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Aaah, la méditation…

Par Élisabeth Feytit
Tout le monde vous le dira : la méditation peut aider à calmer l'esprit. Et le corps. Ou pas. Du tout.

Tout le monde vous le dira : la méditation peut aider à calmer l’esprit. Et le corps. Ou pas. Du tout.

Ce que la méditation permet surtout c’est de nous confronter à nos pensées, à notre bavardage intérieur, à nos obsessions, à nos compulsifs camouflages mentaux, à nos réponses automatiques. Rapidement, elle nous fait réaliser notre très grande tendance à fuir la réalité ; les faits comme les pensées.

Oui, la méditation est un outil formidable pour aborder en conscience ce que nous avons dans la tête et aussi ce que notre corps exprime au travers de douleurs cycliques ou permanentes. En cultivant une attention soutenue à ce qui se présente, de manière systématique et chirurgicale, nous pouvons discerner et disséquer chaque mouvement mental, chaque répétition, chaque réflexe de fuite.

Mais mais mais, la méditation ne nous permet pas, et je dirais même ne nous autorise pas à réfléchir notre petit (grand) manège mental. Car la technique, toutes écoles confondues, nous demande très expressément de mettre de côté chacune de nos pensées ou sensations, dès qu’elle est identifiée… jusqu’à ce que la suivante prenne le relais.

En conséquence, une fois que nous avons aiguisé notre capacité d’attention – et si tant est que nous soyons intéressé•es par notre santé psychologique et par l’intelligence qui peut en émerger – il est important que l’analyse prenne le relais de la méditation/observation.

Sinon, comment comprendre ce qui se passe dans notre esprit ? Comment ne pas perpétuer sans fin et à notre corps défendant toutes ces pensées parasites et majoritairement insensées ? Précisons ici que certaines peuvent être très très (très) étranges, dérangeantes, voire même effrayantes…

De nombreux méditants, en réalisant la qualité de leurs pensées choisissent de méditer de manière soutenue, jusqu’à plusieurs heures par jour, afin d’évacuer ces circonvolutions problématiques (mais se rendent bien vite compte qu’elles reviennent toujours). Ou bien, ils sautent à pieds joints dans la pensée magique, l’adhésion à des croyances spirituelles pleines de vérités éthérées, voire se raccrochent à l’autorité rassurante d’un leader charismatique.

Voilà l’histoire. Voilà comment la méditation peut mener à des souffrances plus importantes que celles qu’elle était supposée « soigner » ; à un profond manque de compréhension, à de lourds malentendus, à des échappatoires farfelues… et même à des désordres mentaux.

La méditation est un outil puissant qui peut réellement affiner notre capacité d’attention et ainsi constituer un terreau favorable à une pensée de qualité. Ce n’est pas une voie magique vers la transcendance de notre corps ou de notre esprit, dans une dimension rêvée.

Dans le plus grand intérêt de notre santé mentale, gardons bien ça en tête.

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Commentaires

  1. La méditation va à l’encontre de nos malades (schizophrénie positive ou psychose hallucinatoire) car elle réactive les perceptions dont celles de nos mystiques qui se croient connectés avec l’au-delà.
    Ce que j’ai compris, en méditation (*), en prières, le cerveau délivre sa sérotonine bienfaisante et pour ceux qui sont en état limite cela va jusqu’à les faire renouer avec leurs perceptions hallucinatoires.
    (*) La relaxation est préférable à la méditation dont leurs « gourous » clament l’efficacité de bien-être est donc à déconseiller telle un faux-ami. 
    => http://schizo-non.e-monsite.com/blog/sortir-de-ses-perceptions.html

    1. Effectivement, la méditation est contre-indiquée pour certains malades psychiatriques, notamment parce qu’elle les met brutalement face aux méandres de leurs propres pensées, ce qui peut faire empirer leur état. Elle est cependant utilisée de manière clinique contre les troubles de l’anxiété ou de syndromes post-traumatique.

