75 définitions
pour cultiver le doute méthodique
sur ses propres pensées
Glossaire

La pratique du doute méthodique vis-à-vis de nos propres modes de pensée nécessite d’avoir conscience de nos biais naturels et des arguments fallacieux qui peuvent fausser nos perceptions et nos raisonnements. Voici donc une petite boîte à outils qui, je l’espère, nourrira votre réflexion.

Avant toute chose, je vous invite à consulter la définition du biais de la tache aveugle !

A

Appel à l’ignorance

L’argument d’ignorance est un sophisme logique qui prétend qu’une chose est vraie seulement parce qu’il n’a pas été démontré qu’elle était fausse, ou qu’elle est fausse parce qu’il n’a pas été démontré qu’elle était vraie.

La véracité ou la fausseté d’une affirmation dépend des arguments en faveur ou à l’encontre de celle-ci, pas du manque de preuve d’une affirmation incompatible ou contradictoire.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Appel à la majorité

Argument fallacieux faisant référence à la popularité d’une affirmation comme raison pour y adhérer.

Le nombre de personnes croyant une affirmation est pourtant sans rapport avec son exactitude.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Appel à la nature

Procédé rhétorique qui suppose qu’une chose est bonne car naturelle, ou mauvaise car non naturelle.

Or ce qui est naturel n’a pas de lien avec ce qui est bon ou mauvais pour l’être humain.

Wikipédia.

Appel à la tradition

Erreur de raisonnement consistant à affirmer qu’une pratique ou croyance est justifiable uniquement parce qu’elle remonte à loin dans l’histoire.

Le nombre d’années depuis lequel se poursuit une pratique ne la justifie aucunement. Le fait que la pensée magique persiste dans bien des domaines de la vie moderne ne signifie pas qu’elle est supérieure à d’autres méthodes de raisonnement.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Argument d’autorité

Moyen rhétorique qui consiste à invoquer une autorité lors d’une argumentation, en accordant de la valeur à un propos en fonction de son origine plutôt que de son contenu.

Le locuteur peut ainsi exercer un effet d’imposition, argument d’autorité utilisé de manière hyperbolique, propre à décourager toute critique.

Wikipédia.

Attaque ad hominem

La locution latine ad hominem signifie « à l’homme ». Le sophisme ad hominem se produit quand on affirme que les propos avancés par une personne sont faux à cause de quelque chose qui se rapporte à cette personne mais qui n’a rien à voir avec le sujet.

[NDLR : En réalité, cette définition se rapporte à l’attaque ad personam, expression qui n’est quasiment jamais employée. À l’origine, l’argument ad hominem consiste à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes, ce qui n’est pas forcément fallacieux.]

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Auto-manipulation

L’auto-tromperie est le fait de se mentir à soi-même pour accepter comme vrai ce qui est faux. C’est la manière par laquelle on justifie nos fausses croyances face à nous-mêmes.

C’est à cause de cette tendance que les scientifiques exigent que les études soient contrôlées, testées en double-aveugle, testées sur un échantillon aléatoire, reproductibles et, bien sûr, accessibles au public.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

B

Biais cognitifs

Détours que fait notre cerveau pour prendre des décisions ou porter des jugements de façon moins laborieuse qu’en passant par un raisonnement analytique qui tiendrait compte de toutes les informations pertinentes à notre disposition. Rapides et utiles, les biais cognitifs peuvent aussi être à l’origine d’erreurs de jugement.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais d’optimisme

La plupart d’entre nous voyons le monde comme plus inoffensif qu’il n’est réellement, nos propres traits de personnalité plus favorables qu’ils ne sont vraiment, et les objectifs que nous nous fixons plus réalisables que ce qu’ils sont probablement.

Daniel Kahneman, Système 1, système 2 – Les deux vitesses de la pensée.

