaching parental.
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Épisode #18.364mn
Tous neurophiles !

Béatrice Kammerer nous parle culpabilisation, idéalisation… et science. Autant vous prévenir, nos idées préconçues en prennent un coup !

Timecodes Épisode #18.3

00:00:42La dévalorisation de la compétence parentale : Isabelle Filliozat, Sophie Benkemoun, loi contre les violences éducatives ordinaires (VÉO), violence vis-à-vis des parents, la culpabilité de la mère, critiques de l’entourage.
00:11:35La peur de mal faire : le parent shaming, adultisme, entraide entre parents, place sociale des parents dépolitisée.
00:17:20L’accompagnement de l’enfant : idéalisation de l’enfant, conjuguer inné et culturel, motricité libre (Emmi Pikler), la mère “réservoir émotionnel“, organiser le milieu de l’enfant.
00:23:51Les inégalités parentales : mère coach de la famille, inégalités sociales, classisme, infantilisation des parents, injonctions simplistes, Catherine Dumonteil-Kremmer, non ou stop.
00:31:13La charge mentale des mères : maternage proximal (allaitement, cododo), stéréotypes du rôle de père et de mère, répartition des tâches domestiques et parentales, congé paternité, toute-puissance maternelle.
00:41:32Le burn-out parental : Isabelle Roskam, société individualiste, sur-responsabilisation des parents, famille nucléaire, comparaison avec les primates.
00:47:10Le goût pour l’information scientifique : Catherine Gueguen, argument d’autorité, dramatisation, niveaux de preuve, cherry-picking, impact des fessées, Daniel Siegel, Tina Payne Bryson, Isabelle Filliozat, extrapolations abusives, expériences animales, addiction aux écrans, cerveau droit / cerveau gauche, neuromythes, Conseil scientifique de l’Éducation nationale.
00:56:18Cerveau reptilien et néocortex : l’avis des scientifiques, détournement de la science, neurosciences, les biais de la recherche, la science n’est pas prescriptive, l’amygdale, l’hippocampe, les effets du militantisme.
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Épisode #18.462mn
Confusion et bricolage.

Ça a bien piqué la semaine dernière et vous saviez en appuyant sur play aujourd’hui que vous pouviez vous attendre à un bain d’orties. Je ne peux vous donner tort, mais rassurez-vous il y aura aussi des choses réjouissantes dans le quatrième et dernier chapitre de cette épique série.

Timecodes Épisode #18.4

00:01:01Le cortisol, hormone du stress, un poison pour le cerveau ? Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, l’ocytocine, hormone de l’amour ? accouchement, allaitement.
00:08:24La fessée : études scientifiques, corrélation / causalité, conséquence et efficacité éducative.
00:14:03Les caprices : arguments sociaux et neurologiques, Daniel Siegel, neurosciences, neuromythes, dramatisation, Catherine Gueguen, effet seuil / effet dose, l’enfant est-il condamné au pire ? injonctions paradoxales.
00:22:24La dérive autoritaire : Maja Mijaelovick, Les lunettes de Maja, influenceuses Instagram, culpabilisation des mères, signalements à la Miviludes. Pouvoir des experts, soignants, gourous, attentes démesurées, vulnérabilité.
00:29:33Quelques solutions : relation parent/enfant, situation de handicap, responsabilité parentale / libre-arbitre de l’enfant, comment évaluer ce qui marche ou pas, obéissance, négociation, esprit critique, égalité mère/père, masculinité toxique.
00:40:14Le bricolage éducatif : créativité éducative, essai et erreur, montrer l’exemple, sacrifice, la journée du Yes, questionner les règles.
00:46:03Se respecter en tant que parent : émotions, bienveillance vis-à-vis de soi, harmonie / dialogue, le conflit, l’effort, différence danger/risque, Michel Fize, crise d’adolescence / crise parentale, transgression et désir d’autonomie.
00:59:22La Minute stupide.
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L'émission en bref
Les meilleurs passages

Thème du mème : L'éducation parfaite n'existe pas | Citation : S'il existait une méthode d'éducation parfaite, on la connaîtrait depuis longtemps. Chaque enfant, chaque famille, chaque culture est différente. Construire un chemin qui nous ressemble et qui soit intéressant pour nous et notre enfant, ça nécessite de la réflexion et des ajustements.“ Béatrice Kammerer. | Auteur.rice : Béatrice Kammerer | Émission : Éducation positive ? Vraiment ? | Image d'illustration :
Thème du mème :  | Citation :  | Auteur.rice : Béatrice Kammerer | Émission : Éducation positive ? Vraiment ? | Image d'illustration :
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Ressources
Pour aller plus loin

Ressources Épisode #18.1
L'éducation positive, qu'est-ce donc ?

Émergence du concept :

Fondements théoriques :

  • Les fondements philosophiques de la pensée de Carl Rogers, par Daval René (Approche Centrée sur la Personne, Pratique et recherche, février 2008) : https://doi.org/10.3917/acp.008.0005

  • Parents efficaces, de Thomas Gordon (Poche Marabout, 2013).

  • Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall B. Rosenberg (La découverte, 2016).

  • Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Adele Faber et Elaine Mazlish (Editions du Phare, 2012, réédition augmentée).

  • La psychologie positive, de Rebecca Shankland (Dunod, 2012).

  • The President’s Address [Annual Report], par Martin E.P. Seligman (American Psychologist, août 1998).

Théories de l’attachement et hospitalisme :

Éducation à l’école :

Ressources Épisode #18.2
Enfant, qui es-tu ?

Au Moyen-Âge et sous l’Ancien régime :

  • Les femmes n’ont pas toujours été les principales actrices de la grossesse. Et les recommandations destinées aux futurs pères avant même la conception semblent redevenir d’actualité, par Béatrice Kammerer (Slate, avril 2016) : http://www.slate.fr/story/116887/peres-baver-pendant-grossesse

  • L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien régime, de Philippe Ariès, 1960 (Points, 2014).

  • Histoire des pères et de la paternité, de Jean Delumeau et Daniel Roche (Larousse, 2020).

  • Naître et grandir au XVIIe siècle, le récit véritable d’une sage-femme, de Louise Bourgeois, 1642, suivi du Journal pédiatrique, de Jean Héroüard, années 1601-1602 (Paléo Editions, octobre 2000).

  • Les enfants non baptisés ont-ils droit au paradis ? par Béatrice Kammerer (Slate, avril 2016) : http://www.slate.fr/story/117265/enfants-non-baptises-droit-paradis

Au XIXe siècle :

  • L’école des sages-femmes : Naissance d’un corps professionnel, de Nathalie Sage-Pranchère, 1786-1917 (PU Rabelais, 2017).

  • La mortalité infantile en France depuis le milieu du 18ème siècle (INED) : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/la-mortalite-infantile-en-france/

  • Semmelweis, de Louis-Ferdinand Céline (Gallimard, 1999).

  • Prime éducation et morale de classe, de Luc Boltanski, 1977 (Walter de Gruyter, 2018).

  • L’art d’accommoder les bébés, Geneviève Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand (Odile Jacob, 2001).

  • Être un bon parent : une injonction contemporaine, de Claude Martin (Presses de l’EHESP, 2015).

  • Les lois de protection des enfants au XIXe siècle :

– Loi du 22 mars 1841 contre le travail des enfants dans les manufactures : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/loi_22_mars_1841-2.pdf

– Loi du 7 décembre 1874 contre la mendicité enfantine : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Loi_du_7_decembre_1874.pdf

– Loi Roussel du 23 décembre 1874 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54927363/f468.item

– Loi du 25 juillet 1889 sur la déchéance de la puissance paternelle : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5493641c/f435.item

Au XXe et XXIe siècle :

Ressources Épisode #18.3
Tous neurophiles !

Jugement et surresponsabilisation des parents :

Reproduction transgénérationnelle des violences :

Cadre de développement de l’enfant :

Inégalité entre parents :

  • Le partage des tâches parentales : les pères, acteurs secondaires, par Carole Brugeilles et Pascal Sebille (Informations sociales, 2013) : https://www.doi.org/10.3917/inso.176.0024

  • En 25 ans, moins de tâches domestiques pour les femmes, l’écart de situation avec les hommes se réduit, par Layla Ricroch (Femmes et hommes – Regard sur la parité, Insee Références, édition 2012) : https://www.insee.fr

  • Un nouveau travail de “care” conjugal : la femme “thérapeute” du couple, par Irène Jonas (Recherches familiales, 2006) : https://www.cairn.info

  • Sociologie des enfants, de Martine Court (La découverte, 2017).

Charge mentale :

Neuromythes :

Ressources Épisode #18.4
Confusion et bricolage.

L'ocytocine :

Les fessées :

Spanking and Child Outcomes: Old Controversies and New Meta-Analyses, par Elisabeth T. Gershoff, Andrew Grogan-Kaylor (Journal of Family Psychology, avril 2016) : https://doi.org/ 10.1037/fam0000191

Figures d’autorité et pseudosciences :

  • Pour une enfance heureuse, de Catherine Gueguen (Pocket, 2015).

  • J’ai tout essayé, d’Isabelle Filliozat (Lattes, 2011).

  • Le cerveau de votre enfant, de Daniel Siegel & Tina Payne Bryson (Les arènes, 2015).

  • Collectif Cocorico : https://collectifcocorico.fr

Dérives :

Masculinité toxique :

  • Tu seras un homme féministe mon fils, de Aurélia Blanc (Marabout, 2018).

Bricolage éducatif :

  • Yes Day, de Amy Krouse Rosenthal & Tom Lichtenheld (Harper Collins, 2009).

  • L’adolescent est une personne, de Michel Fize (Seuil, 2006).

Suggestions
Vous pourriez aussi aimer ...