      Pour les personnes non-atteintes de troubles psychiques, il y a tout de même un vrai paradoxe à cette pratique de la méditation. D’un côté, il s’agit d’une technique qui gagne a être accompagnée par une personne qui saura guider le méditant lorsqu’il fait l’expérience d’états inexpliqués, et de l’autre, la méditation mets le méditant dans un état de vulnérabilité (car face à l’inconnu, voire à l’inoui) qui laisse grande ouverte la porte au premier maître / guide / abuseur qui passe.

  2. Bonjour, je n’arrive pas à comprendre comment vous pouvez si facilement tirer des conclusions sur ce qu’est ou n’est pas la méditation. Il s’agit d’une pratique évolutive qui, en nous faisant passer par des états de consciences différents, inimaginables tant qu’on ne les a pas vécus, nous transforme petit à petit. Certaines personnes, si elles sont trop instables ou abordent cette pratique dans une optique consommatrice, superficielle ou en quête de quelque chose de particulier, risquent effectivement de se perdre dans les projections qu’elles peuvent lui appliquer. C’est d’ailleurs l’écueil principal qu’on observe souvent chez les occidentaux de manière générale, puisque leur culture et leur appréhension du monde est malheureusement très conditionnée par la quête de ce quelque chose tout de suite et maintenant. Mais la méditation telle qu’elle est de plus en plus pratiquée, n’a pas ses racines en occident mais en orient. La pratique occidentale concerne des novices et correspond généralement à un dérivé édulcoré, débarrassé de ce qui est gênant idéologiquement pour un occidental, qui se sert un peu dans le supermarché de la spiritualité orientale comme bon lui semble, sans respecter les différentes dimensions d’une pratique qui s’est affinée, perfectionnée sur de nombreuses générations au cours de plusieurs siècles, voir millénaires. Il peut alors facilement s’y perdre et quelque part c’est logique. Donc faire une critique sur les risques et tendances perverses de la pratique par les novices occidentaux de la méditation, je comprends. Mais dire ce qu’est ou n’est pas la méditation, sans s’intéresser à ses racines et à ses plus beaux fruits, qui sont majoritairement orientaux, je ne comprends pas. 
    La grosse difficulté avec la méditation pour nous occidentaux, c’est que ce n’est pas une idéologie qu’on peut expliquer dans un livre, analyser puis critiquer, c’est une pratique, certes simple mais difficile qui nécessite du temps, de la patience, et de la persévérance. Si les changements ne s’effectuent pas, c’est toujours plus facile d’appliquer son analyse et sa critique sur l’outil plutôt que sur sa façon d’utiliser l’outil. Pourtant dans ce cas, tout dépend de sa manière d’utiliser l’outil. Par exemple, une technique de base de la méditation consiste à fermer les yeux, se concentrer sur sa respiration et non pas évacuer les pensées, et les émotions mais les accepter et petit à petit les voir de plus en plus précisément pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des phénomènes impermanents qui se renouvellent sans cesse et pour lesquels on peut petit à petit faire le choix de s’y identifier ou pas. La méditation permet donc, non pas de fuir une colère, mais au contraire de l’accepter, mais nous donne le choix de la vivre ou de la laisser passer. Si la pratique est maintenue et affinée, petit à petit les colères n’étant pas alimentées, elles se font de plus en plus rares et on se transforme. Toute cette évolution n’est pas qu’intellectuelle, elle est émotionnelle, corporelle et revêt de multiples dimensions qui implique le méditant dans un tout qui est bien plus concret et vivant que le rapport fait/analyse. C’est donc à ce moment là que les mots manquent, que la pratique dépasse la théorie, et que la compréhension de soi dépasse l’analyse. De plus en plus de publications scientifiques utilisent une méthodologie qualitative dite phénoménologique, pour mieux analyser et comprendre ces phénomènes, sans aprioris sur le but final annoncé de la méditation qui remonte à Bouddha, qui est une transformation de sa manière d’appréhender ses pensées et se actions jusqu’à une compréhension la plus affinée de sa réalité que les orientaux appellent généralement l’éveil. Malgré tout cela c’est tentant pour un méditant, en fonction de la charge d’efforts qu’il est capable d’assumer et du niveau de transformation qu’il a atteint de s’en tenir à une vision de la méditation qui correspond à sa pratique, et de la restreindre à cette vision. Mais c’est juste sa pratique et sa réalité, il ne peut pas les appliquer aux autres, ce ne serait pas honnête.
    Désolé pour le pavé.

