#12

Les hommes, les femmes, Mars et Vénus

Avec Odile Fillod, chercheuse en études sociales des sciences

La testostérone rendrait les hommes plus agressifs et sexuellement plus actifs, l’ocytocine rendrait les femmes douces et empathiques, les filles par nature plus coquettes et moins bonnes en maths, les garçons plus capables d’abstraction. Les femmes auraient une meilleure mémoire, les hommes de meilleures capacités motrices et spatiales. Les garçons seraient prédisposés à jouer avec des camions et les filles avec des poupées.

De quoi parle tout ça, sinon de notre identité, de la projection que nous faisons de ce qui nous constitue en tant qu’humains, en tant qu’hommes et femmes ?

Pour faire un état des lieux des connaissances sur ce sujet hautement sensible, j’ai rencontré Odile Fillod, chercheuse et critique de la vulgarisation des questions de genre dans les médias.

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Épisode #12.161mn
Keep calm et on pose les bases

Odile Fillod nous expose ses motivations et sa méthode de recherche. Mais est-il vraiment possible de démêler l’inné de l’acquis concernant les différences psychologiques entre hommes et femmes ?

Timecodes Épisode #12.1

00:02:31Les motivations d’Odile Fillod.
00:19:59La démarche d’Odile Fillod : retourner à la source ultime, contacter les chercheurs. La théorie du genre. L’étude des médias de vulgarisation. Les différents champs de recherche en lien avec le genre.
00:40:09Peut-on dissocier l’inné de l’acquis ? La théorie de la complémentarité hommes/femmes.
00:54:05Les études scientifiques sont-elles fiables ? Le jugement par les pairs, la nécessité de la réplication, la crise de la reproductibilité.
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Épisode #12.253mn
Des souris et des nourrissons

Nous voilà de retour avec Odile Fillod pour évoquer les origines biologiques des différences cognitives et comportementales entre les hommes et les femmes. Sautons maintenant à pieds joints dans l’analyse des études qui font référence.

Timecodes Épisode #12.2

00:00:37L’erreur d’attribution, l’attaque ad hominem, l’épouvantail (ou homme de paille), l’argument d’autorité.
00:04:29Le meilleur niveau de preuve : l’étude randomisée en double aveugle. Méta-analyse vs revue de la littérature.
00:10:07Les expériences sur les animaux sont-elles transposables à l’humain ? La question de l’orientation sexuelle.
00:17:38Des souris et des Hommes. L’exemple de l’action de la testostérone prénatale sur les comportements sexuels.
00:26:28La psychologie évolutionniste. Le risque de cherry picking. Le consensus scientifique.
00:38:10Les neurosciences et la neuro-imagerie.
00:40:40L’étude de Simon Baron-Cohen sur les nourrissons. Compétences cognitives et sociales chez les filles et les garçons. Autisme et “masculinité cérébrale“.
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Épisode #12.357mn
Une recherche tous azimuts

Le teaser de cette série avait piqué votre curiosité sur l’action de la testostérone et de l’ocytocine sur nos comportements. Eh bien nous y voilà. Odile Fillod a des choses à nous dire sur tout ça.

Timecodes Épisode #12.3

00:01:38Les singes vervets et les jouets. Test du niveau d'activité d'enfants jouant. Généralisation et surinterprétation dans les médias.
00:15:59Les macaques et les jouets : une étude qui critique la précédente et n'observe pas la même chose.
00:19:14“Instinct maternel“ et ocytocine : l’hormone dite “de l’amour“ et de l’attachement. Des rats, des souris et des brebis. Autisme et ocytocine.
00:30:17L’utilisation des hémisphères du cerveau. Étude du connectome par IRM. La fabrication d’une découverte scientifique et l’escalade médiatique. Les différences de volume cérébral entre hommes et femmes.
00:44:33Les noyaux cérébraux et Jacques Balthazart. Différences liées à la régulation de l'activité des gonades (testicules et ovaires).
00:49:02Les biais dans les conditions d’expérimentation : biais d’échantillonnage (recrutement, attrition, hasard, faux positif), biais de conditions de l’expérimentation (paramètres, attentes du chercheur), biais de définition (ex : mesure de l’agressivité), biais de déclaration (désirabilité sociale). Le mythe de la testostérone et les études sur les personnes trans.
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Épisode #12.457mn
Enfin des conclusions !

