#5

Une vie en anthroposophie

Avec Grégoire Perra, professeur de philosophie

Grégoire Perra est professeur de philosophie en lycée, il a 48 ans et il a passé 30 ans dans l’anthroposophie.

Si j’ai voulu le rencontrer, c’est qu’il a un parcours personnel exceptionnel, mais surtout, je suis impressionnée et intriguée par sa manière de penser.

Derrière ce nom mystérieux d’anthroposophie, peu connu du grand public, il y a beaucoup d’idées, de concepts qui proposent des réponses à tous les domaines de la vie. Cela va des écoles Steiner à l’agriculture biodynamique, en passant par la banque Nef ou les produits Weleda.

C’est à l’âge de neuf ans que Grégoire Perra entre dans une école Steiner. Trois décennies plus tard, il quitte le mouvement et en dénonce publiquement les dérives sectaires. Ce que je vous propose ici, avec cette série en six épisodes, c’est de découvrir un univers méconnu et de plonger dans les méandres du déconditionnement.

Icône donation

Garanti sans pub
Grâce à vos dons

Méta de Choc est gratuit, indépendant et sans publicité. Vous pouvez vous aussi le soutenir en faisant un don :

Ressources
Pour aller plus loin

Ressources Épisode #5
Une vie en anthroposophie

Abus

Éducation

Santé

Biodynamie

Banque La Nef

Anthroposophie

Dérives sectaires

Livres de Rudolf Steiner

  • La Science de l’Occulte, de Rudolf Steiner (Éditions Anthroposophiques Romandes, 1913).

  • La Chronique de l’Akasha, de Rudolf Steiner (Éditions Anthroposophiques Romandes, 1904-1908).

  • Le Cinquième Évangile, de Rudolf Steiner (Éditions Anthroposophiques Romandes, 1913-1914).

  • Les Conseils de Rudolf Steiner aux professeurs de la première école Steiner-Waldorf de Stuttgart, de Rudolf Steiner (Ed. Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, 1919-1921).

  • Documents anthroposophiques à consulter en lignehttps://jf.bizzart.biz

Blogs de témoignage

Méta de Choc Collection
Retrouvez cette émission en livre

Une vie en anthroposophie

La face cachée des écoles Steiner-Waldorf
De Grégoire Perra et Élisabeth Feytit
Découvrir

Suggestions
Vous pourriez aussi aimer ...

Shocking ! #19

Au pays de Jéhovah

Avec Bertrand L'anonyme

Bertrand a été élevé chez les Témoins de Jéhovah. Il lève le voile sur les croyances et les pratiques d'un mouvement surveillé de près pour ses dérives sectaires.

Échangeons
Commentaires

  1. Merci à vous et à Grégoire Perra pour ce long entretien. J’ai trouvé cela passionnant… et effrayant. J’avais vu il y a quelques mois la vidéo de la tronche en biais sur le sujet, et je suis tombé sur votre site (que je suis visiblement loin d’avoir fini de parcourir) après vous avoir vu dans un de leur live. J’avais eu  du mal à décrocher du sujet et votre émission m’a remis sur les rails. Je cherche à me documenter avec des sources externes aux témoignages de Grégoire. J’ai vu votre liste très longue et c’est vraiment très complet, merci pour ce partage.

  2. Effrayant. Et dire qu’on avait failli mettre notre fille là dedans.
    Mais si moi je m’en rends compte, sa mère est toujours persuadée que c’était un bon choix qu’on n’a pas fait

    1. Les idées qu’affichent les écoles Steiner peuvent être tout à fait séduisantes pour les parents. Difficile quelquefois de prendre du recul lorsqu’elles vont dans le sens de l’idéal éducatif que l’on souhaite pour ses enfants. Merci pour votre témoignage, Hadrien.

  3. Je suis sidéré par ce que révèle ces entretiens et l’abondante documentation réunie. Je découvre avec stupeur  les personnalités proches de l’anthroposophie et des soutiens dont ont bénéficié les écoles Steiner. Il y a des penseurs comme Edgar Morin que j’écoute avec bienveillance. J’ai moi même été engagé dans un mouvement sectaire magico religieux qui se cache derrière la pratique du yoga. Je retrouve dans les descriptions de Grégoire Perra les manipulations mentales qui ont profondément altérées ma lucidité. Le déconditionnement est long et difficile et le parcours de Grégoire m’interroge sur l’opportunité de revenir sur cette période de ma vie avec laquelle je suis en conflit. La réponse est sans doute dans la question. Merci encore pour la qualité de votre travail.

    1. Bonjour Philippe,
      merci de votre témoignage.
      En réalité, les mécanismes d’emprise se retrouvent quel que soit le milieu ou le système de croyance. Je suis heureuse de savoir que cette émission vous est utile sur le chemin de votre déconditionnement. Si vous souhaitez échanger avec moi à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter.

  4. J’aime vos podcast mais là !  Grégoire Perra a sans doute fumé un peu la moquette !! Délirant. Reprenez chaque chose et vérifiez le, je pense que vous allez bien rigoler de votre naïveté.  C’est assez ridicule, on dirait un discours complotiste.

    1. Bonjour Helen,
      toutes mes émissions sont minutieusement préparées et je mets à votre disposition de nombreuses ressources vous permettant de vérifier ce qui y est avancé.
      Outre certaines références à des écrits de Steiner, vous trouverez ici des blogs de témoignages, des articles de presse, ainsi que des rapports de la Miviludes (instance gouvernementale de lutte contre les dérives sectaires). Bonne lecture à vous.