Échangeons
Commentaires

  1. Très beau sujet, super invitée, super chaine!
    Merci encore!
    Un questionnement m’est venu lors du passage caprice/émotions/vécu de l’enfant :
    Ne serait-il pas intéressant également de dé-corréler l’intensité d’une émotion et l’intensité de son expression.
    Lors d’un « caprice », l’enfant vit peut-être un drame véritable certes mais peut-e^tre vit-il une chose anodine mais qu’il ne sait pas exprimer autrement que par une réaction démesurée?
    Et d’ailleurs, la notion de démesurée n’est-elle pas simplement notre jugement d’adulte sur un comportement?
    En effet, avec le temps, nous avons appris à pondérer nos réactions émotionnelles…et parfois à tort d’ailleurs…

    1. Merci beaucoup de votre commentaire. Vous avez tout  fait raison, il y a même au moins 3 dimensions à considérer: ce que vit l’enfant, ce qui se « passe » dans son cerveau, et la situation factuelle. Pour moi, l’apport de l’éducation positive et des Droits de l’enfant a été de revendiquer la légitimité des émotions de l’enfant, c’est à dire comme vous le suggérez, la reconnaissance que ce n’est pas parce que l’adulte considère que le motif est dérisoire que l’enfant le vit comme tel (je garde par exemple un souvenir absolument déchirant du jour où mon premier ballon à hélium offert dans un supermarché s’est échappé de mes mains…). Ce que je conteste en revanche, c’est l’affirmation selon laquelle si l’enfant exprime/vit les choses de manière très intense, c’est parce que quelque chose de cataclysmique (et possiblement dommageable) se passe dans son cerveau.

  2. Merci merci pour cette super série! Depuis ma grossesse je restais très circonspecte au sujet de l’éducation positive, j’y trouvais des choses bien et d’autres me laissaient perplexe quant à mon bien être de Maman. Nous en sommes relativement abreuvés et je me sentais presque « harcelée ».
    A la naissance de bébé la pratique s’est substituée à la théorie et j’ai parfois très mal vécu le grand écart entre « ce qu’on devrait faire pour être un parent constructif, aimant, non traumatisant et surtout parfait » et la vie quotidienne réelle. Et là mon homme m’a parlé de ce podcast que j’ai déroulé quasiment d’affilé. Quelle déculpabilisation!!! Je ne sais pas comment gèrent les autres, mais j’avais au fond de moi la frayeur de mal faire et de causer des dommages irrémédiables à mon bébé tout en sachant que cette approche ne me parlait pas et semblait déconnectée de ma vie, mon caractère, celui du papa et du bébé. Tiraillement complet! Bref merci de m’avoir permis d’avancer et de me sentir plus à l’aise dans mon quotidien avec bébé 🙂 

    1. Merci beaucoup Pauline pour votre retour d’expérience. Je suis ravie que ce podcast vous ait apporté du réconfort, c’était vraiment l’objectif! 

  3. Bonjour merci beaucoup d’aborder de cette façon ce sujet. Je suis intéressée par le travail de Carl rogers dont vous parlez sur sa façon de penser la relation patient accompagnant en psychothérapie. Auriez vous des références de textes à lire de lui pour avoir accès à ses idées ? Merci à vous pour ce partage

    1. Il y en a beaucoup! Un exemple possible: https://www.cairn.info/revue-approche-centree-sur-la-personne-2008-2-page-5.htm
      Sinon, son ouvrage de référence: Rogers Carl (2008). La relation d’aide et la psychothérapie, Paris, ESF. 

  4. Bonjour, je n’ai pas eu le temps d’écouter tous les épisodes je l’avoue. C’est toujours intéressant d’avoir la version critique des tendances émergentes et progressistes. Ici l’éducation positive puisqu’il faut que le respect d’un enfant porte un nom, une méthode.  Certes elle ne devrait pas s’imposer de façon tyrannique, au modèle de cet héritage éducationnel autoritariste qu’elle dénonce. Cependant cet héritage est bien réel, il ne faut « jeter le bébé avec l’eau du bain »(expression qui n’est pas très « positive » pour le coup:)).
    En effet, dans le quotidien d’une maman, d’un papa, et de toute éducateur aujourd’hui, la plus grande majorité des critiques très violentes sont faites de ces personnes qui prônent l’autorité et l’obéissance, qui culpabilisent la trop grande proximité d’une mère avec son enfant qu’elle allaite, d’un parent qui souhaite porter son enfant contre lui plutôt que dans une poussette, d’un autre qui ne bouscule pas assez son enfant lorsqu’il pleure un peu trop ou lorsqu’il ne dit pas merci, lorsqu’il ne s’endort pas à heure fixe,ou lorsqu’il demande à être écouté, ou simplement lorsqu’il ne réagit pas comme un bon toutou bien dressé… Oui il est possible qu’un nouveau courant opposé est en train de s’élever de façon maladroite et extrême, mais la très grande majorité de la violence s’exerce encore de la part de l’ancienne génération, et effectivement même à travers des jeunes qui ont intériorisé cette domination sur l’enfant comme ordinaire. Ce sont des représentants du système éducatif, des parents, beaux parents, des voisins, ou même de totales inconnus qui se permettent de venir juger et culpabiliser un parent jusqu’à le rendre responsable de chaque crise d’évolution que vit l’enfant, jusqu’à évoquer systématiquement lorsqu’un bébé pleure les dangers de l’enfant tyrannique, l’enfant roi, l’enfant fusionnel, les parents laxistes, les enfants qui n’auraient plus de valeurs…etc et j’en passe…
    Ce ne sont donc pas les bases théoriques de l’éducation positive qui posent soucis selon moi, cela semble au contraire plein de bon sens, donner au parent des outils pour ne pas avoir à utiliser son pouvoir de force sur l’enfant avec tout ce que cela implique. Le problème vient sans doute de toute attitude discriminante, mais sur ce point, effectivement, l’humanité entière a du travail à faire et cela pourra passer par nos enfants. Donc essayer de développer quelque chose de radicalement opposé à ce qui existe et qui nous a amené à ce niveau de discrimination des uns et des autres est plutôt une bonne chose.