Maintenant, on aimerait quand même bien savoir quelles sont les différences psychologiques innées entre les sexes ! Reprenons donc, sans plus attendre, le fil de ma conversation avec Odile Fillod.

Timecodes Épisode #12.4

00:01:04Biais des chercheurs : biais de confirmation (investissement, croyances), disponibilité de la variable "sexe", “Publier ou périr“, présentation trompeuse de l'existant, présentation trompeuse des résultats ("spin")
00:10:15Biais des vulgarisateurs : inconscience des limites des publications scientifiques, biais quand vulgarisateur = émetteur, biais de sélection et de présentation. Dépendance aux avis d'“experts“ et entorses à l'éthique journalistique. Corrélation vs causalité.
00:20:33Biais du grand public : désir de réponses claires, biais de naturalisation. Le mythe d’un cerveau archaïque. Convergence avec des théories psychanalytiques. Confort psychologique de l’explication biologique (homosexualité, “instinct maternel“). Recherche de repères fixes, malaise à l'idée de construction sociale de soi (identité, comportements).
00:31:02Différences psychologiques entre femmes et hommes : ce qui est observé, celles dont l'origine endogène dans le sexe biologique est prouvée.
00:39:12Enjeux politiques et sociétaux : importance de la question des différences naturelles, conséquences des discours de naturalisation sur les normes et les comportements, instrumentalisations conservatrices.
00:45:11Écueils à éviter. Se méfier des conclusions binaires et des effets non quantifiés. La méthodologie et le niveau de preuve. Des améliorations à faire en amont (journalisme scientifique). L'importance de la qualité de l'information scientifique.
00:53:16La minute stupide.
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L'émission en bref
Les meilleurs passages

Thème du mème :  | Citation :  | Auteur.rice : Odile Fillod | Émission : Les hommes, les femmes, Mars et Vénus | Image d'illustration :
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Ressources
Pour aller plus loin

Ressources Épisode #12.1
Keep calm et on pose les bases

La démarche d’Odile Fillod :

Les différences de cerveau dès l’âge d’un mois :

La “théorie du genre“ :

 

La question “inné/acquis“ ou “nature/culture“ :

La crise de reproductibilité :

Ressources Épisode #12.2
Des souris et des nourrissons

Erreur d'attribution et arguments fallacieux :

Méthodes scientifiques et niveaux de preuve :

Sur le rôle majeur des œstrogènes dans la "masculinisation/ déféminisation" prénatale des comportements sexuels des souris/rats et la différence entre humains et rongeurs sur ce point, notamment mise en évidence par le cas des personnes 46,XY avec insensibilité complète aux androgènes (NB : articles publiés par des chercheur•es soutenant l'hypothèse de la sexuation prénatale des comportements humains) :

  • Roles of estrogen receptors α and β in differentiation of mouse sexual behavior, par E. F. Rissman et al. (Neuroscience, mars 2006) : https://doi.org/10.1016/j.neuroscience.2005.10.018

  • Is human brain masculinization estrogen receptor-mediated? Reply to Luoto and Rantala, par David Puts et al. (Hormones and Behavior, janvier 2018) : https://doi.org/10.1016/j.yhbeh.2017.07.018

  • The Role of Androgen Receptors in the Masculinization of Brain and Behavior: What we’ve learned from the Testicular Feminization Mutation, par Damian G. Zuloaga et al. (Hormones and Behavior, mai 2008) : https://doi.org/10.1016/j.yhbeh.2008.01.013

  • Complete Androgen Insensitivity Syndrome: Long-Term Medical, Surgical, and Psychosexual Outcome, par Amy B. Wisniewski et al. (The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, août 2000) : https://doi.org/10.1210/jcem.85.8.6742

  • Psychological Outcomes and Gender-Related Development in Complete Androgen Insensitivity Syndrome, par Melissa Hines et al. (Archives of Sexual Behavior, avril 2003) : https://doi.org/10.1023/A:1022492106974

Analyse critique de la théorie de la sexuation prénatale du psychisme humain par la testostérone :

  • Hormones, sexe et cerveau, de Rebecca M. Jordan-Young (Belin, 2016 [Harvard University Press, 2010]).