  5. Bonjour,
    Reconnaissez-vous chez Philippe Madec et son concept de « frugalité heureuse » une pensée anthroposophique ?
    Ou est-ce une pensée totalement détachée ?

    1. Bonjour,
      Je ne connais pas la pensée de Philippe Madec, donc je ne peux me prononcer. En revanche je peux dire que la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi est liée à la loi sociale fondamentale de la tripartition sociale de Rudolf Steiner. 

      Grégoire Perra 

      1. Bonjour Grégoire!
        Merci pour votre réponse! Après quelques vérifications (en tous cas sur wikipedia), je n’ai pas trouvé de relation directe.
        Cependant, certaines idées m’ont largement fait pensé à quelques enseignements que j’ai reçu en école d’architecture.
        Cela dit, j’ai l’impression que l’ami Steiner entretien un grand confusionnisme dans son discours, si bien qu’il est difficile de savoir qu’elle idée découle de qui. Qui de l’œuf ou de la poule?
        C’est tellement flou qu’on a parfois l’impression que certaines idées nées après la mort de Steiner et sans aucun lien possible, viennent de lui. C’est, j’imagine, un piège paranoïaque dans lequel il ne faut pas tomber.

        Merci encore Grégoire pour votre message!

  6. Bonjour,
    Mhh, je trouve cela incorrect (au vu des différents éléments rapportés) de dire qu’Albert Jacquard était un défenseur de l’anthroposophie.
    Il était certes défenseur des écoles Steiner-Waldorf, mais il n’en défendait que ce qu’il en savait, et avec ses compétences propres.
    Dire qu’il défendait l’anthroposophie ou qu’il en était un porte-parole, nécessite la preuve qu’il était au courant du lien (et de sa force) entre l’école et la secte, ce qui est tout sauf évident.
    Pour avoir discuté avec lui, et avoir lu un bon nombre de ses œuvres, je pense que l’accusation est infondée, et qu’il ne s’agit que d’une opération de S-W pour s’accoler le nom d’une personnalité respectée.

    1. Je suis désolé, mais Albert Jacquard s’est déplacé physiquement dans les écoles Steiner-Waldorf dans le cadre du « Comité d’évaluation » auquel il a participé. Il a été accueilli dans les salles des professeurs,  dont les murs sont tapissés d’étagères contenant des milliers de livres de Rudolf Steiner, aux titres très évocateurs. Il est impossible qu’il ait pu ignorer que Rudolf Steiner et l’anthroposophie sont derrière ces écoles et cette pédagogie.  Son niveau intellectuel rendait impossible une telle naïveté.  Par ailleurs, dans le cadre de ce comité,  il fréquentait Jean-Marie Pelt, qui abordait volontiers et ouvertement le sujet de la spiritualité anthroposophique aussitôt qu’il le pouvait. Donc non, je ne crois pas une seule seconde qu’aller Jacquard ait pu ignorer l’anthroposophie ni ne pas voir l’anthroposophie derrière les écoles Steiner-Waldorf, et ait pu s’arrêter au paravent d’une philosophie humaniste que les écoles Steiner-Waldorf présentent au tout-venant. Pour quelles raisons a-t-il ainsi décider de promouvoir l’anthroposophie et lui servir de relais en défendant les écoles Steiner-Waldorf, cela est une autre question. Mais qu’il l’ait fait sciemment et en toute connaissance de cause,  c’est pour moi une certitude.

  7. Bonjour,

    Sans chercher à remettre en question la proximité de Pierre Rabhi avec la pensée de Steiner, est-il prouvé que le concept de « sobriété heureuse » ne lui est venu qu’après s’être rapproché de l’anthroposophie ?

    De nombreux milieux militants écologiques ou économistes prônent également une certaine sobriété (moins produire, moins consommer, moins travailler).

    Certes, Steiner a intégré à sa pensée un peu toutes les pensées sexy qu’il y avait à l’époque, mais il ne faudrait pas discréditer toutes ces pensées en agitant le fantôme de l’anthroposophie et de sa secte.

    Plus généralement, un scientifique (ou autre) cherchant à développer la spiritualité n’est pas systématiquement à ranger dans le panier de l’anthroposophie, quand bien même cette personne aurait des atomes crochus avec certains aspects de celle-ci.

    La spiritualité n’implique pas nécessairement religion ni occultisme, c’est simplement notre rapport métaphysique au monde.

  8. Bonjour,

    Merci pour votre travail et celui de Grégoire Perra !

    Témoignage vraiment incroyable, proprement hallucinant, qui me permet de remettre en perspective beaucoup de chose. Si je reste honnête avec moi même certains propos des anthroposophes auraient pu me plaire, l’éducation alternative et les « liens » avec l’écologie (coucou gentil papy Pierre Rabhi). Je me rends compte qu’il faut que je redouble de vigilance quand quelqu’un à des idées qui me plaisent, parce que c’est clairement là que l’on peut m’atteindre le plus facilement.

    Encore un grand MERCI !

    1. Oui, il est important d’être vigilent vis-à-vis de ce qui nous fait plaisir ou va dans le sens de ce qui nous semble évident. Avoir un esprit critique, c’est aller contre son propre cerveau !