    1. Effectivement, si vous trouvez le temps d’écouter les épisodes vous constaterez qu’il ne s’agit pas de critiquer le bien fondé de respecter les enfants et d’être attentifs à leurs besoins. Mais bien d’essayer de comprendre comment cette nouvelle aspiration (légitime) est promue et quels problèmes ce mode de promotion peut susciter. En fait, la question n’est pas de se demander s’il faut ou non respecter un enfant (en tout cas pas pour moi), mais jusqu’où il est légitime/possible/pertinent d’être coercitif pour impulser cette évolution sociale. Par exemple, je fais partie des personnes qui se félicitent que soit inscrite dans la loi l’interdiction des châtiments corporels (la loi représente pourtant une forme de coercition) mais qui réprouvent totalement qu’on instrumentalise les découvertes en neurosciences au point de laisser croire aux parents qu’un simple haussement de ton a détruit le cerveau de leur enfant au seul titre de les « convaincre » de changer d’attitude éducative.
      En revanche, je ne saurais absolument pas affirmer comme vous le faites que la majorité de la violence vient du « camp » de l’éducation traditionnelle, plutôt que de celui de l’éducation positive. Les deux ont des argumentaires très différents, des moyens de pression, et des appuis institutionnels très différents. La comparaison me semble pour le moins hasardeuse et je préfère « militer » pour le renforcement du pouvoir d’agir des parents. 
      Enfin, je pense – contrairement à ce qu’affirment les partisans de l’éducation positive – que l’idéal qu’ils proposent n’a rien de simple. Quand vous dites « cela semble plein de bon sens [de] donner au parent des outils pour ne pas avoir à utiliser son pouvoir de force sur l’enfant », cette affirmation n’a rien de trivial, c’est au contraire un résumé des débats qui ont agité la pédagogie depuis au moins 2 siècles. En effet, si on peut assez facilement convenir que les châtiments corporels (par exemple) peuvent/doivent être bannis de l’éducation, qu’en est-il des autres formes de coercition? Peut-on réellement élever un enfant (c’est-à-dire lui permettre de grandir, de s’épanouir, d’exprimer sa personnalité mais aussi de lui permettre d’acquérir les savoirs et les compétences qui feront de lui un adulte socialement compétent, capable d’interagir et cohabiter avec ses semblables) sans (par exemple) lui imposer des règles de vie commune? des limites pour qu’il ne se mette pas en danger? sans promouvoir les valeurs qui nous sont chères ? voire, sans lui transmettre à notre insu (ne serait-ce que par le biais de la langue maternelle dans lequel nous l’élevons) des représentations sociales, culturelles, qui lui imposent un certain regard sur le monde? Ainsi, on se rend vite compte que la question de la domination des adultes sur les enfants n’est pas une simple injustice à abolir, c’est un équilibre permanent à trouver, une ligne de crête à construire et reconstruire au fil du temps, pour être à la fois la base de sécurité dont nos enfants ont besoin et le tremplin sur lequel ils pourront prendre appui pour tracer leur propre chemin. 

  5. Bonjour, pour l’épisode 4 vous mettez en référence les délires des pseudo-neurosciences, mais pouvez-vous également renseigner les sources des VRAIS chercheurs convoqués dans le discours de Béatrice Kammerer ?
    C’est plutôt ça qui serait très utile : avoir accès à la BONNE source d’informations 🙂

    1. Bonjour Gilles,
      concernant les neurosciences, deux des ressources offrent une analyse des neuromythes pour ensuite rappeler l’état des connaissances :
      Quelques mythes à propos de notre cerveau, par Elena Pasquinelli (Science & pseudosciences, mai 2017) : https://www.pseudo-sciences.org/Quelques-mythes-a-propos-de-notre-cerveau. Les neuromythes, par Marie Gaussel (Institut français d’éducation, septembre 2013) : https://eduveille.hypotheses.org/5698 Les avez-vous consultées ?
      Quoi qu’il soit, il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une science nouvelle et qu’elle n’apporte que peu de réponses claires pour l’instant, a fortiori sur les questions d’éducation. Ce qui fait que la plupart des discours se réclamant des neurosciences véhiculent des idées fausses.