  3. je vous trouve un peu sévère vis a vis de la méditation c’est un outil comme un autre, tout dépend de ce que l’on en fait, comment on s’en sert. il existe 2 grands type de méditations, samatha/vipassana que vous avez évoquée. La première est effectivement une observation/concentration destinée a calmer l’esprit et a pouvoir aborder la seconde. Vipassana consiste a voir « les choses telles qu’elles sont ». Ca signifie entre autre, observer ses pensées, ses états d’esprit, et ses propres mécanismes de pensées, croyances, habitudes, émotions …etc. Et a mon sens, cela rejoint tout a fait le mouvement de pensée critique que vous défendez. Et si cette observation intérieure se fait dans un premier temps de façon formelle sur un coussin, elle doit bien sur être exportée dans la vie de tous les jours dans la relation aux autres, mais toujours dans le but de lieux se connaitre soi même.

  4. Ca me laisse un peu choqué de voir que pour vous la méditation ne s’occupe pas d’analyse et que ceci est le plus important. mais l’analyse se fait tout le temps par le mental et la méditation  a pour but de trouver l’état du Soi ou du témoin qui est la conscience immuable « derrriere » le mental . Donc ça n’a rien à voir au contraire en état de méditation , l’analyse est impossible . merci quand même ça ouvre une discussion et je ne suis pas spécialiste juste pratiquant

  5. Bonjour. Vous faites bien de relativiser les bienfaits de la méditation. Il ne s’agit certes pas de les nier mais la mode du mindfulness, portée par le courant plus global du NewAge, tend à ne considérer la méditation que comme un outil ayant sa fin en soi. Or la méditation de type bouddhiste est inscrite dans un contexte de pensée, une exégese qui justement ne cesse de mettre en garde contre un pratique réifiée de la méditation. L’établissement de l’attention (sattipathana) qui permet la contemplation doit traditionnellement avancer de paire avec l’étude, le développement de l’esprit critique. « Qui entre stupide en samadhi en sort plus stupide encore ».  

    1. Bonjour Gilles,
      merci de votre intérêt.
      Si le bouddhisme met en avant l’esprit critique, il n’en reste pas moins un mouvement extrêmement hiérarchique, misogyne et dogmatique. Je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure référence en la matière.

      1. Bonjour
        Je ne suis ni pour ni contre le bouddhisme. Je fais simplement référence aux textes de tradition bouddhique qui parlent du même sujet que vous, à savoir la complémentarité de l’esprit critique et de la contemplation.
        Par ailleurs, quand vous vous dites que « le bouddhisme est un mouvement… », de quel bouddhisme parlez-vous ? Car entre les moines de la forêt Theravadin en Thailande, le chan laïque chinois, le vajrayana gelugpa au tibet et son clergé théocratique, le sot zen monastique japonais… il y a aussi peu à voir qu’entre les quakers, le clergé séculier des catholiques, le monachisme érémitique des Chartreux et les moines du déserts. 
        De plus, comme pour beaucoup de courants religieux, et peut-être encore plus pour le bouddhisme, il faut distinguer sa dimension socio-politique et sa dimension philosophique. Rejeter la seconde au motif de la première, c’est un peu jeter le bébé avec l’eau du bain. Il serait dommage par exemple de  refuser de lire Saint Augustin ou les poèmes de Rumi parce qu’ils se rattachent à des monothéismes hiérarchiques, misogynes et dogmatiques. Le féminisme est une conquête récente et 99% des mouvements de pensée anciens comportent une dimension de dévalorisation et/ou de contrôle des femmes (et ce même si certains peuvent glorifier le féminin). 
        C’est justement un trait structurel du NewAge, que je crois vous vous attachez à déconstruire, que de prendre un seul élément, de le détacher de tout un contexte philosophique et sociologique pour le réifier ou le dénoncer. « LA » méditation, ça n’existe pas. Il y a des méditations bouddhiques, daoistes, bhramaniques… C’est justement un produit du NewAge que de présenter la méditation comme un outil hors-sol. 