  9. Bonjour,

    J’ai appris beaucoup de choses, merci ! Il faudrait écouter vos émissions un stylo à la main pour prendre des notes au fur et à mesure, pour noter les bonnes idées mais aussi les critiques, les questions…

    Voilà une critique qui me revient : il me semble que Grégoire Perra est parfois aveuglé dans l’analyse de son parcours par un biais social. Il me manque pour bien comprendre son histoire de savoir quel est son milieu social d’origine.
    Un exemple : il dit qu’à la fin du lycée il n’avait aucune idée de son orientation car les écoles Steiner ne se préoccupent pas de cela, puis, on apprend qu’il a fait khâgnes et hypokhâgne et s’est présenté au concours de l’ENS… C’est un parcours qui est loin d’être ouvert à tout le monde, socialement parlant, même quand on sait ce qu’on veut faire plus tard dès le lycée (ce qui est loin d’être toujours le cas, d’ailleurs).
    Un autre exemple : il dit que son parcours d’endoctrinement l’a empêché de faire une carrière. Mais il y a vraiment beaucoup de gens qui ne font pas de carrière : les ouvrièr·es, les employé·es, les secrétaires… sans passer par un endoctrinement, juste du fait de leur milieu social d’origine.

    Une autre chose qui me revient de cette écoute et qui m’a bien parlé, c’est le fait de tout voir  et tout analyser via le prisme d’une grille de lecture pre-existante. Cela m’est souvent arrivé, et ça marche étonnement  bien ! C’est d’autant plus repérable que la grille de lecture a été acquise de façon consciente et une fois adulte, bien sûr. Les grilles de lecture acquises dès l’enfance, comme c’est le cas pour Grégoire Perra, sont beaucoup plus difficiles à voir et à défaire. Quant aux grilles de lectures qui sont culturellement dominantes, cela devient le travail d’une vie de les voir et d’y porter un regard critique.

    1. Bonjour Nadine,

      Concernant mon milieu social, ma mère était assistante sociale a l’Education Nationale et mon père cameraman a la SFP, donc issu d’ une classe sociale moyenne, plutôt basse au départ. Mes parents  et mes grands parents avaient connu la pauvreté et même parfois la misère. Notre milieu social n’était pas très cultivé.

      Concernant le fait que j’ai fait des classes préparatoires, cette idée n’est venu ni de mes parents ni de l’école,  mais d’une forme de hasard : mon père avait rencontré une jeune femme qui sortait de classes préparatoires et c’est elle qui m’a parlé de l’existence des classes préparatoires,  m’a indiqué comment faire un dossier et l’envoyer, etc. L’ecole Perceval où j’ai passé mon Baccalauréat était d’ailleurs très étonné de ma démarche et ne connaissait pas la procédure,  c’est moi qui ait du la leur apprendre.

      Cordialement,
      Grégoire Perra 

      1. Concernant le fait que je n’ai pas fait de carrière,  je voulais dire que j’ai fait ma carrière au sein des écoles Steiner-Waldorf entre 30 et 40 ans, c’est-à-dire dans un milieu à part qui ne compte pas aux yeux de la société.  Mais ceci étant, en tant que professeur a l’Education Nationale, j’ai bénéficié de l’avancement automatique d’échelons et j’en suis maintenant au dixième, donc une carrière d’enseignant classique. Aucun regret et aucune perte financière pour moi. Par « ne pas avoir fait de carrière », je voulais parler du fait que entre 30 et 40 ans, à l’âge où d’ordinaire on s’inscrit dans une entreprise, on se lie socialement au milieu professionnel qui nous entoure et on y dépose son empreinte, je l’ai fait pour ma part au sein des écoles Steiner-Waldorf et de l’anthroposophie, c’est-à-dire dans un circuit professionnel hors de la société, du monde du travail conventionel, que j’ai quitté par mon départ de l’anthroposophie, perdant ainsi les « avantages » que j’aurais pu en tirer…

  10. Merci Grégoire, votre témoignage est particulièrement touchant parce qu’on voit les trouées dans le déni faire des aller-retours avec tous les déséquilibres que ça engendrent (relationnel, professionnel, intime,). Et je crois que malgré votre parcours de deconstruction-reconstruction tellement conscient à mesure que vous avez avancé, il reste important d’avoir des voix extérieures qui vous soutiennent, vous encouragent et surtout vous croient. Et je peux dire qu’en vous écoutant, j’ai senti que c’était important dans votre quête de réalité (ou de vérité) et d’authenticité de vous l’entendre dire. Alors avec toute ma sincérité, je vous soutiens. Et ce n’est pas une parole d’évangile, car moi aussi, vous me soutenez dans ma déconstruction qui est sans commune mesure avec la vôtre mais qui tire les mêmes ressorts.
    Bien cordialement, Emmanuelle 

  11. Bonjour Elisabeth
    Merci pour votre travail minutieux.
    Avez vous plus de ressources sur les liens actuels entre la NEF et le mouvement anthroposophique ? Beaucoup de sources reviennent sur le site de la nef elle même.
    Merci d’avance !

  12. Bonjour ,

    Je suis stupéfaite .Je voudrais des renseignements sur l’école la Roseraie de Dieulefit ,sur le Dr Joachim Berron ,savoir si cette école avait aussi été touché par de tels scandales ,et celle de Chatou ;
    Merci pour tout cela . Ceci dit il devait y avoir des points positifs ,à part quelques cas extrêmes ,j’espère du moins .

    1. Bonjour,

      Oui, j’ai entendu parler de cette école et de nombreux scandales internes lorsque j’étais anthroposophe.

      Je ne me souviens plus bien des détails mais c’était assez grave et la médecine anthroposophique était impliquée.

      De manière générale, je crois qu’il n’y a aucune école Steiner-Waldorf où ce genre de choses ne se produit pas. C’est profondément structurel. Et le Docteur Berron étant une des plus haute sommité de l’anthroposophie en France, autant dire qu’il était intouchable et très bien protégé.