Psychologie évolutionniste :

Neurosciences :

Étude de Simon Baron-Cohen sur les nourrissons :

Autisme et “masculinité cérébrale“ :

  • Autism spectrum disorder: Trends in research exploring etiopathogenesis, par Shreeya Gyawali et al. (Psychiatry and Clinical Neurosciences, mai 2019) : https://doi.org/10.1111/pcn.12860

  • No relationship between prenatal androgen exposure and autistic traits: convergent evidence from studies of children with congenital adrenal hyperplasia and of amniotic testosterone concentrations in typically developing children, par Karson T. F. Kung et al. (The Journal of Child Psychology and Psychiatry, juillet 2016) : https://doi.org/10.1111/jcpp.12602

  • Some difficulties behind the concept of the ‘Extreme male brain’ in autism research. A theoretical review, par Rosalind Ridley (Research in Autism Spectrum Disorders, janvier 2019) : https://doi.org/10.1016/j.rasd.2018.09.007

Ressources Épisode #12.3
Une recherche tous azimuts

Les singes et les jouets :

Les enfants et les jouets :

  • Early androgens, activity levels and toy choices of children in the second year of life, par Gerianne Alexander et Janet Saenz (Hormones and Behavior, 2012) : https://doi.org/10.1016/j.yhbeh.2012.08.008

  • Children’s Gender-Typed Toy Interests: Does Propulsion Matter ? par Lisa Dinella, Erica Weisgram et Megan Fulcher (Archives of Sexual Behavior, 2017) : https://doi.org/10.1007/s10508-016-0901-5

  • Infants’ Preferences for Toys, Colors, and Shapes: Sex Differences and Similarities, par Vasanti Jadva, Melissa Hines et Susan Golombok (Archives of Sexual Behavior, 2010) : https://doi.org/10.1007/s10508-010-9618-z

  • Parents’ Influence on Infants’ Gender-Typed Toy Preferences, par Josh Boe et Rebecca Woods (Sex Roles, 2018) : https://doi.org/10.1007/s11199-017-0858-4

  • Sex differences in children’s toy preferences: A systematic review, meta-regression, and meta-analysis, par Brenda Todd, Rico Fischer et al. (Infant and Child Development, 2018) : https://doi.org/10.1002/icd.2064

Ocytocine et "instinct maternel" :

Déconvenues des recherches sur les effets de l'ocytocine :

  • Null results of oxytocin and vasopressin administration across a range of social cognitive and behavioral paradigms: Evidence from a randomized controlled trial, par Benjamin Tabak et al. (Psychoneuroendocrinology, 2019) : https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2019.04.019

  • Oxytocin therapy for core symptoms in autism spectrum disorder: An updated meta-analysis of randomized controlled trials, par Yue Wang, Meng-Jie Wang et al. (Research in Autism Spectrum Disorders, 2019) : https://doi.org/10.1016/j.rasd.2019.03.007

Latéralisation cérébrale du traitement des informations langagières :

Étude sur les différences femmes-hommes dans le connectome, et ses suites :

Noyaux cérébraux sexués :

Sur le lien entre testostérone en circulation et des mesures indirectes de "l'agressivité" comme trait psychologique (ex : agressions passées, tendances "colériques", etc.). Aperçu de la faiblesse des données corrélationnelles, de la variation des résultats selon la mesure utilisée et des débats actuels y compris parmi les chercheur•es soutenant l'hypothèse d'une médiation par des effets de la testostérone sur les substrats cérébraux impliqués :