Biais d’ancrage

Tendance à ne retenir qu’une seule information pour juger d’une situation donnée. Il s’agit généralement du premier élément d’information fourni.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais de confirmation

Tendance à privilégier les informations venant confirmer nos idées préconçues, nos opinions et nos croyances, tandis que nous rejetons celles qui s’y opposent ou les contredisent.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais de la tache aveugle

Tendance à distinguer les biais cognitifs et le biais de motivation davantage chez les autres qu’en soi-même. Le biais de la tache aveugle est un métabiais puisqu’il se rapporte à un mode de raisonnement erroné dans l’examen des biais cognitifs.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Biais de notoriété

Tendance à croire que, si une personne est connue, son opinion a plus de valeur que celle d’une personne moins connue bien qu’experte.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais de représentativité

Tendance à juger une personne ou une situation en nous fondant sur un nombre d’éléments limité mais que nous considérons comme représentatifs de cette personne ou de cette situation.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais de sélection

Tendance, dans l’étude d’un sujet, à sélectionner certaines informations au détriment d’autres, qui seraient tout aussi pertinentes, ce qui nous conduit à avoir une vision tronquée du sujet en question.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais de surconfiance

Tendance à surestimer nos capacités ou nos connaissances sur un sujet donné.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais fondamental d’attribution

Tendance à juger les autres sur leurs actes, et non selon leurs intentions et, à l’inverse, à nous juger nous-mêmes sur nos intentions et non sur nos actes.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Biais négatif d’interprétation

Tendance, dans une situation qui peut être interprétée de façon négative ou positive, à réduire l’ambiguïté en choisissant l’option négative.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

C

Causalité

En science, en philosophie et dans le langage courant, la causalité désigne la relation de cause à effet.

La cause est en partie responsable de l’effet, et l’effet dépend en partie de la cause. En général, un processus a de nombreuses causes. Un effet peut à son tour être la cause de nombreux autres effets se produisant dans son avenir.

Wikipédia.

Cherry Picking

Mise en avant des faits ou données qui donnent du crédit à son opinion en passant sous silence tous les cas qui la contredisent. Ce procédé trompeur, pas nécessairement intentionnel, est un exemple typique de biais de confirmation.

Wikipédia.

Cold reading

Technique, aussi appelée lecture à froid, permettant de récupérer des informations sur un individu par l’observation de ses réactions et une ligne de questionnement imprécis pour cibler rapidement ses besoins ou ses manques.

Même sans connaissance préalable d’une personne donnée, un lecteur froid peut rapidement obtenir beaucoup d’informations à son sujet en analysant avec attention ses habits ou sa mode, sa coiffure, son sexe, sa religion, son ethnie, son niveau d’éducation, sa manière de parler et son origine.

Wikipédia.

Conformité sociale

Attitude nous poussant à adopter le même comportement que celui d’un groupe d’individus (classe sociale, groupe politique, sphère familiale…).

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Contrôle métacognitif

Travail que nous pouvons faire sur nos métacognitions, pour mettre à distance et réévaluer nos pensées ou émotions automatiques.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Corrélation

En probabilités et en statistique, la corrélation entre plusieurs variables aléatoires ou statistiques est une notion de liaison qui contredit leur indépendance.

Une erreur courante est de croire qu’un coefficient de corrélation élevé induit une relation de causalité entre les deux phénomènes mesurés. En réalité, les deux phénomènes peuvent être corrélés à un même phénomène-source : une troisième variable non mesurée, et dont dépendent les deux autres. Le nombre de coups de soleil observés dans une station balnéaire, par exemple, peut être fortement corrélé au nombre de lunettes de soleil vendues ; mais aucun des deux phénomènes n’est probablement la cause de l’autre.

Wikipédia.

D

Diffusion de la responsabilité

Phénomène psychosociologique nous rendant moins responsables de nos actes ou de notre inaction dans une situation de crise où d’autres personnes sont présentes et en capacité agir.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Dissonance cognitive

Sentiment d’inconfort mental que nous ressentons lorsque nous abritons des pensées ou opinions qui entrent en contradiction avec nos comportements.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

E

Effet Barnum

Biais cognitif, aussi appelé effet Forer ou effet puits, induisant toute personne à accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à elle-même.

Wikipédia.