      Cordialement.
      Grégoire Perra

    2. Bonjour,
      J’ai bien connu l’école de la Roseraie, durant les étés 58,59,60 en tant que pensionnaire. J’ai fréquenté personnellement ses dirigeants, les familles Arcens et Small ainsi que le Dr Berron.
      Je n’ai que des éloges à faire sur cet établissement et sur le Dr Berron qui pratiquait une médecine non agressive, et qui encourageait la pratique modéré du sport, ce qui m’a permit de passer des vacances sans crises d’asthme à Dieulefit.
      A cette époque personne ne parlait d’anthroposophie dans cette école, et je n’ai eu connaissance d’aucun scandale lorsque j’y séjournais, ni plus tard.
      J’ajoute que l’immense majorité des élèves en garde un très bon souvenir, il y a eu plusieurs journées d’anciens auxquelles j’ai participé, tous évoquaient avec émotion et regret leur séjour dans cet établissement hors norme et profondément humain où l’on faisait confiance aux élèves tout en développant les activités individuelles et collectives notamment le théâtre sous la direction de Micky Small.

  13. Bonsoir, je tombe sur votre blog suite à des critiques de Pierre Rabhi et son attachement à Rudolf Steiner… et je continue de penser que nous créons ce que nous avons envie de voir… et oui la psychomagie ça marche 😉 comme le dirait Jodorowsky! Pour ma part j’ai deux neveux qui ont suivi un cursus scolaire dans une école Steiner et résultat ils sont tous les deux sûr d’eux savent très bien ce dont ils ont envie et ce qu’ils ne veulent pas et veulent travailler comme indépendant sans patron… avec l’idée qu’une société sans chef peut exister.
    Toutes les expériences sont bonnes à prendre et ne mettre en lumière que celles qui ne sont pas positives c’est un choix.
    Quand j’entend parler de discrimination (racisme) dans notre société cela me fait bien marrer car sur quoi est basé notre vie? J’aime, je n’aime pas! Voyez les réseaux sociaux ce n’est que ça… on ne peut pas vraiment dire que la majorité de nos semblables soit sortie de ce conditionnement. Mais ils continuent de faire comme si c’était mal chez les autres mais justifié chez eux…
    Avant de juger les autres regardons ce que nous sommes et essayons de devenir meilleur, alors peut-être arrêterons-Nous de croire que nous possédons toutes les données des situations pour avoir une opinion objective.
    Bonne continuation.
    Patrice.

    1. Bonjour Patrice,
      la psychomagie marche sans doute… autant que l’astrologie. À ce sujet, je vous conseille l’écoute de la série “L’astrologie, ça marche… Trop !“
      Prendre pour exemple vos neveux n’enlève rien aux dérives observées dans les écoles Steiner et dénoncées par de nombreuses personnes et institutions à travers le monde. Et non : toutes les expériences ne sont pas bonnes à prendre. À moins de considérer qu’elles nous font progresser dans notre karma.
      Enfin, je ne vois pas où dans cette émission ou ailleurs sur le site de Méta de Choc vous avez trouvé qu’il soit question de “juger les autres“. Analyser et critiquer des idées n’a rien à voir avec le fait de dénigrer les personnes qui y croient. Et il se trouve que cette démarche est indispensable si l’on veut faire évoluer les idées justement. En quoi le fait que nous soyons aveugles à nos propres préjugés nous empêcherait-il de dénoncer des discriminations comme le racisme ou l’homophobie ?

      1. Je tiens à vous dire que j’admire avec quel sang froid, bienveillance et patience vous prenez le temps de répondre à ce type de commentaire désobligeant. Vous avez raison. Et je vous tire mon chapeau pour cela.

  14. Je me pose deux questions après l’écoute de cette série de podcasts :
    1) Pourriez-vous proposer une liste de maisons d’édition qui promeuvent quasi exclusivement des idées new age sous couvert de psychologie ou de développement personnel ?

    2) Pourriez vous nous éclairer sur les liens qui persistent entre les pratiques de Gestalt-thérapie et les idées new-age au delà de s’être largement diffusées à partir d’Esalen ?

    1. Bonjour Lou et merci de votre intérêt.
      Les éditions Trédaniel sont très connues pour leur promotion des idées New Age, sous couvert ou non de scientificité. Ensuite, quasiment toutes les grandes maisons d’édition ont fait à un moment ou un autre la promotion du développement personnel et de croyances New Age, de manière plus ou moins consciente. La grande championne dans ce domaine est Actes Sud, dirigée par Françoise Nyssen, anthroposophe notoire.
      Concernant la Gestalt, elle est née de présupposés psychanalytiques (pseudoscience) et New Age. Sa pratique actuelle est clairement commandée par ces idées. Une prochaine série SHOCKING en explorera les contours !

  15. Merci beaucoup pour votre travail. Je m’aperçois que certaines idées ont sans doute plus ou moins vaguement diffusé dans ma famille bien qu’il n’aient jamais été proche de cette secte. Je me demande maintenant si liens qui pourraient exister entre l’Antroposophie et les Communautés de l’Arche dont certains points me semblent se rapprocher de la Communauté des Chrétiens ou de l’antroposophie (révision de la tradition Chrétienne en incluant toutes les spiritualités, importance du travail manuel et du lien à la nature, ‘communauté », méditation, etc.). Je m’interroge aussi sur le contexte familial de Steiner : J’ai remarqué que Rhabbi et Lanza del Vasto avaient un héritage familial pour le moins compliqué. Du coup je m’interroge sur celui de Steiner et tous ces gurus new age tels Eric Barret, Odier, Bayron Katie, etc. Des pistes ?