Études sur les personnes trans :

  • Prospective Evaluation of Self-Reported Aggression in Transgender Persons, par Justine Defreyne et al. (The Journal of Sexual Medicine, 2018) : https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2018.03.079

  • Does Testosterone Treatment Increase Anger Expression in a Population of Transgender Men? par Giovana Motta et al. (The Journal of Sexual Medicine, 2018) : https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2017.11.004

  • No correlation between serum testosterone levels and state-level anger intensity in transgender people: Results from the European Network for the Investigation of Gender Incongruence, par Justine Defreyne et al. (Hormones and Behavior, 2019) : https://doi.org/10.1016/j.yhbeh.2019.02.016

Ressources Épisode #12.4
Enfin des conclusions !

Biais dans la recherche publiée :

Biais dans la vulgarisation :

Sur l'absence de binarité ou complémentarité des traits psychologiques et des performances cognitives :

  • Gender similarities and differences, par Janet Shibley Hyde (Annual Review of Psychology, 2014) : https://doi.org/10.1146/annurev-psych-010213-115057

  • Sex and cognition: gender and cognitive functions, par Janet Shibley Hyde (Current Opinion in Neurobiology, 2016) : https://doi.org/10.1016/j.conb.2016.02.007

  • Différences psychologiques entre femmes et hommes et rôles sexuels : un lien factice ? par Louise Cossette, in Mon corps a-t-il un sexe ? dir. E. Peyre et J. Wiels (La Découverte, 2015).

Sur la versatilité et les facteurs contextuels, expérientiels et socio-culturels de la différence dans la rotation mentale en 3D :

Critique des discours de naturalisation des différences psychologiques invoquant les sciences biomédicales :

Suggestions
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La médecine quantique

Par Élisabeth Feytit

La médecine quantique dit être porteuse d'un “changement de paradigme“ dans le domaine médical. Qu'en est-il vraiment ?

Échangeons
Commentaires

  1. Bonjour,
    Discussion super intéressante que j’ai trouvée sur Framatube et qui fait écho à une discussion que j’ai eu il y a quelque temps avec mon entourage (certains de mes amis et de ma famille).
    Je pensais pouvoir trouver la suite de la 1ère discussion mais il semble qu’elle n’est pas encore été diffusée ; est-ce exact ?
    J’attends avec impatience les 3 autres diffusions.
    Merci pour cet exposé.
    Bien à vous,
    Laurent

    1. Bonjour Laurent et merci pour votre intérêt.
      Effectivement, il va falloir être patient 🙂 Le chapitre 2 sera mis en ligne ce vendredi à 18h. Les suivants les vendredis d’après.
      Méta de Choc propose un contenu par semaine. De quoi vous laisser le temps de cogiter !

  2. Bonjour Elisabeth,
    Merci beaucoup pour ce travail énorme, et à votre invitée. Cette émission me fait particulièrement écho parce que je suis l’heureux papa de jumeaux : un garçon et une fille, de 4 ans, ils ont donc exactement le même âge et n’ont pas d’aîné qui aurait pu être un modèle.
    J’ai toujours été sensible à l’idée d’égalité des droits entre hommes et femmes, et j’ai humblement essayé de les éduquer dès le plus jeune âge dans l’idée qu’ils avaient exactement les mêmes droits et devoirs l’un envers l’autres, et envers les autres.
    Malgré ce discours qui se voulait plutôt égalitariste, je constate aujourd’hui que mes enfants montrent des comportements très conformes à la répartition genrée des valeurs et des qualités dans notre société (attirance pour les jeux de construction chez mon fils, pour les livres chez ma fille, etc.). Avant l’écoute de votre émission j’imaginais plutôt qu’il devait forcément exister une prédisposition génétique sexuelle à certains comportements, qui devaient orienter les choix de préférence de mes enfants.
    Après écoute, je suppose que j’ai du grandement sous-estimer la part de non-verbal et d’involontaire dans la transmission des normes sociales par le comportement de mon épouse et de moi-même. Et c’est là mon plus grand chamboulement, mon attitude et ma façon d’être contribuent probablement à diffuser des normes sociales avec lesquelles je ne suis pas totalement en accord. C’est shocking !
    Encore merci pour votre émission, au plaisir de vous réécouter.
    Raymond.