      2. Merci pour ces précisions. Il peut certes être intéressant de faire référence à l’Histoire et à la philosophie pour contextualiser une pratique, mais dans ce cas, il serait bon de préciser que vous parlez bien de philosophie parce que beaucoup de croyants du bouddhisme en Europe éludent la part fortement dogmatique et enfermante de cette religion, sous couvert de ce qu’ils présentent comme une philosophie bienveillante et universelle. Je trouve ça problématique. Par ailleurs, vous employez le mot “exégèse“ qui est le plus souvent utilisé dans le sens d’une analyse d’un texte sacré. Ma critique s’exprimait donc à l’encontre de la pratique du bouddhisme religieux aujourd’hui.

        Si l’on s’en tient à l’Histoire de cette pensée, il est effectivement intéressant de voir que la mise en garde contre les travers de la méditation comme seul outil de “progression“ est présente depuis fort longtemps. Cependant, et même s’il faut bien entendu éviter les jugements anachroniques sur une pensée très ancienne, cette mise en garde est à mettre en regard avec le but affiché de cette philosophie : développer une “conscience sans ego“ ou éveil. Ce qui demande de fortement relativiser cette mise en garde puisqu’elle sert des prémisses bien éloignées de la réflexion que je propose de mener ici. De la même manière que je ne m’appuierais pas ici sur Saint Augustin pour étayer un propos sur la justice, par exemple.

      3. Bonjour
        Votre critique à l’égard du bouddhisme religieux est tout à fait justifiée. Effectivement je ne parlais pas de cet aspect des choses qui intéresse plus la sociologie. Je me plaçais au plan philologique et philosophique de la pensée bouddhique qui s’est, elle, souvent émancipée du bouddhisme religieux. On trouve même des textes dans le cadre du bouddhisme chan qui critique cet aspect, le considérant comme un bouddhisme dégradé. Il est vrai que ces deux aspects du bouddhisme, philosophique et religieux, se son souvent entremêlés. D’où l’importance de connaitre un ces textes pour se former une opinion nuancée de cette réalité complexe que sont les différentes formes du bouddhisme, ainsi que le statut accordé à la contemplation (terme que je préfère en français pour traduire le sanskrit Dhyana). 
        Quant à l’affirmation que le bouddhisme vise à développer « une conscience sans ego », il faudrait bien des développements pour préciser cet aspect qui est bien plus complexe qu’il n’y parait. Ce raccourci de « conscience sans ego » est d’ailleurs caractéristique des récupérations newage du bouddhisme, principalement issues du mindfulness et de l’oeuvre d’instrumentalisation de la méditation vipassana dans un cadre symptomatique et capitaliste. 
        Quoiqu’il en soit, malgré parfois des prises de positions que je trouve un peu tranchées, je trouve votre entreprise fort intéressante et, hélas, bien nécessaire. 
        Bien à vous

  6. Votre chaine est fabuleuse…Un vrai régal
    Je me permets un bémol sur cet article…j’y trouve une généralité hâtive.
    Non TOUTES les méditations ne prônent pas la mise à l’écart des pensées.
    Elle ne sont pas nombreuses à ma connaissance mais le dzogchen en fait partie….
    Cette approche tend justement à découvrir la nature même de la pensée en la laissant être…j’en fais là une description raccourcie et grossière mais disons que cela ressemble plus à de la méta-méditation 😉
    Merci encore pour votre travail!