  16. Bonjour Lou,

    Je ne connais pas la Communauté de l’arche, du coup je ne peux pas vous répondre à ce sujet.

    Concernant la famille et l’éducation de Rudolf Steiner, outre le fait qu’il était probablement paraphrène, ce qu’il écrit dans son autobiographie donne à penser qu’il y avait très peu de liens affectifs dans sa famille, à moins que ce fut lui qui eût été incapable d’en avoir ou même de les percevoir. L’un n’exclue pas l’autre d’ailleurs.

    La plupart des biographies de Steiner étant des hagiographies, difficile de le savoir.

    Cordialement,
    Grégoire Perra

  17. Nous avons tous le droit d’avoir un avis sur notre passé, mais si le seul avis d’une personne fait lois et justifie une frustration personnel, je me donne le droit de contester certains propos de G. Perra.

    Monsieur Grégoire Perra,

    J’ai été un élève d’une l’école Steiner, j’ai 50 ans aujourd’hui.
    je conteste certains de vos propos :
    -pas de devoirs ? bullshit !!!!
    j’ai eu comme tous mes camarades des devoirs tous les jours.

    Mais que me dites-vous M. Perra des jeux inculqué dans les écoles dites « officelle » ou on nous oblige à jouer à :
    « qui a peur de l’homme noire » ou on nous inculque des jeux fondement raciste ??
    Je suis bien heureux de ne pas avoir a revivre ce jeu humiliant

    Moi qui ai voyagé et ai connu des paroles guerrière chaque matin à la levée du drapeau national,
    criant à la guerre et les tonnerres des cannons je ne hais pas pour autant ceux qui les ont prononcer.
    N’est-ce pas plus saint de parlé des animaux sensible avec l’âme humaine.
    Ou alors :
    Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ?
    Ils viennent jusque dans vos bras Égorger vos fils, vos compagnes.
    et j’ai d’autre hymne nationaux tout aussi belliqueux

    Du fond du coeur, les paroles donné chaque matin
    prônant les étoiles et donner asile au animaux sensibles
    me semble plus formateur que des cris de guerre,
    proposé chaque matin dans d’autres écoles.
    Le monde en a bien besoin en ce moment.

    Vous êtes libre Monsieur Grégoire Perra de vos propos
    et de votre frustration mais je conteste la majorité de vos propos
    et que si cette école ne vous a pas correspondu, ce n’est peut-être
    pas le cas de vos camarades et probablement miens.

    Avec tout le respect que je porte a votre avis,
    je vous prie d’accepter le faite que je considère vos propos
    comme un sens unique sur ce site et je propose vivement à
    Meta de Choc de proposer un avis contradictoire afin d’ouvrir un débat.

    1. Bonjour,
      Il ne saurait être question pour moi « d’ouvrir un débat » au sujet d’une soit-disant pédagogie derrière laquelle se dissimule une dérive sectaire qui endoctrine les enfants et en maltraite certains, comme les nombreux témoignages qui ont surgis à travers le monde et dernièrement en France l’attestent (Lire par exemple l’article de Margaux Duquesnes, celui de Laure Dasinnieres et le livre de Timothée de Rauglaudre et Jean-Loup Adenor : Le Nouveau Péril Sectaire).

      Mettre sur le même plan l’hymne nationale et « les paroles » de Rudolf Steiner montre simplement que vous confondez des valeurs affichées d’une nation, parfois contestables et/ou historiquement datées, et un endoctrinement caché d’une secte, puisqu’il n’y a encore aucune nation ni religion anthroposophiques déclarées et que les « paroles » en question ne font jamais l’objet d’une exposition ni d’une explication de leurs fondements relatifs à la doctrine anthroposophique. Et visiblement, à vous lire, vous les interprétez mal, sans connaître à quoi elles se réfèrent.

      Dans toutes les sectes, il y a toujours une majorité d’adeptes satisfaits et une minorité qui les dénonce. Ce n’en sont pas moins des sectes pour autant. Il est donc impossible de juger du caractère sectaire des écoles Steiner-Waldorf en mettant en balance les avis positifs et les avis négatifs. On peut le faire en revanche quand on met à jour une volonté manifeste de dissimulation, des techniques d’embrigadement et des rapports systématiquement en contradiction avec les lois. Ce qui est le cas dans les écoles Steiner-Waldorf, quels que soient les pays, conformément aux directives données par Rudolf Steiner, notamment dans le Stockmeyer (le livre secret des directives générales de Rudolf Steiner sur la gestion pédagogique et administrative des écolesSteiner-Waldorf) :

      « Vous devez parler aux gens et intérieurement les duper ! »

      Vous parlez de ma soit-disant frustration, alors que vous ne me connaissez pas, relayant les attaques ad hominem des anthroposophes à mon encontre depuis des années. Je vous rappelle que j’ai gagné TOUS mes procès (en tout six procédures en dix ans) et qu’à chaque fois les juges ont reconnu ma bonne foi et l’absence d’animosité de mes propos. De plus, c’est une des associations anthroposophiques plaignantes, la CNP MEP SMA, qui a été condamnée, elle, à une lourde peine pour procédure abusive à mon encontre et volonté malhonnête de me faire taire par des moyens immoraux (sic). A travers elle, les juges condamnent clairement et explicitement les méthodes employées contre moi par l’ensemble du mouvement anthroposophique depuis dix ans. Ce sont ces gens-là, avec leurs méthodes honteuses, que vous tentez de cautionner par votre commentaire. Je vous invite donc à lire les comptes-rendus des procès, notamment celui du 7 octobre 2021, plutôt que de parler en l’air et sans connaître le sujet, comme vous le faites.