    1. Bonjour Raymond,
      Merci pour votre intérêt et ravie de vous avoir bousculé.
      Si l’éducation et le comportement des parents ont sans aucun doute une influence majeure sur les représentations de genre chez l’enfant, il ne faut pas négliger l’impact de l’entourage social. Et sur ça, nous n’avons que peu de contrôle. Vous attribuer toute la responsabilité me semble excessif !
      Quoi qu’il en soit, réduire les stéréotypes de genre que nous avons tous intériorisés et reproduisons au quotidien est une tache immense et une course de fond qui dure toute la vie.

  3. Merci à Odile Fillod de faire ce travail de base, salutaire, et à Elisabeth d’en faire l’écho. Vos travaux nourrissent certains de mes cours. Au plaisir !

  4. Un entretien de qualité, vraiment riche et intéressant, merci 😉 Cela me pousse à d’autant plus de méthode dans mes productions. Bonne continuation !

  5. Bonjour Elisabeth, 
    Et tout d’abord un grand merci pour ce travail et cette réflexion grâce à Méta de choc, je vous ai découverte avec les émissions consacrées à l’anthroposophie. Depuis je dévore ! 
    J’ai donc tout écouté aussi des épisodes avec Odile Fillod. 
    Un point m’interpelle, concernant la trans identité, et il me semble que cela fait débat (voire bagarre même ).
    Si nous sommes d’accord pour dire que cérébralement les hommes et les femmes sont égaux. (Je dis toujours à mon fils que je ne suis pas née avec le mode d’emploi du fer à repasser 🙂 )
    Que les hommes et les femmes sont égaux (en droit etc..) Le sont ils physiquement?
    Je veux dire, d’après vous un homme transexuel est-il strictement égal à une femme? 
    Je sais que si on répond non à cette question, on est traité de TERF (ce qui  m’est arrivé sur twitter) par un certain groupe militant.
    L’émergence de ces nouveaux termes queer, iel, gender fluid, etc… sont encore nouveaux pour moi. Et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver !
    Merci infiniment pour votre réponse .

    1. Il existe très clairement des différences moyennes naturelles entre les personnes 46,XX et les personnes 46,XY, et pas seulement au niveau de l’anatomie génitale : des différences physiologiques, la différence de stature, etc. Les personnes trans le savent fort bien. En général, d »après mon expérience, quand quelqu’un se fait traiter de TERF ce n’est pas pour avoir rappelé cette évidence mais plutôt pour avoir dit que par définition, une personne 46,XY ne pouvait être qualifié de femme. 

  6. Bonjour Elisabeth,

    Je découvre vos émissions, et la première fois j’ai enchaîné 4 heures d’un coup, tellement cela m’a captivé !