    1. Merci de votre intérêt Clovis.
      Le Dzogchen est effectivement un ensemble d’enseignements du bouddhisme tibétain qui incite à la réflexion, mais telle que décrite, la technique de méditation qu’il propose ne permet pas de raisonnement puisque le méditant est supposé se maintenir “hors de l’illusion“ et dans la “non-dualité“ :“Dans l’état synchronisé à rigpa, on contemple les phénomènes sans s’y attacher, les rejeter, ou se projeter en eux. Ainsi, on demeure stable, hors de l’illusion et de la saisie, dans la non-dualité.“

      1. Bonjour et merci pour votre réponse!
        Je réponds ici car je n’ai pas (trouvé?) la fonction « répondre » à une réponse…
        Votre érudition n’a de cesse de me surprendre!
        Car on ne peut pas dire que le Dzogchen soit très connu 🙂
        Je ne voulais m’étendre en explications « techniques » sur le sujet mais vous en fait une description sommaire tout à fait juste et claire.
        Étant moi-même pratiquant (un peu dilettante) depuis une vingtaine d’année, je me permets de ne pas vous rejoindre entièrement.
        tout ce que vous dites est juste. En ranche, le raisonnement n’est absolument pas incompatible avec l’état de rigpa. En effet, celui-ci étant supposé être l’expérience de la nature même de l’esprit, il ne saurait être séparé de ses manifestations (dont la pensée et le raisonnement mais aussi les actions etc). Cela reviendrait à vouloir séparer la mer et les vagues.
        Mais il est certain que cela requiert une certaine expérience de la pratique!
        Et qu’avant d’en être capable, la stabilité de l’esprit est une étape incontournable.
        Par ailleurs, je constate dans mon expérience personnelle que, même sans atteindre ce point de réunification, la simple pratique de stabilité mentale a des répercussion plutôt positive sur l’esprit conceptuel et le raisonnement…
        Mais tout ça est très personnel! Le premier enseignement que j’aie reçu du maitre que j’ai suivi était « la pratique la plus élevée, c’est celle qui marche pour vous »
        Et je crois que c’est cela qui compte vraiment…savoir être à l’écoute de ce qui nous convient vraiment…tout un programme 🙂

      2. Je ne suis pas érudite, je me documente.

        Le concept de “non-dualité“ est un dogme, un idéal fondé sur la croyance. Il ne permet en rien le raisonnement (comme toutes obéissance à un dogme, d’ailleurs). Comment raisonner sans comparaison, sans jugement ? L’espoir de la non-dualité passe par l’acceptation pleine et entière, et non par la critique.

        (pour répondre, il faut vous répondre à vous-même)

  7. Bonjour,
    Je comprends vos précautions, puisque la méditation est abordée de nos jours et dans nos contrées comme une panacée du bien-être, anti-dote de notre pire ennemi (que serait mental), vendue à prix d’or et validée par les neuro-sciences.
    Nous avons ici tous les ingrédients qui mettent en émoi les sceptiques et leurs/nos indicateurs de supercheries.

    L’entraînement (gratuit, ce qui n’ôte rien à sa qualité, au contraire) a l’état méditatif que j’ai reçu précise deux points :
    – si vous êtes malades, passez votre chemin et allez d’abord prendre soin de vous, ceci n’est pas une médecine ;
    – meme de Bouddha, remettez en cause les enseignements.
    Il y est établi que la méditation comporte trois phases : la pratique (le cul sur le coussin), l’étude et la réflexion.

    C’est ce qui m’a fait poursuivre pour arriver à me réconcilier avec le rationalisme occidental (qui déteint jusque dans sa conception psychologique et psychanalytique), trop arrogant avec son culte de l’ego.