      S’il en était encore besoin, votre témoignage est juste une illustration du besoin éperdu de nombreux élèves Steiner-Waldorf de défendre coûte que coûte les écoles où ils ont été scolarisés, en usant pour cela d’un relativisme qui montre autant leur aveuglement affectif que leur incapacité à raisonner sainement et objectivement sur ce sujet.

      Bien à vous
      Grégoire Perra

    2. Monsieur,
      Je n’ai fréquenté dans mon enfance que des école/college/lycée de l’education nationale. Et jamais on m’a fait jouer comme vous le décrivez à un jeu raciste. Je n’ai jamais du reste entendu parler du nom du jeu que vous citez. Les établissements de l’éducation nationale s’opposent à toutes forme de racisme (en conformité avec les valeurs de la république) au sein des élèves et personnels. Et si, cela s’avérait, la direction prendrait aussitôt des mesures pour contrer le phénomène et recadrer. (ceci dit, comme dans toutes les écoles de tous types, certains élèves peuvent subir du harcèlement, c’est possible, et dans ce cas, il faut en parler et ne pas rester seul(e)), Par ailleurs, la marseillaise n’est pas récitée par les élèves en début de cours. Ce témoignage de Grégoire Perra vous fait vraiment beaucoup réagir, et donc nourrit déjà une reflexion chez vous. L’ampleur de votre reaction montre combien il est utile et urgent que la parole se libère sur les enseignements de tous types.

    1. La modération, ça prend du temps.
      Vous offusquer que votre commentaire publié à 22h ne le soit pas validé à 22h20 ma paraît que peu excessif.

  18. J’ai mis mes enfants à l’école Steiner, en Suisse : dans ma quête d’une école plus humaine.

    Premier choc, mes enfants sont tous vaccinés, c’est très mal et une de mes filles (qui se porte comme un charme) aura de terribles maux de tête à l’âge adulte à cause des vaccins, dixit leur toubib (elle a 33 ans et se porte toujours comme un charme).

    Ensuite, j’ai eu droit à une autre des mes filles qui « était trop intelligente », étant HPI moi-même, ça a plutôt mal passé, j’étais entre la vexation et la moquerie à leur égard. A la fin de la première année scolaire, je me rends que des gosses de 14 ou 15 ans ne savent même pas lire (les miens savaient lire avant l’école), bref…. Je les ai tous sortis et remis dans une école traditionnelle, ils n’y auront donc passé qu’une année scolaire. Le fait qu’ils en soient tous sortis (5) et que j’ai envoyé une lettre blindée de reproches et pointant leur innombrables non sens, ça a fait grand bruit m’a-t-on dit plus tard.
    Je me dis que nous l’avons échappée belle…

  19. Bonjour,
    Le live de la Tronche en biais m’avait un peu laissée sur ma faim; prendre le temps de laisser parler M. Perra nous permet d’appréhender tout son itinéraire et la subtile perversité de l’anthroposophie.
    Merci également pour la biblio.
    Excellent podcast !

  20. Merci de nous avoir partagé cet entretien en six épisodes, Grégoire Perra met des mots sur des processus profonds, complexes qui me parlent, il n’est pas simple de faire comprendre à des personnes qui ne l’ont pas vécu à quel point on peut être détruit par des pensées auxquelles on souhaite être fidèle, croire, comprendre… et qui finissent par forger nos seuls repères. C’est d’autant plus difficile, quand on a voulu comprendre en profondeur des croyances (finalement un peu « rationnellement ») pour expliquer que ça ne devrait peut-être pas fonctionner comme ça… Pour ma part, je ne parle d’anthroposophie, mais le processus semble être du même ordre. Autant l’endoctrinement et la destruction de soi peut-être rapide et « efficace », autant la reconstruction est longue et n’est jamais vraiment terminée, et il n’est clairement pas facile d’accepter qu’on a participé activement son propre formatage ! Il est difficile aussi ensuite de faire confiance, à soi-même et aux autres… or on a besoin d’avoir confiance pour vivre bien, il me semble… Et puis, c’est aussi souvent irritant de voir l’engouement pour toutes sortes de pensées carrément limite (new âge entre autre!). Car finalement, dans le cas de Grégoire Perra, comme du mien, il me semble que le désire de couper radicalement vient du fait qu’on a voulu aller jusqu’au bout, mais tellement de gens ne font que flirter avec de telles idées (et tant mieux pour eux car au moins cela ne les déglingent pas complétement), et continuent d’essemer des idées séduisantes… donc ça ne parait pas si grâve, mais malheureusement, une petite part de gens se brisent.
    Merci pour votre travail, j’avoue que je ne peux pas tout écouter, ça fait un peu mal tout ça, mais vos questions, notamment dans cet entretien, sont très pertinentes, merci

    1. Merci de votre intérêt et de votre partage, Alice. Effectivement, l’endoctrinement est sournois et il est difficile de s’en défaire, surtout quand une croyance a pris une place majeure dans nos vies. Bravo à vous pour cette démarche de questionnement.

    2. Je me retrouve bien dans votre commentaire et votre analyse de la « vie d’après » chère Alice. Merci de l’avoir exprimé car, à moi aussi, cela fait du bien d’entendre le témoignage d’une personne qui a traversé un parcours semblable au mien.
      Grégoire

  21. Je souhaite juste féliciter Grégoire pour son courage et lui témoigner ma reconnaissance d’avoir entrepris cette démarche de prise de parole publique. J’imagine qu’il aurait été beaucoup plus facile pour lui de se cacher dans un coin et de ne pas avoir à faire face aux tentatives nauséeuses de discréditation du mouvement anthroposophique. J’habite en Australie où la « pédagogie » Steiner est présentée au même titre que la pédagogie Montessori et où certaines écoles publiques proposent même une section Steiner ! En tant que parent et enseignante ce témoignage est donc édifiant.