  6. Bonjour, un grand merci pour vos podcasts. Il est vrai que ça fait quelques années que j’entends parler, que je lis des bouquins et que je discute autour de moi  » d’éducation bienveillante, positive », en tant que maman de 3 enfants. J’ai justement toujours été mal à l’aise quand je lisais un livre de Filiozas (que je n’ai jamais réussi à finir) car j’avais l’impression de me faire « gronder » entant que maman, surtout quand je l’écoutais. J’ai lu par contre Faber et Mazlish, qui je trouve donne de bonnes clés pour gérer les conflits avec notre enfants, ou entre frères et soeurs…etc.
    Mais le dernier livre que j’ai lu, « Pour une enfance heureuse.. » du Dr Guegen, vous en parlé et il se fait complètement « descendre ». Vous pensez donc que tout est exagéré ? Moi je me disais, super enfin un livre qui va m’aider à comprendre le cerveau de mes enfants , qui va expliquer leurs comportements, que ce n’est pas moi qui suis à côté de la plaque mais que c’est leur cerveau « pas terminé », entre autres, qui explique le pourquoi du comment. J’ai quand même trouvé intéressant les explications des différentes hormones en lien avec le stress, ou l’attachement.. c’est faux ? ou c’est à prendre avec des pincettes ?

    Merci pour vos recherches et tout votre travail. C’est riche 🙂
    Aurélia

    1. Bonjour Aurélia, je ne dirais pas que tout est faux/exagéré dans le livre de Catherine Gueguen, mais qu’il faut effectivement le lire avec précaution car il n’est pas aisé au premier coup d’oeil de déterminer le statut des informations qu’elle donne. Dans le podcast et dans mon livre, je me suis concentrée sur les informations qui me semblaient les plus anxiogènes pour les parents (par exemple, l’idée que le moindre stress/contrariété pouvait blesser le cerveau de l’enfant) et oui, il semble que la majorité de ces informations soit des extrapolations peu rigoureuses de connaissances scientifiques actuelles. Il y a aussi beaucoup d’exagérations/informations discutables concernant le rôle de l’ocytocine (par exemple, il est faux de considérer que c’est « l’hormone de l’amour », je vous renvoie notamment à la série de podcast Meta de choc avec Odile Fillod pour plus de précisions à ce sujet). D’une manière générale, je dirais que dès qu’une information vous fait particulièrement réagir (elle vous semble angoissante, ou au contraire très séduisante),ça vaut le coup d’y regarder à deux fois. L’avantage du livre de Catherine Gueguen est qu’elle donne ses sources, vous pouvez donc facilement vous y reporter en tapant le nom de la référence scientifique dans Google et en lisant le résumé de l’article: vous pourrez vérifier par exemple que l’étude est bien en relation avec ce qu’avance Catherine Gueguen, qu’il s’agit bien d’études sur les humains, ou encore que les études portent sur un nombre suffisant grand d’individus, ce qui est déjà un bon début!

  7. Merci pour cette série, très intéressante! Pour moi qui me situe plutôt dans les pratiques de l’éducation positive avec mes enfants, j’ai aimé écouter un point de vue critique et un peu différent de ce que l’on entend sur d’autres podcasts. Par contre, je m’interroge sur l’expérience de l’invitée par rapport à l’éducation positive et ses contacts avec des parents qui l’appliquent? J’aurais aimé savoir comment elle se situe et son expérience personnelle. J’ai été effectivement très étonnée de sa vision des parents qui font l’éducation positive, que j’ai trouvé très caricaturale et pas du tout en accord avec ma propre expérience. Pour moi qui ai eu mon 1er enfant à Montréal où l’éducation positive (ou bienveillante on dira là-bas) était très majoritaire et étant maintenant en France avec mon 2e où je connais quelques familles qui s’en inspirent aussi, j’ai une experience très différente. Les parents que je connais ne se réclament pas spécialement de fillozat (que j’ai toujours trouvée personnellement être en imposture intellectuelle et je ne suis pas la seule heureusement), s’interrogent beaucoup sur la place des émotions négatives (comment les accepter sans jugement et aider l’enfant à développer des compétentes émotionnelles) et sur la gestion du risque (car les parents en éducation positive sont très souvent aussi dans des démarches de motricité libre, de jeu libre et de jeu risqué). Je pense que beaucoup des critiques de l’invitée portent sur les livres de fillozat beaucoup plus que sur les parents qui font l’éducation positive, car dans la « vraie vie » (dans ma vie en tout cas) ces parents là sont très loins de répliquer bêtement ce qui est dit dans les livres de fillozat qui n’est qu’une auteure parmi d’autres… Concernant les jugements, je connais aussi beaucoup de parents qui sont solidaires et essayent d’aider les parents qui sont en difficulté avec leurs enfants (par exemple, en utilisant la communication non violente pour désamorcer une escalade de grosse colère ou en écoutant le ressenti des parents et proposer des pistes de solutions possibles) plutôt que de juger bêtement.