    Merci de vos podcasts que j’écoute attentivement, et de vos billets que je découvre.

    Longue vie à vos projets !

    1. Merci de votre intérêt Christelle.
      Les “enseignements“ de Bouddha ont été rapportés plusieurs centaines d’années après son existence présumée. Je pense qu’on peut être raisonnablement dubitatif à leur sujet.

  8. La « méditation »  – se plonger dans notre imagination –  peut nous permettre d’expérimenter des situations, des comportements, en les futurisant dans notre imaginaire, sans prise de risques avec le réel. De cette expérience vécue dans notre imagination, nous pouvons en tirer une réflexion.

  9. Bonjour,
    j’apprécie beaucoup vos podcats qui donnent matière à réflexion et permettent de poser des mots sur nos ressentis.
    Je suis totalement d’accord avec vous sur le fait que nous avons toujours besoin de trier ce qui remonte de nos pensées ou de notre inconscient par l’analyse et même le dialogue, le partage avec d’autres. Les autres aussi peuvent être précieux pour nous aider à (re)mettre les choses en perspectives.
    Cependant, il y a une aspect de la méditation qui me paraît essentiel et que vous ne soulevez pas ici : en évacuant le mental, la méditation permet de prendre de la hauteur par rapport à nos pensées et de saisir la carte globale de celles-ci, et même plus : de prendre de la hauteur par rapport à notre parcours de vie et d’établir des liens qu’une auto-analyse strictement mentale ne verrait pas. C’est un peu comme le syndrôme du « nez dans le guidon » que connaissent les gens qui restent trop longtemps concentrés sur le même problème et qui finalement tournent en rond, par opposition à celui qui va se détacher de son sujet, aller se balader, pour prendre du recul par rapport à son problème et revenir ensuite sur celui-ci en adoptant un point de vue totalement neuf sur la question traitée, pour finalement trouver une solution originale à laquelle il n’avait jamais pensé auparavant. Le mental correspond au « nez dans le guidon » tandis que la méditation correspond à la prise de recul, au détachement salutaire permettant de trouver de nouvelles solutions pour aller mieux dans notre vie.

    1. Bonjour John,
      vous avez raison, la méditation permet une prise de recul par rapport au quotidien et c’est un de ses avantages majeurs !

  10. N’est il pas important d’essayer de comprendre  »pourquoi la méditation ça marche » ? Pourquoi sommes nous capables de gagner en qualité de vie grâce à cette technique (je n’aborde pas ici la question des dérives dogmatiques ou non, celà me paraît être un autre sujet. Ce qui m’intéresse ici, c’est la neuro physiologie de la méditation. Il me semble que ce qui se produit lors d’une méditation , c’est de la sécrétion d’endorphine, hormone du bien être (ou du bonheur?). En soi, c’est positif. Le même résultat peut être obtenu par le sport, …ou la prière…. Très rapidement, il est possible ensuite de ressentir un  »manque » si on ne pratique pas. D’où les possibilités de dériver vers des pratiques sectaires, et une dépendance associée. Le cerveau attend son  »shoot » d’endorphine. Il faut en prendre conscience pour éviter les dérives.

    1. Bonjour Anne,
      oui, je pense qu’il est tout à fait intéressant de s’intéresser aux effets de la méditation. Je ne crois pas exprimer le contraire dans ce billet.

  11. Bonsoir,
    Titre :
    Tout le monde vous le dira : la méditation peut aider à calmer l’esprit. Et le corps. Ou pas. Du tout.

    Fin
    La méditation est un outil puissant qui peut réellement affiner notre capacité d’attention et ainsi constituer un terreau favorable à une pensée de qualité.

    je trouve cela un peu opposé non ?
    Sinon, je me demandais si vous aviez lu les travaux des STeven Laureys, Neuo Psychiatre belge qui a travaillé entre autre avec Luc MAthieu.
    Merci 🙂

    1. Bonjour Luc Mathieu,
      pas de contradiction entre une phrase (des phrases) communément véhiculées et l’affirmation que je fais en fin d’article. Beaucoup de choses se disent sur la méditation ; tout et son contraire. Je trouve ça intéressant de le pointer pour commencer. Par ailleurs, je ne connais pas les auteurs que vous citez.
      Merci de votre intérêt.