    Après cet épisode sur les différences hommes/femmes, il m’est venue une interrogation, à laquelle vous ou Odile Fillod pourrez peut-être apporter quelques éclaircissements.
    Les quelques femmes que j’ai connues intimement dans ma vie, avaient des syndromes prémenstruels, dont une plus grande sensibilité émotionnelle. Cette sensibilité accrue contribuait, selon elles, à les faire agir de façons particulières, propres à cette période de leur cycle. Ainsi, je me demandais dans quelle mesure il est envisageable de considérer que le cycle hormonal d’une femme puisse éventuellement être une partie de la cause plus ou moins directe de certains comportements. Car ce cycle hormonal est caractéristique de la femme, et n’est pas présent chez l’homme.
    Je me pose cette question, car Odile Fillod parle de l’ocytocine et de la testostérone en nous informant que ces deux hormones n’ont pas les effets qui lui sont prêté par le grand public. Or il n’y a pas que ces deux hormones qui sont spécifiques à un sexe ou à l’autre, non ? Ainsi, dans quelle mesure ces variations hormonales ont-elles une incidence sur les comportements ? Toutes les femmes ne vivent pas cette période avec la même intensité, mais y a-t-il eu des études sur ce que pouvait provoquer la variation de certaines de ces hormones durant les quelques jours précédant les menstruations (chute de la progestérone, par exemple) ? Le sujet est sans doute complexe à étudier, car plusieurs hormones sont impliquées dans le cycle.
    Loin de moi l’idée de vouloir réduire la complexité des comportements humains à une simple histoire d’hormones, mais en écoutant vos émissions, j’ai trouvé dommage de ne parler que de deux hormones. Peut-être est-ce parce que nous n’avons pas encore d’études suffisantes sur les autres ? Ou alors qu’elles ont abouti majoritairement à la conclusion que ces hormones n’avaient pas d’incidence sur la psychologie ?

    Merci encore pour ce que vous faites !
    J’espère que vous aurez le temps et l’envie de me répondre, car cette question me turlupine quelque peu…

    1. Bonjour. D’abord à propos de l’ocytocine et de la testostérone, vous écrivez : « il n’y a pas que ces deux hormones qui sont spécifiques à un sexe ou à l’autre », donc je précise qu’elles ne le sont pas. Les femmes comme les hommes produisent ces deux hormones.

      Il existe des études qui ont recherché des corrélations entre les variations des niveaux de progestérone ou d’oestradiol (principalement) provoquées par le cycle ovarien et les tendances comportementales, l’état psycho-affectif ou les performances cognitives. Je n’ai pas fait de travail exhaustif de revue des connaissances sur ces recherches depuis plusieurs années, donc je ne peux pas répondre vraiment à votre question. Tout ce que je peux vous dire, c’est que jusqu’à récemment, les données étaient contradictoires et n’avaient pas permis de mettre en évidence d’effets clairs de ces variations. S’il en existe, ils sont manifestement difficiles à saisir, variables selon les femmes et selon les cycles. En fait, beaucoup d’études sur cette thématiques ne reposent pas sur une mesure des niveaux hormonaux mais sur la notion de phase du cycle utilisée comme proxy, ce qui nuit à la qualité et à la reproductibilité de ces recherches. Par ailleurs, il y a de nombreux facteurs de confusion qui sont difficiles à contrôler efficacement.

  7. Odile Fillod est une militante féministe et blogueuse, pas une chercheuse, il suffit de lire sa bio sur son blog. Comme par hasard, elle ne « debunke » que des travaux allant à l’encontre de la doxa féministe… En revanche, la très douteuse thèse de Priscille Touraille sur le dimorphisme sexuel, elle s’est bien gardée d’y toucher…..

    1. Voir https://allodoxia.odilefillod.fr/apropos   pour la description de la démarche dans laquelle s’inscrivent les « debunks » que je publie sur mon blog. 
      Un lien hypertexte vers la liste de mes publications et communications y figure également, attestant entre autres de la reconnaissance de mes activités de recherche par le monde académique. 

  8. Bonjour, très belle émission, bravo à vous, 
    J’ai été étonnée qu’Odile Fillod évoque une fiche wikipédia qui lui avait paru présenter une information erronée, pendant une période assez longue, et qu’il semble qu’elle n’ait n’ait pas semblé avoir jamais songé à y apporter sa contribution en la corrigeant tout simplement elle-même… Les gens semblent souvent ignorer que wikipédia est un outil collaboratif et qu’à ce titre, les lecteurs critiques et compétents mais inactifs sont en partie responsables des erreurs qu’ils y laissent au terme de leur lecture…

    1. Bonjour, je n’ignore pas que wikipedia est un outil collaboratif et j’y participe à l’occasion. J’ai par exemple entièrement réécrit la fiche « Héritabilité » fin 2019 (voir son état le 31 octobre avant mon intervention https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=H%C3%A9ritabilit%C3%A9&oldid=164045564   et les presque 91 000 octets que j’ai ajoutés https://xtools.wmflabs.org/articleinfo/fr.wikipedia.org/H%C3%A9ritabilit%C3%A9 pour en faire ce qu’il est aujourd’hui : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9ritabilit%C3%A9 ).