    1. Merci Amandine. Oui en effet, j’ai fait le choix de témoigner par devoir, alors que rien ne m’y obligeait, sachant très bien les méthodes que les anthroposophes emploieraient publiquement contre moi pour me discréditer, puisque c’est ainsi que j’avais constaté qu’ils procèdaient en interne.

  22. Merci, merci, merci…

    à vous Grégoire Perra !

    à vous Élisabeth Feytit !

    Et, que dire d’autres à vous 2 que des : « ENCORE » ! « BRAVO » ! « FORMIDABLE » !

    Les sujets partagées sur MétaDeChoc sont plus que bouleversants et celui-ci est particulièrement stupéfiant…

    J’avais entendu un jour parlé d’un « gars » qui se faisait « discréditer » suite à des « actions contre un organisme sectaire »…

    Maintenant je sais de qui il s’agissait, et je peux dire que j’ai apprécié la douceur et la sincérité du ton, surtout faces à la violence des propos…

    Merci de ces espoirs que vous faites (re)naître face à la colère que je ressens à l’écoute de cette expérience !

  23. Bonjour,
    Je viens d’écouter avec une grande attention la série sur les écoles Steiner. J’avais un peu entraperçu l’envers du décor grâce à un article dans Charlie Hebdo. Il y a quelques années je m’étais renseignée pour y travailler. Je suis auxiliaire de puériculture et leur projet au contact de la nature m’avait emballé. J’avais contacté le siège et il m’avait été répondue qu’il fallait que je fasse une formation mais assez coûteuse. J’avais donc abandonné l’idée. Le magazine Biocontact qui se trouve en magasin bio avait fait un dossier que je trouvais passionnant sur Rudolph Steiner et de là mon envie de l’école. Magazine tendancieux qui promeut l’anti vaccin mais qui bizarrement pendant la pandémie s’est fait tout petit. Bref! Je découvre votre podcast grâce à des blogueuses. Je le trouve vraiment passionnant et à le faire découvrir à mon tour .

  24. Salutation à vous. Je viens de découvrir cette plateforme qui présente des témoignages éclairants sous le thème général de la métacognition. J’ai eu moi-même un parcours parsemé d’engagements et de revirements qui m’ont amenés à comprendre des phénomènes que je ne soupçonnais pas. Ainsi en écoutant les témoignages palpitants présentés ici j’ai eu tendance à établir des liens et à faire des recoupements avec ma propre expérience, dans l’optique de réflexion sur son propre mode de pensée. Je reconnais assez vite ce désir et cette volonté de comprendre la nature des choses au travers l’expérience qu’on en fait, comme un leitmotiv à s’engager dans des paris risqués au regard des méandres et des pièges de l’aventure new age. Je me dis que l’on ne comprend jamais totalement une expérience significative que lorsqu’on l’a vécue tant dans l’engagement que dans le désengagement. Comme quoi voir les choses de l’intérieur ne suffit pas et qu’il faille aller jusqu’au bout de l’expérience en les voyant de l’extérieur. Ce qui évoque pour moi que connaître un phénomène ne se résume pas seulement à décrire ce qu’il est par le récit factuel, mais également à découvrir ce qu’il n’est pas. L’intégration selon moi n’est possible qu’au-delà de ce double regard, pas facile à mettre en pratique je sais, mai combien ultra nécessaire.

    Par ailleurs, dans le récit de Grégoire Perra, il y a cette recherche du fond qui m’apparaît un peu comme une question : Par quelles failles se laisse-t-on prendre au jeu des illusions ? Ce qui me renvoie à une autre question plus essentielle selon moi : Que n’arrive-t-on pas, ou si difficilement, à questionner à propos de notre façon d’aborder les faits de l’existence ? On parle de tromperie, consciente ou pas, de subterfuges de l’esprit, de bondieuseries, d’idées et de concepts irréfutables etc. pour en arriver éventuellement à comprendre au final la stupidité de l’omission de s’être posé la bonne question au moment opportun et d’y avoir répondu honnêtement. Je dirais que c’est le point commun de toutes mes bêtises. On cherche toujours à plus ou moins s’auto-justifier pour ne pas tout perdre; son honneur, sa dignité, sa raison d’être, son sens à la vie.

    Je réalisais du coup qu’on a des choses à se prouver, qu’on ne peut pas se contenter de vivre sa vie comme elle vient et de s’en satisfaire, que ce soit agréable ou désagréable peu importe. De ces preuves que l’on doive produire se dessine un jeu d’influence qui va nous pourrir l’existence jusqu’à ce qu’on l’abandonne, mais ça ne se limite pas qu’à soi-même, car s’imposer un défi et le relever avec brio ne suffit pas à convaincre, ça ne résout pas le dilemme qu’on s’est soi-même créé, car il est insoluble et c’est ce qui pousse à prendre les autres à témoin de notre exploit pour forcer la reconnaissance qui revêt ici l’illusion de la preuve ultime. Ce n’est que du vent, mais ça donne un sens à notre existence, même au prix des métastases sociales que va engendrer le foyer principal du malaise d’origine qu’on n’a pas su gérer autrement.