  12. Bonjour,

    Je pense que pour rendre pertinente votre démonstration, vous devriez y inclure des exemples. Des exemples de dérives, que ce soit de type sectaire ou des dérives de pratiques personnelles qui finalement amènent la personne à encore plus de souffrance. Bien que cela puisse être également temporaire et faire partie du chemin, de son chemin.

    Il existe des pratiques méditatives, dénuées de croyances et d’idéologie, qui ne poussent pas la personne à évacuer les pensées et les émotions. Je pense notamment à la pratique de méditation norvégienne ACEM.

    Bien à vous

    1. Les billets proposés ici ne sont pas des démonstrations, mais des textes ayant pour but d’inciter à l’auto-analyse.
      Par ailleurs, je ne connais pas la technique que vous citez, mais je n’ai pas dit que les méditations laïques n’existent pas.

  13. Bonjour, je ne comprends pas la transition suivante dans le raisonnement :
    « il est important que l’analyse prenne le relais de la méditation/observation. Sinon, comment comprendre ce qui se passe dans notre esprit ? ».
    Il me semble que vous supposez que l’on doive, ou qu’il est préférable (ou autre, sauf incompréhension de ma part il n’est pas dit de raison dans votre billet) recourir au raisonnement analytique à un moment donné, et sortir donc de l’état méditatif.
    Or justement, et vous l’évoquez, la méditation amène une prise de recul sur nos pensées. Toutes nos pensées. Les émotions, les réactions, les trucs bizarres, les parts d’ombre que l’on se cache etc. En pratiquant, on arrive alors à cet sorte de piédestal depuis lequel on peut observer ce brouhaha, sans s’y identifier. Tout cela apparaît comme des phénomènes mentaux s’élevant au sein de l’esprit, l’esprit étant dans mon propos ‘ce qui perçoit’ (en anglais ça serait le mot ‘mind’, mais on n’a pas de mot équivalent en français). Le méditant devient alors comme un nageur à la surface de l’eau qui fait la planche. Sous lui, la houle (mouvement de l’eau dans cette métaphore) l’agite. Certaines vagues peuvent être agréables, d’autres désagréables, peu importe. Mais si on parvient à demeurer stable malgré ce mouvement, à venir en quelque sorte s’y déposer, sans s’y identifier, sans avoir d’attente, alors lorsqu’une pensée que vous qualifiez de « parasite » s’élève au sein de l’esprit, le méditant en prend conscience, ne s’identifie pas à cette pensée, et elle finit par repartir. D’ailleurs c’est parfois amusant et déroutant d’observer ce phénomène se produire : en méditation on se met comme à « chercher » notre pensée parasite, à la faire revivre, mais on n’y arrive pas. Elle est partie. Je m’en amuse souvent !

    Reviendra-t-elle ? Oui, sûrement (mais réfléchir dessus pendant 15 ans d’analyse avec un psy ne la fera pas plus disparaître). Par contre, elle ne nous affectera pas autant. De moins en moins. Et malgré la pensée parasite, nous pourrons alors préserver notre paix intérieure. Ce qu’on comprend, en pratiquant, c’est combien on se fait doucement berner par notre propre esprit au quotidien en se laissant déstabiliser par toutes ces pensées ‘parasites’. On le comprend non parce qu’on réfléchit dessus (bien que cela puisse aider), mais parce qu’on se voit soi-même réagir au contenu des pensées.