Effet boomerang

Réaction d’une personne qui, mise au courant de faits contredisant ses croyances, campe encore plus solidement sur ses positions.

Plus une croyance revêt un caractère idéologique et plus elle est fondée sur l’émotion, plus il est probable que des preuves la contredisant resteront sans effet.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Effet de halo

L’effet de halo, ou effet de contamination, est un biais cognitif qui affecte la perception des gens ou de marques. C’est une interprétation et une perception sélective d’informations allant dans le sens d’une première impression.

Une caractéristique jugée positive à propos d’une personne ou d’une collectivité a tendance à rendre plus positives les autres caractéristiques de cette personne, même sans les connaître (et inversement pour une caractéristique négative).

Wikipédia.

Effet Dunning-Kruger

Aussi appelé biais de surconfiance. Pic de confiance en nos capacités qui se manifeste chaque fois que nous découvrons un nouveau sujet et que les premières connaissances acquises nous poussent à croire que nous maîtrisons ce sujet.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Effet idéomoteur

Phénomène psychologique où un sujet exécute des mouvements musculaires inconscients. Les scientifiques attribuent l’écriture automatique (psychographie), la communication facilitée, certains tours de mentalisme, le ouija et la radiesthésie à l’effet idéomoteur.

Des personnes honnêtes et intelligentes peuvent réaliser inconsciemment des mouvements musculaires qui sont conformes à leurs espérances. Cependant, beaucoup de sujets ont du mal à admettre que leurs actions ne viennent que d’eux-mêmes, parce qu’ils n’en sont pas conscients.

Wikipédia.

Effet placebo

Procédé thérapeutique n’ayant pas d’efficacité propre ou spécifique mais agissant sur le patient par des mécanismes psychologique et physiologiques.

L’effet placebo correspond au résultat psycho-physiologique positif (bénéfique) constaté après l’administration d’une substance ou la réalisation d’un acte thérapeutique, indépendamment de l’efficacité intrinsèque attendue du traitement. Plus que le placebo lui-même — l’effet placebo étant constaté indépendamment de l’intervention ou non d’un placebo — ce sont des facteurs liés au contexte de traitement du patient qui déterminent l’effet placebo, lesquels peuvent être regroupés sous les appellations de « contexte psychosocial » ou « effets contextuels ».

Wikipédia.

Effet râteau

Biais cognitif qui consiste à penser que le hasard est plus régulier, plus étalé dans le temps ou dans l’espace, qu’il ne l’est en réalité, notamment sur de petits échantillons. Les phénomènes ainsi perçus, à tort, comme énigmatiques et sortant du hasard – tel qu’il est imaginé – sont souvent associés à la pseudo « loi des séries ».

La Toupie.

Erreur a posteriori

Le fait de modifier ses souvenirs personnels de façon à les rendre conformes à ses croyances ou à des faits nouveaux. On rend ainsi le passé plus conforme au présent, et plus prédictif ou prévisible qu’il ne l’était en réalité.

Cette erreur est fréquemment commise par ceux qui cherchent de faire correspondre l’actualité aux prédictions, même les plus vagues et les plus obscures, des prophètes et médiums.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Erreur de la cause unique

Tendance à croire qu’un événement n’a qu’une seule origine, alors qu’il est plus complexe et plurifactoriel.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Erreur de la fausse équivalence

Erreur consistant à mettre en parallèle deux choses présentant des points communs, alors qu’elles sont de nature différente.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Erreur de la preuve anecdotique

Tendance à considérer une anecdote ou une information isolée comme preuve suffisante pour tirer des conclusions générales sur des sujets souvent complexes.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Erreur du raisonnement binaire

Tendance à réduire une situation à une alternative blanc/noir alors que le monde est complexe, plus souvent gris que blanc ou noir. Le raisonnement binaire fonctionne comme un interrupteur qui n’aurait qu’une fonction « on » et une fonction « off », alors qu’un raisonnement objectif doit fonctionner comme un variateur de lumière.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Escalade d’engagement

Comportement humain dans lequel un individu ou un groupe confronté à des résultats de plus en plus négatifs d’une décision, d’une action ou d’un investissement (signaux d’échec ou de retard manifestes) persiste néanmoins dans le même comportement plutôt que de changer de cap. Par ce biais cognitif, l’acteur maintient des comportements irrationnels qui s’alignent sur les décisions et actions précédentes.