    1. Merci Fanny pour votre commentaire. En tant que journaliste, je me suis principalement basée sur des interviews de parents, ainsi que sur des observations du fonctionnement de groupes facebook dédiés à l’éducation positive. Mes conférences et interventions auprès des institutions qui me sollicitent (centres sociaux, relais d’assistantes maternelles, etc.) ont aussi été l’occasion de nourrir ma réflexion, de même que mon expérience en tant que responsable de la publication et de la modération sur le site de l’association des Vendredis intellos au sein duquel nous avons aussi organisé plusieurs années de suite des rencontres et groupes d’échanges entre parents. Quant à mon positionnement personnel, j’en parle en introduction de mon livre: je me sens tout à fait en accord avec l’idéal de non violence, de respect et d’émancipation sous tendu par l’éducation positive, en revanche, je pense que certaines modalités utilisées par ses militants pour convaincre et rallier les parents à leur cause sont délétères, violentes, dogmatiques et fallacieuses. Et vous avez tout à fait raison: ma critique ne vise pas les parents mais bien les injonctions qu’ils reçoivent et parfois, contribuent à propager. Je suis ravie que vous n’ayez trouvé sur votre chemin que des parents mesurés, qui parvenaient à s’approprier de manière souple et distanciée les conseils qu’ils pouvaient recevoir. Ce n’est hélas pas toujours le cas. Il est aussi possible que l’éducation positive soit présentée aux parents de manière plus émancipatrice au Québec (ce qui serait une bonne nouvelle!) mon travail s’est quant à lui limité au contexte français.

      1. Merci pour votre réponse. Oui je pense de plus qu’à Montréal l’éducation positive est une vraie pratique que beaucoup de parents se sont appropriés et vivent au quotidien, sans nécessairement avoir lu les livres ou suivi des ateliers sur le sujet. D’une manière générale, la communication non violente est très utilisée (dans le milieu professionnel, entre amis, etc.) donc le jour où on devient parent, on le fait avec nos enfants de manière assez naturelle. Je dirais même que c’est la norme (dans le milieu dans lequel j’étais en tout cas). Après il y a bien sûr de la pression sociale, du jugement etc. comme partout, rien n’est parfait. Mais je n’ai pas du tout cette expérience de quelques militants qui forceraient leurs idées sur les autres ou à l’inverse de parents qui attendraient qu’on leur « présente » une méthode éducative. Je ne l’ai pas eu non plus en France ceci dit depuis que j’y habite (ça fait 2 ans) et j’espère que je n’aurais pas à y être confrontée! Encore merci pour l’épisode et bonne continuation.

  8. Bonsoir,
    J’aime beaucoup vos émissions et vos podcast que je découvre, mais j’avoue que la série dédiée à l’éducation positive me laisse très perplexe. J’ai trouvé les interventions et arguments de votre invitée très injustement à charge sur un mode éducationnel qui a largement fait ses preuves, surtout au regard de ce qui se faisait avant, avec une mise en cause forte notamment d’Isabelle Filliozat dont les livres (que j’ai naturellement lu) constituent une réelle aide et une vraie boite à outil pour aider les parents à gérer leurs enfants et pas une invective à être des parents parfaits, dans l’hyper contrôles ou dans l’hyper permissivité comme cela est injustement avancé.
    Je serai encore plus dur sur la remise en cause par votre invitée du caractère délétère universellement reconnu par la communauté scientifique et étayé de multitudes d’études et de méta études des écrans sur le développement des enfants. J’ai trouvé les positions de votre intervenante totalement caricaturées. Personne ne pense que 10 minutes exceptionnelles d’écran (quel qu’en soit la nature: télé, tablette, DVD « éducatif », etc.) vont perturber le développement d’un enfant, en revanche, il est établis avec une absolue certitude que mettre sont enfant avant 6 ans devant un écran 30 min ou 1h (ou pire) nuit de manière irrémédiable à son développement psychique, entrave son développement moteur et impact son acquisition du langage.
    Je regrette que votre podcast ne donne pas un droit de réponse à un intervenant plus favorable à l’éducation positive qui rétablirait l’équilibre devant une série qui pourrait dégouter à tort des parents désireux de trouver des façons d’élever leurs enfants avec plus de bienveillance et trouver des outils pour gérer les crises qui ne manquent pas d’arriver. Parce que quoi que votre invitée en pense, beaucoup, pour ne pas dire la plupart des éléments des livres de Mme Filliozat fonctionnent et aident à comprendre et surtout gérer les différentes réactions des enfants.
    Je n’ai pas d’intérêt particulier à défendre les livres de telles ou telles, je suis juste un papa qui comme tout le monde s’est intéressé à l’éducation bienveillante et je ne retrouve rien de cette éducation dans ce qui en a été dit dans cette série.