    Quand quelqu’un me donne raison, cela me rassure, oblitérant du coup que je suis l’unique artisan de mon inquiétude. On s’accorde beaucoup plus d’importance qu’on en a réellement sans trop se rendre compte des effets déformants et amplificateurs de cette tare singulière, mais normalisée du fait qu’elle soit plutôt commune. Je prenais conscience qu’énormément de questions peuvent légitimement se poser, mais que très peu en valent vraiment la peine et essentiellement celles qui ne sont pas dirigées vers soi-même. Aborder sérieusement l’existence n’implique pourtant pas l’injonction que l’on doive se prendre au sérieux, que l’expérience soit un drame ou un simple jeu ne m’empêche pas d’en apprendre les règles et d’en comprendre les buts, que je gagne ou que je perdre m’enrichit d’une façon ou d’une autre et ne m’a jamais privé du droit de choisir de batailler ou de simplement m’amuser. Ce qui est étonnant au bout du voyage, c’est de réaliser qu’une simple interprétation de départ à propos d’un fait va engendrer des réactions en cascade qui peuvent mener à des résultats dévastateurs dont l’ampleur nous dépasse largement; en quelque sorte l’effet papillon, cela s’applique aussi au monde des pensées.

    J’ai vécu trois divorces avant de prendre conscience que ma vision de la relation de couple n’avait pas changée d’un iota. Voilà, c’était peut-être bon pour les autres, mais pour moi ça ne fonctionnait visiblement pas. J’en ai exploré d’autres et j’ai étendu cela à d’autres sphères de mon existence, heureusement une façon de voir ça se change à volonté pour peu qu’on use de son imagination et qu’on ait un peu d’audace pour expérimenter en réel. Quand je sens que quelque chose ne va pas, j’ai appris de plus en plus à ne pas l’ignorer et à prendre du recul pour ainsi soit y renoncer ou soit l’aborder autrement. Il y a tellement plus à apprendre par soi-même qu’au travers le regard des autres qui ont tout de même l’heur de m’inspirer parfois, mais l’apprentissage c’est moi qui doive le faire et la compréhension qui en résulte est le bonus de l’expérience que j’ai moi-même mené à son terme. Par exemple, j’ai encore mieux compris la signification de l’honnêteté lorsque j’ai réalisé que quoi que je fasse ou que je sache, je pouvais toujours faire mieux et que la probabilité de le vérifier ne dépendait que si j’en avais le goût et que j’en ressentais l’élan.

    Voilà, pour terminer je tiens à souligner la pertinence de cette plateforme Méta de choc dans le fouillis des idées qui s’entrechoquent dans ce monde en effervescence. J’apprécie d’autant plus que les récits de parcours d’expériences des personnes invitées à se raconter pose les bases essentielles des leçons et des philosophies que l’on puisse en tirer. Car les philosophies à elles seules ne sont pas exemptes des idéologies qui en forment souvent le socle et qu’il vaille mieux savoir ce qui se pense au moment où les choses se vivent plutôt que ce qu’il faille idéalement en penser. Je trouve tellement plus palpitant et enrichissant d’écouter entre les mots ce qu’une personne est en train d’apprendre à travers les embûches et les errances de son parcours personnel, tout est là au moment où dans notre tête des liens se créent et que des redirections s’opèrent dans nos pensées.

  25. Merci infiniment pour ces entretiens exceptionnels. J’ai apprécié votre posture bienveillante et très professionnelle. Un sujet tellement large qui ouvre sur des réflexions multiples. Je ne partage pas tous les points de vue de votre intervenant mais c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai suivi ces 6h d’entretiens. Je vais poursuivre l’exploration de vos podcasts. Bonne continuation

  26. Récit tout simplement excellent, de par la richesse du vécu de Grégoire Perra, tous les détails qui sont énoncés minutieusement et en simplicité. La façon dont vous l’interrogez, et l’écoutez, est très appréciable. Les échanges sont clairs, posés. J’ai pris un plaisir très grand à écouter ces 6 heures de temoignages (difficile de decrocher une fois qu’on commence…), et j’ai appris beaucoup de choses. Je me sens chanceuse de savoir maintenant tout ce que j’ai appris à propos de l’anthroposophie (mot que j’ai découvert que très récemment, grâce à la personne qui m’a indiqué votre podcast). Je vous en suis très reconnaissante. Merci pour cet interview de grande qualité et aussi pour les ressources documentaires indiquées à la fin de l’article . (le site est aussi très bien présenté, très facile d’approche)

  27. Lors des entretiens, GP parle du respect impératif des 112 pages de la revue anthroposophique sans qu’on sache pourquoi ils y tenaient tant.
    Je pense que c’est simple : 112 est un multiple de 7. Et comme il l’a dit, tout est un multiple de 7 dans la doctrine de Steiner.
    PS : j’ai découvert récemment l’existence de la « coiffure énergétique », consistant à couper les cheveux avec une lame de 7 cm. Je me demande quelle est la consigne à respecter dans les pays où on mesure en pouces.

    1. C’est possible, mais ce n’est pas certain. On ne peut jamais trop être sûr des raisons des lubies qui passent par la tête de certains anthroposophes.

  28. Merci Grégoire Perra et merci à vous pour ce témoignage ! J’ai vécu du harcèlement physique et psychique comme élève à l’école Steiner et cette explication me permet de comprendre beaucoup mieux ce qui s’est passé. Merci !

    1. Bonsoir Youri,

      Je suis désolé de ce qui vous est arrivé. J’espère que le fait de pouvoir comprendre que Le harcèlement est systémique dans ces écoles vous aidera.
      Je vous invite, même si cela faut longtemps, à saisir la Miviludes via leur formulaire de contact pour leur raconter ce qui vous est arrivé.

      Cordialement,
      Grégoire Perra

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.