Les économistes et les scientifiques du comportement utilisent un terme connexe, le biais des coûts irrécupérables, pour décrire la justification d’un investissement accru d’argent, de temps, de vies, etc. dans une décision, basée sur l’investissement préalable cumulatif ; malgré de nouvelles preuves suggérant que le coût de la poursuite de la décision l’emporte sur l’avantage attendu.

Wikipédia.

Essentialisation

Acte de réduire un individu, une entité, à une seule de ses dimensions.

[NDLR : par exemple, son sexe, sa race perçue, son métier ou sa nationalité.]

Wiktionnaire.

F

Faux dilemme

Raisonnement fallacieux qui consiste à présenter deux solutions à un problème donné comme si elles étaient les deux seules possibles, alors qu’en réalité, il en existe d’autres. En rhétorique, cette dichotomisation vise à réduire une situation complexe à une alternative entre deux options, pouvant conduire au manichéisme (pensée en noir et blanc).

Wikipédia.

Flexibilité mentale

Capacité à changer d’avis et de mettre à jour nos croyances au gré des nouvelles informations que nous recevons et des nouvelles expériences que nous vivons.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

H

Hallucination collective

Hallucination sensorielle induite par la force de suggestion. Elle arrive généralement dans des situations hautement émotionnelles. L’attente et l’espoir d’être témoin d’un miracle, combiné avec de longues heures d’observation d’un objet ou d’un lieu, rend certaines personnes sensibles aux visions telles que des fantômes, des statues qui pleurent, des icônes qui bougent et des portraits sacrés ou de la Vierge Marie dans les nuages.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Heuristique

Action ou pensée spontanée qui donne d’assez bons résultats dans une situation donnée et qui a pour avantage d’être quasi instantanée, même si elle pêche par approximation.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Hypothèse ad hoc

Hypothèse créée pour tenter d’expliquer des faits qui paraissent réfuter une théorie.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Hystérie collective

Phénomène psychologique et social, aussi appelé psychose collective, se caractérisant par l’apparition soudaine de symptômes physiques de manière épidémique dans une population et dont l’origine n’est pas un trouble organique ou une maladie.

Une psychose collective, ou hystérie collective, possède trois caractéristiques principales :
– Le nombre de personnes touchées varie entre plus d’une dizaine et plusieurs milliers ou millions
– Les symptômes peuvent être proches de certaines Psychoses ou Névroses mais uniquement superficiellement, avec des traits distincts d’un point de vue psychiatrique des symptômes usuels de troubles psychiatriques en apparence proches
– La psychose collective se répand ou se partage via un phénomène psychopathologique de contagion mentale.

Wikipédia.

I

Impuissance acquise

Comportement qui se développe lorsque nous sommes dans une situation aversive ou d’échec répété qui nous pousse à croire que nous ne pouvons plus changer les choses, que nous sommes condamnés à subir ce qui nous arrive.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Indice de confiance

Pratique consistant à attribuer différents niveaux de confiance à nos opinions et pensées. L’idée est de nous défaire de notre vision binaire des choses (je sais / je ne sais pas) pour adopter une vision graduelle qui nous laisse une marge de manœuvre plus grande pour changer d’avis et gagner en ouverture d’esprit.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Instinct

Part héréditaire et innée des comportements, tendances comportementales et mécanismes physiologiques sous-jacents des animaux.

Chez l’humain, il constitue la nature qui s’oppose traditionnellement au concept de culture.

Wikipédia.

Intuition

Mode de connaissance, de pensée ou jugement, perçu comme immédiat (au sens de direct) ; selon les acceptions, c’est un processus ou une faculté de l’esprit. L’intuition serait le fait de pressentir ou comprendre quelque chose sans analyse ni raisonnement.