    Finalement, c’est comme si en pratiquant la méditation on devenait capable, lorsqu’une pensée apparaît, de choisir si on souhaite la suivre ou pas. Si on ne souhaite pas la suivre, on ne la suit pas, et elle s’en va. On devient libre par rapport à elle, qu’elle soit là ou pas, nous demeurons en paix. Et nul besoin de réfléchir et d’analyser d’où elle vient, puisque de toute façon elle ne restera pas. Aussi à votre question « comment comprendre ce qui se passe dans notre esprit ? », je répondrais : « pourquoi comprendre ce qui se passe dans notre esprit ? ».

    1. Merci de votre lecture attentive, Thomas.
      Si la méditation nous permet de faire un pas de côté, de prendre de la hauteur par rapport à nos pensées et réactions, et donc possiblement de gagner en quiétude, je ne pense pas qu’elle suffise à résoudre nos dysfonctionnements personnels, en particulier ceux qui nous font souffrir. Si la méditation peut en quelque sorte “dissoudre“ certaines préoccupations, je ne pense pas qu’elle puisse résoudre la souffrance humaine, comme certain•es l’avancent. Certaines pratiquant•es se mettent d’ailleurs à méditer énormément pour retrouver un état de quiétude qu’elles n’arrivent pas à maintenir dans la vie courante.

      Quand je dis qu’il est important que l’analyse prenne le relais, c’est en lien avec cette persistance de nos souffrances, dans le but de prendre en considération leurs origines (biologiques, éducationnelles, sociales, etc.) pour les comprendre et possiblement les dépasser.
      Pour prendre un exemple, une personne dépendante à l’alcool ne sortira sans doute pas de son addiction par la seule méditation (même si certain•es peuvent y trouver un intérêt), mais par une prise en charge médicale (aspects physiologiques de l’addiction) et par une compréhension de ce qui l’a attirée et maintenue dans cette addiction (aspects psychologiques).
      Nos pensées et comportements sont liés à des conditionnements et je trouve important de les interroger, d’où la démarche de Méta de Choc. Mais ce n’est pas une obligation non plus !

      1. Bonjour Elisabeth, merci pour ta réponse. En fait, je te rejoins beaucoup sur l’importance de la pensée critique associée à la pratique de la méditation, bien que mon 1er commentaire ait pu semblé surtout dans la contradiction. Pratiquer correctement exige un certain esprit de rigueur, j’irai jusqu’à dire scientifique (déformation professionnelle, le terme ‘scientifiqe’ devant ici être discuté). D’ailleurs le comportement du méditant que tu pointes (qui médite de plus en plus pour avoir de la quiétude), je pense qu’il s’agit d’un piège qui attend tous les pratiquants. Je suis tombé dedans la tête la première, et je me surprends à y retomber régulièrement !

        Je pense que cela vient que notre société en général est encore très immature sur la compréhension de ce qu’est la méditation, et ce qu’elle n’est pas. Si je médite chaque jour toujours plus pour revivre un état de parfaite quiétude, je commets une erreur. Je me suis attaché à l’état de quiétude, je le désire, je le veux, et se faisant, ironiquement, je m’empêche de le revivre. Alors viennent la frustration et les dangers que tu évoques. Ici, on confond le calme et la paix. L’état de calme se manifeste parfois à l’esprit, parfois non. Mais être en paix signifie que dans les deux cas, on ne se laisse pas affecter ni on ne s’attache à ce que qu’on pourrait appeler des « manifestations de l’esprit ». C’est un conseil que j’ai lu et qui m’a beaucoup aidé dans ma pratique : si dans la pratique le calme se manifeste, pas d’attachement au calme. Si dans la pratique beaucoup de pensées se produisent, pas de peur de ce mouvement. Ne pas faire de différence entre le calme et l’activité de l’esprit. Parvenir à ce  »positionnement de l’attention », et s’y stabiliser, demande de l’entraînement, de l’habileté et de la patience. Mais ça résout bien des maux. Jusqu’à quel point ? Il semble qu’ici nos points de vue divergent. Mais comme le dit cette citation associée à Gandhi : « Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort ». 🙂

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