    1. Merci Cédric pour votre commentaire. Je suis ravie de lire que vous avez trouvé de l’aide et du soutien dans les livres d’Isabelle Filliozat. Hélas, ce n’est pas le cas de tous les parents et il me semble important de ne pas négliger ce vécu difficile, qui est revenu très régulièrement dans les échanges que j’ai pu avoir avec eux. On peut aussi noter que la perspective d’Isabelle Filliozat a beaucoup évolué au fil du temps (par exemple, l’un de ses premiers livres « Il n’y a pas de parent parfait » était beaucoup moins culpabilisant…), ce qui peut expliquer cette diversité dans la réception. Mais vous pointez aussi un élément particulièrement intéressant, qui traverse aussi bien l’éducation des enfants que celle des parents (puisqu’il s’agit bien ici « d’éduquer » les parents à de nouvelles pratiques éducatives!), qui est la question de « l’efficacité » des messages diffusés. Beaucoup de militants de l’éducation positive estiment en effet qu’une présentation fallacieuse ou partiale des données scientifiques disponibles (ce que je critique notamment dans les ouvrages d’Isabelle Filliozat) est un moindre mal face à l’urgence de convaincre les parents d’abandonner le recours aux châtiments corporels ou autres violences éducatives. En d’autres termes, ils estiment que si ça « fonctionne » (comme vous le dites), il faut absolument s’abstenir de critiquer sous peine de nuire à la cause. Je ne partage absolument pas cette perspective éthique, qui me semble au contraire une offense grave et contre-productive à l’intelligence des parents, et à la responsabilité qui est la leur d’aider leurs enfants à grandir. Ce qui ne m’empêche pas de souhaiter comme vous l’avènement d’une société moins violente et plus respectueuse de chacun.
      Enfin, concernant les écrans, je ne sais pas sur quelles sources vous vous basez. Pour ma part, je viens de terminer un article de synthèse sur le sujet qui sera publié d’ici une dizaine de jours dans le magazine Sciences humaines, pour lequel j’ai interviewé de nombreux chercheurs tels que Serge Tisseron, spécialiste des écrans, et je vous confirme qu’aucune donnée scientifique n’a pour le moment établi que « mettre son enfant avant 6 ans devant un écran 30 min ou 1H nuit de manière irrémédiable à son développement psychique ». Les seuls effets négatifs constatés concernent des durées bien plus longues, répétées quotidiennement, sans accompagnement d’adulte, ce qui a fait conclure aux chercheurs que ce qui est en cause n’est pas directement les écrans mais bien plutôt la carence éducative qui l’accompagne.

  9. Un énorme merci pour ce podcast qui met des mots sur des ressentis et des instincts que je n’ai pas su suffisamment entendre et respecter après la naissance de mon premier enfant et qui m’ont conduite droit… aux portes du burn-out. C’est décapant et ça fait tellement de bien de voir enfin exprimé clairement des choses qui me démangeaient dans les discours de la parentalité positive sans que je sache ni exactement quoi ni pourquoi.
    Merci pour votre travail, votre démarche et votre manière tranquille de remettre les choses à leur place. Une grande bouffée d’air frais que je vais recommander autant que je peux!

  10. Bonjour et merci pour cette série qui a été bouleversante. Je suis une ex-extrémiste/militante de la parentalité positive. J’ai reçu une éducation « à l’ancienne » et j’en ai souffert. J’ai donc décidé de ne pas reproduire ce schéma avec mon fils. Enceinte, je découvre la parentalité positive. Je lis tout ce que je peux, sans recul et sans aucun esprit critique. Mon fils nait, et la spirale infernale commence. J’essaye d’appliquer tout à la lettre, je stresse dès que mon fils pleure ou que je hausse un peu le ton, je ne suis plus du tout naturelle. Je me mets une pression de dingue. J’ai l’impression que je vais griller le cerveau de mon fils au moindre écart de conduite de ma part. Je critique les parents de « l’autre camp » et je me sens dans le vrai par rapport à eux, je me sens meilleure mère. Je tente de contrôler les interactions que mon fils peut avoir. Je ne le laisse pas avec des personnes qui ne sont pas dans la parentalité positive, car peur de l’effet que cela puisse avoir sur lui.
    Et je suis épuisée, je ne me sens pas sincère, j’ai l’impression d’être un robot, je m’oublie. Je sens que ça ne va pas et que quelque chose cloche. Je commence à regarder du côté critique de la parentalité positive, j’écoute quelques podcasts et je commence à me réveiller.
    Je tombe sur un lien qui invite à écouter votre podcast. Et j’écoute. Et belle claque. Je réalise que je me suis laissée prendre dans une idée séduisante, qui collait avec mon histoire et mon souhait de ne pas reproduire sur mon fils ce que j’ai vécu, mais que j’avais mal interprétée et que j’avais déconnecté de la réalité, de ma réalité. Je réalise que je projette mes trucs à moi sur mon fils et que lui n’est pas moi. Que ce n’est pas en faisant le contraire de ce que j’ai vécu que je vais forcément en faire une personne qui va savoir dire non, qui ne va pas souffrir, qui va avoir confiance en lui etc.
    Du jour au lendemain, j’ai décidé d’être moi-même, naturelle. Je n’analyse plus tout ce que je fais en me demandant « c’est une violence éducative ordinaire ça ou pas? ». Je ne suis plus dans la culpabilité extrême si par exemple je lui dis que ce soir il n’y aura pas d’histoire s’il ne se brosse pas les dents, ou si je lui mets son manteau sans avoir eu son consentement, etc.
    Bah chose bizarre, mon fils est carrément plus serein du coup. J’ai halluciné. Je me sens libérée d’un énorme poids. Il l’a peut-^être ressenti. Et je ne suis plus dans la comparaison avec les autres parents, ni dans le jugement. Ouais cette maman crie sur son fils au supermarché, et alors?