D’après le psychologue et économiste Daniel Kahneman la validité d’une intuition ne doit pas être évaluée à l’aune de la confiance que celui à qui elle apparaît lui porte. Il est en effet tout à fait possible d’avoir un sentiment « d’aisance cognitive » simplement à partir des informations superficielles sans se rendre compte qu’il manque des éléments. Pour ce chercheur, une intuition juste tient à deux conditions : un environnement régulier et donc prévisible, et le fait que la personne qui a l’intuition a une connaissance suffisamment longue de cet environnement grâce à une longue pratique. Cela explique qu’il soit courant d’avoir des intuitions justes dans certains jeux, comme les échecs, le bridge ou le poker, et que des spécialistes comme les médecins ou les pompiers puissent souvent avoir de bonnes intuitions.

Wikpédia.

L

Locus de contrôle

Estimation de notre propre capacité à contrôler ce qui nous arrive. Si nous considérons que ce qui nous arrive dépend de nous, nous avons un locus de contrôle interne (LCI). Si nous considérons que notre vie n’est régie que par des facteurs extérieurs et que nous n’avons aucun contrôle sur ce qui nous arrive, nous avons un locus de contrôle externe (LCE).

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Loi des grands nombres

La loi des grands nombres dit qu’avec un échantillon suffisamment grand, de nombreuses coïncidences ont de bonnes chances de se produire.

[NDLR : Souvent les coïncidences répétées sont vues comme opposées à la notion de hasard alors qu’elles en font partie.]

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

M

Métacognition

La métacognition est la « cognition sur la cognition ». Autrement dit, elle consiste à avoir une activité mentale sur ses propres processus mentaux, c’est-à-dire « penser sur ses propres pensées ».

Les processus métacognitifs peuvent concerner des domaines très divers : mémoire, perception, résolution de problème, etc.

Wikipédia.

Métacognitions

De « méta » (au-delà), et « cognitions » (pensées). Pensées qui se superposent à nos pensées automatiques. Elles correspondent à la petite voix intérieure qui se fait entendre quand nous pensons à quelque chose.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

P

Paralogisme

Raisonnement faux qui apparaît comme valide, notamment à son auteur, lequel est de bonne foi, contrairement au sophisme qui est un argument fallacieux destiné à tromper.

[NDLR : Dans le langage courant, le terme paralogisme est peu employé. Il est souvent remplacé par le terme sophisme.]

Wikipédia.

Paréidolie

Processus survenant sous l’effet de stimuli visuels ou auditifs, portant à trouver une forme familière dans un paysage, un nuage, de la fumée, une tache d’encre, une voix humaine dans un bruit, ou des paroles (généralement dans sa langue) dans une chanson ou un discours prononcés dans une langue qu’on ne comprend pas.

Le cerveau structure son environnement en permanence, rapportant les informations en objets connus. La paréidolie est une expression de la tendance du cerveau à créer du sens par l’assimilation de formes aléatoires à des formes référencées.

Wikipédia.

Pensée critique

Capacités et attitudes permettant des raisonnements rigoureux afin d’atteindre un objectif, ou d’analyser des faits pour formuler un jugement.
Les démarches du scepticisme scientifique et la zététique s’appuient sur la pensée critique.

Wikipédia.

Pente savonneuse

Argument qui exagère les conséquences d’une thèse en imaginant une chaîne de conséquences aboutissant à une conclusion catastrophique et en insinuant qu’il n’y pas moyen de s’arrêter en chemin. Il s’agit d’un sophisme dans la mesure où l’extrapolation des effets repose plus sur l’imagination que sur des hypothèses et des conséquences probantes

Wikipédia.

Principe de charité

Le principe de charité est un type de compréhension des propos d’autrui qui consiste à attribuer aux déclarations de ce dernier un maximum de rationalité.

Il suppose, par défaut, que l’individu est une personne intelligente et que ses propos sont à interpréter de manière différente s’ils sont incohérents. (Il est particulièrement utilisé pour déceler l’ironie, en effet, une personne préfère interpréter des propos comme ironiques s’ils lui paraissent littéralement absurdes.)

