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Curiosité chérie

Par Élisabeth Feytit
La plupart de nos souffrances sont liées à des modes de pensée conditionnés.

La plupart d’entre nous voulons nous soustraire à une souffrance, dès lors qu’elle nous devient consciente. C’est un réflexe bien naturel que de vouloir diminuer ou faire disparaître un tourment. Et en cela, on peut dire que nous voulons tous le changement.

Bien sûr, il est des situations sur lesquelles nous n’avons pas prise et qui nous feront mal, quoi qu’on fasse. Mais nous sommes aussi la proie de souffrances psychiques construites de toute pièce, alimentées par un système de croyance dont nous n’avons, le plus souvent, pas conscience, car faisant partie d’un cadre de pensée généralisé et non questionné : celui de la société à laquelle nous appartenons. À cela s’ajoutent notre éducation familiale et nos expériences passées. En surgiront une interprétation du réel toute tracée, un sentiment réflexe qui pourra prendre la forme d’une souffrance semblant légitime et inévitable.

Dans ces circonstances, réalisons-nous à quel point ce changement appelé de tous nos vœux ne peut advenir que si nos modes de pensée personnels changent ? Sans cette compréhension, aucune résolution profonde ne peut voir le jour, laissant le champ libre à la superficialité, l’intellectualisme ou l’idéalisme, c’est-à-dire à une forme ou une autre de diversion.

Mais pouvons-nous réfléchir à nos croyances (sur la vie, nous-mêmes, notre rôle dans la société… ou nos émotions) sans le filtre-même de ces croyances ? Je le pense, oui.

Nos émotions, même lorsqu’elles sont fortes ou difficiles à vivre, peuvent être observées en détail, au moment précis où nous les ressentons ; leur expression, leur origine, leur récurrence, l’attachement que nous leur portons. Questionnées, elles peuvent ainsi être comprises pour ce qu’elles sont réellement, au-delà de nos conditionnements mentaux, et démantelées.

Cela demande de les accepter (non de les combattre) mais aussi de les considérer comme l’intrigante manifestation d’une énigme personnelle à résoudre.

En dehors de ces moments d’impérieux désir de nous libérer d’une souffrance, certains d’entre nous sont profondément curieux, au jour le jour, de se connaître eux-mêmes ; de comprendre comment ils ou elles fonctionnent, réagissent et prennent des décisions.

Cette simple inclination au questionnement est en elle-même un magnifique moteur de changement.

Et vous ? Avez-vous cette curiosité ?

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Commentaires

Commentaires (5)

  1. Sébastien
    Il y a 2 ans
    Est-ce que finalement ce n'est pas impliquer un peu une posture issue des stoïciens ?
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 2 ans
      Autrice
      En effet, l'observation de nos souffrances passe par le fait de les prendre en compte de manière neutre, comme le préconise le stoïcisme. Mais je parle ici de curiosité et de résolution de certaines souffrances (pas toutes), et non d'une quête de “bonheur“ par le fait de cultiver les “vertus“ et la “sagesse“, chère au stoïcisme. Globalement, ma démarche s'inspire bien plus du scepticisme que du stoïcisme.
  2. Beno
    Il y a 1 an
    Voulez vous dire que mes croyances déterminent la nature de ma réalité? C'est très New Age et pseudoscientifique comme concept tout ça.
    1. Élisabeth Feytit
      Il y a 1 an
      Autrice
      Je veux dire que nos croyances déterminent la manière dont nous vivons le réel ; nos émotions et nos décisions. Je ne dis en aucun cas que nos pensées façonnent le réel lui-même, comme le prétend la spiritualité New Age. Pour plus d'informations, peut-être serez-vous intéressé d'écouter ma chronique “La Loi de l'attraction et la pensée positive“ : https://metadechoc.fr/podcast/chroniques-de-la-spiritualite-contemporaine/la-loi-de-lattraction-et-la-pensee-positive-script-1-1/.
  3. Gianluca
    Il y a 1 mois
    Vous parlez de souffrances psychiques issues d'un "système de croyances dont nous n'avons le plus souvent pas conscience" car issu du cadre de pensée de la société, auxquelles s'ajoute "notre éducation familiale et nos expériences passées" et d'émotions qui se font le relais d'une "intrigante énigme personnelle à résoudre"...soit, à quelque chose près, la définition d'une représentation fantasmatique en psychanalyse... c'est drôle

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