    1. Merci de votre partage, Aurélie, et heureuse que cette émission vous ait été utile pour vous libérer de ces “violences dogmatiques désormais ordinaires“ que sont les injonctions et la désinformation qui infusent dans certains concepts de la parentalité positive !

    2. Quel chemin parcouru Aurélie!! Bravo à vous! Et merci de votre retour. Je suis vraiment ravie d’avoir pu vous aider à trouver cette posture parentale sereine et confiante.

  11. Bonjour, j’ai beaucoup aimé vos 4 postcasts, en revanche j’aurais aimé être informé plus sur l’éducation positive, auriez vous des pistes à me donner, des livres à lire.

    Merci d’avance

    1. Bonjour Cécile, tout dépend de ce que dont vous avez besoin comme informations. Si vous souhaitez lire l’un des best sellers de l’éducation positive, vous pouvez regarder du côté des auteurs que je cite dans le podcast comme Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Catherine Dumonteil Kremer, Olivier Maurel, Charlotte Ducharme, etc. Pour une analyse (critique) de ce courant, vous pouvez en plus de mon travail consulter celui du sociologue Claude Martin, ou le livre d’Aude Sécheret ou celui plus récent de Marie Chétrit.

  12. Bonjour, Podcast très intéressant et instructif sur tous les mythes de cette éducation dite positive. Merci Béatrice !

    Je reste choquée de l’importance qu’on accorde à l’éducation dite positive au lieu d’adresser l’inceste qui touche au minimum 10% des enfants (et donc combien d’adultes de notre société ont été agressé.e.s et violé.e.s ?!). Les victimes sont détruites et ont des comportements auto-destructeurs qui s’expriment par des conduites à risques (alcool, drogue, scarification…), des tentatives de suicide et des suicides. Concernant l’Education nationale, les professeur.e.s sont pas, peu ou mal formé.e.s et ils.elles ne le sont pas du tout sur ces questions. Les incohérences nombreuses, le mille-feuille des mesures et des réformes et les restrictions budgétaires font de l’école un lieu de violence et les maltraitances scolaires qui sont très nombreuses et inévitables. C’est une catastrophe. Il va falloir que la société commence à se poser les bonnes questions et à regarder les problèmes en face.

    Merci pour ton travail Elisabeth, je dévore tous les podcasts !

    Ps : Commentaire réécrit car il y avait de petites coquilles dans le précédent 🙂

    1. Merci pour votre commentaire ! La question de l’allocation des moyens (financiers, temporels, professionnels, etc…) est une question délicate et difficile à trancher. On pourrait aussi se demander: que faisons-nous pour les 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté? Pour les mineurs non accompagnés? etc. Tout n’est pas toujours affaire de vases communiquant… Ce qui est sûr c’est que l’éducation positive mobilise sans doute plus facilement car les parents ont l’impression qu’elle les concerne absolument tous, et dans tous les moments de leur parentalité, et aussi parce qu’elle propose des méthodes faciles à mettre en place, des petites astuces du quotidien, ce qui semble évidemment beaucoup plus accessible que de déconstruire des tabous sociaux liés à la culture du viol… Et même si dans ce podcast j’apporte beaucoup de critiques, on peut aussi se dire que ces réflexions sur l’éducation bienveillante et non violente n’ont rien de futile dans la mesure où elles accompagnent aussi un changement de point de vue social sur l’enfant, qui le reconnaît en tant que personne à part entière et contribue indirectement à lutter contre les violences qui l’objectivise (comme c’est le cas notamment des violences sexuelles).

  13. Je n’ai pas du tout vécu ce dernier podcast (ni les précédents) comme un bain d’orties, mais plutôt comme une vague libératrice et déculpabilisante. J’ai consommé du Filliozat et du Guégen, j’ai trouvé ça passionnant, j’ai tout de suite adhéré. Puis mes bébés (jumeaux) ont grandi, et les conflits avec, et je me suis sentie tellement nulle. J’étais convaincue que j’abimais mes garçons, leurs cerveaux, dès que je cédais à la fatigue, à l’irritabilité, aux cris. Alors je ne trouve pas du tout ces réactions géniales, vraiment pas, mais simplement humaines. Je fais comme je peux avec ce que j’ai, avec ma façon de gérer mon stress personnel (de maman, de collègue, de femme…), avec tout ce qui peut impacter la vie et que l’on ne maitrise pas nécessairement. Bref, j’ai trouvé ces 4 épisodes très éclairants, merci !

    1. Merci beaucoup Marine, je suis ravie que ce podcast vous ait permis de prendre confiance en vous ! C’était vraiment le but!

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