Wikipédia.

Prophétie autoréalisatrice

Concept de sciences sociales et psychologiques utilisé pour traduire une situation dans laquelle quelqu’un qui prédit ou s’attend à un événement, souvent négatif, modifie ses comportements en fonction de ses croyances, ce qui a pour conséquence de faire advenir la prophétie

La notion est connue en pédagogie sous le nom d’effet Pygmalion et en médecine sous le nom d’effet placebo.

Wikipédia.

R

Raisonnement analytique

Traitement neutre de toutes les informations à notre disposition sur un sujet donné, sans a priori quant aux conclusions auxquelles le raisonnement va nous conduire.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Raisonnement motivé

Manière de raisonner qui consiste à ne prêter attention qu’à ce qui confirme nos croyances et à rejeter ce qui les remet en question (voir « biais de confirmation ») puis à développer a posteriori des justifications pour rationaliser ces croyances et nous conforter dans l’idée que nous avons raison de penser ce que nous pensons.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Rasoir d’Ockham

Également appelé principe de parcimonie, il peut se formuler comme suit : Pluralitas non est ponenda sine necessitate (les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité).

Une formulation plus moderne est que « les hypothèses suffisantes les plus simples doivent être préférées ». C’est un des principes heuristiques fondamentaux en science, sans être pour autant à proprement parler un résultat scientifique. Cependant, « la simplicité » dont il est question ici ne signifie pas que l’hypothèse la plus simpliste, la plus évidente ou la plus conventionnelle soit forcément la bonne. Le rasoir ne prétend pas désigner quelle hypothèse est vraie, il indique seulement laquelle devrait être considérée en premier.

Wikipédia.

Réduction de l’ambiguïté

Acte souvent inconscient et spontané qui permet de stabiliser une image ou une situation ambiguë pour développer une vision du monde cohérente.

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

Rigidité mentale

Refus de changer de point de vue et de mettre à jour ses opinions et croyances au gré des nouvelles informations que nous recevons quand celles-ci ne vont pas dans notre sens (contraire de la « flexibilité mentale »).

Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours.

S

Scepticisme scientifique

Le scepticisme scientifique est une attitude de doute cartésien vis-à-vis des allégations non étayées par des preuves empiriques ou par la reproductibilité. Cette démarche s’appuie sur la science et la pensée critique, et cherche à soumettre à la méthode expérimentale (lorsque cela est possible) les phénomènes dits « paranormaux » (notamment ceux étudiés par l’ufologie, la parapsychologie et la cryptozoologie), ou surnaturels (réincarnation, résurrection).

Les sceptiques soumettent ainsi au doute tant les théories du complot, les médecines non conventionnelles et, de manière plus générale, ce que la majeure partie de la communauté scientifique considère comme des pseudo-sciences, que les dérives idéologiques et méthodologiques consistant à transformer le doute cartésien en méthode hypercritique à des fins polémiques.

Wikipédia.

Scientisme

Désigne l’approche selon laquelle les problèmes concernant l’humanité et le monde pourraient être réglés au mieux, si ce n’est parfaitement, suivant le paradigme de la méthode scientifique. Le scientisme considère que « l’esprit et les méthodes scientifiques doivent être étendues à tous les domaines de la vie intellectuelle et morale sans exception ».

[NDLR : Il s’agit d’une espérance quasi religieuse dans le fait que la science puisse répondre à tous nos maux, en dépassant son rôle descriptif d’origine, pour devenir prescriptive (nous indiquer quelles décisions prendre).]

Wikipédia.

Sophisme

Un sophisme est un procédé rhétorique, une argumentation, à la logique fallacieuse. C’est un raisonnement qui porte en lui l’apparence de la rigueur, voire de l’évidence, mais qui n’est en réalité pas valide au sens de la logique, quand bien même sa conclusion serait pourtant «vraie».

À la différence du paralogisme, erreur dans le raisonnement d’un émetteur de bonne foi, ne cherchant pas à tromper le récepteur, le sophisme est quant à lui fallacieux : il est prononcé et énoncé avec l’intention cachée de tromper le destinataire ou l’auditoire afin, par exemple, de prendre l’avantage sur lui dans une discussion, dans le cadre d’un désaccord de fond, d’un débat entre deux thèses.

Wikipédia.

Sophisme de l’homme de paille

Technique de rhétorique, également appelée de l’épouvantail, qui consiste à déformer la position de l’adversaire en lui attribuant un argument facilement réfutable.

Se battre contre la représentation affaiblie de l’adversaire assure alors une victoire facile.

Wikipédia.

Sophisme de la solution parfaite

Sophisme consistant à mépriser une mesure au motif que celle-ci n’est pas parfaite. Ainsi, l’existence du moindre défaut suffirait à discréditer une proposition de solution.

Il existe également une variante de ce sophisme consistant à réfuter un argument sous prétexte qu’il n’expliquerait pas entièrement le phénomène en question. Il s’agit d’un argument fallacieux, car le concept de solution parfaite est illusoire : il faut plutôt privilégier la recherche de la moins mauvaise des différentes solutions disponibles. Ainsi, ce sophisme permet souvent de justifier une position immobiliste.

Wikipédia.

Sophisme du juste milieu

Raisonnement erroné qui implique que la vérité est un compromis entre deux positions opposées.

Par exemple, si une personne considère que le ciel est bleu, tandis qu’une autre affirme qu’il est jaune, on peut en déduire, par compromis, que le ciel est vert. Or le ciel n’est pas vert, donc la position médiane de deux positions ne conduit pas toujours à la vérité.

Wikipédia.

Sophisme du pragmatique

Sophisme commis lorsqu’on prétend que quelque chose est vrai parce que ça marche. Par exemple, l’astrologie marche, la numérologie marche, le toucher thérapeutique marche.

La satisfaction client n’a aucun rapport avec le fait que l’appareil, la médecine ou la thérapie en question est vraiment un facteur causal significatif d’un effet donné. Il est particulièrement nécessaire de faire des études contrôlées des prétendus anti-douleurs pour éviter l’aveuglement dû à l’effet placebo, le raisonnement post hoc ou le sophisme de régression. Nous pouvons ne pas vouloir trop remettre en question le soulagement ressenti, mais nous devons nous interroger sur la cause de ce soulagement.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Sophisme du vrai Écossais

Procédé rhétorique fallacieux utilisé pour réaffirmer une généralisation qui a pourtant été réfutée par un contre-exemple. Il prétend que le contre-exemple donné est invalide car son sujet n’appartient pas vraiment à la catégorie que l’on cherchait à généraliser.

[NDLR : Le sophisme du vrai Écossais est souvent utilisé pour discrédité la critique d’une croyance ; la personne qui la formule ne serait pas une vraie croyante, n’aurait pas vraiment compris la croyance en question ou critiquerait autre chose que la croyance dans sa vérité, son essence.]

Wikipédia.

Sophisme post hoc

Le sophisme post hoc ergo propter hoc (après cela, donc à cause de cela) est fondé sur la notion erronée que parce qu’un évènement arrive après un autre, le premier est la cause du second. Le raisonnement post hoc est la base de beaucoup de superstitions et de croyances erronées.

Robert Todd Carroll, Le dictionnaire sceptique.

Z

Zététique

Son créateur, Henri Broch, la définit comme « l’art du doute ». Le terme d’art devant être compris au sens médiéval d’habileté, de métier ou de connaissance technique, en clair, de « savoir-faire » didactique qui, sans être une fin en soi, est un moyen pour la réflexion et l’enquête critiques.

La zététique est ainsi présentée comme « l’étude rationnelle des phénomènes présentés comme paranormaux, des pseudosciences et des thérapies étranges » ou comme « l’art de faire la différence entre ce qui relève de la science et ce qui relève de la croyance ». La zététique concerne les théories scientifiquement réfutables, c’est-à-dire respectant le critère de discrimination de Karl Popper.

Wikipédia.

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