      Je ne suis pas intervenue sur l’article que j’évoque dans le podcast car je sais que cela aurait donné lieu à une guerre d’édition et en étais par avance fatiguée. J’ai de même été rebutée par la quantité d’éléments qui seraient à rectifier dans la fiche « clitoris » de wikipedia et sachant qu’on opposera à mes modifications la règle de la plus grande valeur des sources secondaires aux yeux de wikipedia (n’importe quelle bêtise non sourcée est malheureusement considérée comme OK dès lors qu’elle est écrite dans un ouvrage grand public, par exemple). 

      1. Je ne vois dans cette liste que des critiques des travaux des autres. Ou peut-on trouver des publications de recherches personnelles dans des revues scientifiques de biologie, des revues de vos travaux par des pairs, des citations ?

      2.  « Christelle Zichiws » je ne comprends pas de quelle liste vous parlez ni où vous voulez en venir. Pour ce qui est de mes publications revues par des pairs et de leur citation, j’ai déjà répondu au commentaire que « Christelle Zichowsky » a posté il y a 5 mois (voir ci-dessous ; j’imagine que c’était déjà vous). Je n’ai pas publié dans des revues scientifiques de biologie. Pour mémoire, je ne suis pas chercheuse en biologie ni ai jamais prétendu l’être. Je n’ai pas non plus publié dans des revues de virologie et ai pourtant écrit ceci au sujet de l’étude de Didier Raoult sur HCQ+AZM contre Covid-19 : https://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult . Et caetera.

  9. Bonjour Elisabeth, sur ce sujet passionnant le débat d’idées est riche. Vous présentez ici la position « constructiviste » qui est évidemment à prendre en compte mais ne représente qu’une facette des points de vues académiques. Comptez-vous également faire intervenir, dans une prochaine édition,  des scientifiques défendant les positions/disciplines réfutées par Odile Fillod (psychologie évolutionnaire, biologie du genre) ? 

    1. Bonjour Christelle,
      merci de votre intérêt.
      La psychologie évolutionniste est évoquée dans l’émission. Parmi les ressources mises ici à votre disposition, vous trouverez la définition de cette approche de la plume-même de ses fondateurs :
      “Evolutionary psychology is an approach to psychology, in which knowledge and principles from evolutionary biology are put to use in research on the structure of the human mind. It is not an area of study, like vision, reasoning, or social behavior. It is a way of thinking about psychology that can be applied to any topic within it. »
      Ils ne la présentent pas comme un champ d’étude mais comme un mode de pensée. Celui-ci permet certes un regard intéressant sur les connaissances, mais n’apporte en aucun cas de preuve de ses présupposés. Or, ma démarche avec Méta de Choc dans ses émissions d’analyse n’est pas de donner voix à l’avis ou la croyance des uns et des autres, mais plutôt de faire l’état des lieux des connaissances à notre disposition.

  10. Sur son blog, Odile Fillod réfute la thèse défendue par Balthazart et le consensus scientifique selon laquelle « l’orientation sexuelle et donc l’homosexualité n’est pas un choix mais est largement déterminée par divers facteurs biologiques (hormonaux, génétiques, épigénétiques, immunologiques, …) agissant essentiellement pendant la période pré ou périnatale ». Elle s’en prend aussi violemment au livre de Jacques Balthazart, Biologie de l’Homosexualité : On nait on ne devient pas homosexuel, 2010, ce qui pousse L’Express et Paris Match, qui ont répercuté les propos de Fillod, à réclamer à ce dernier cette réponse.
    Il y redonne un exemple de dimophisme concluant, celui « du noyau sexuellement dimorphique de l’aire préoptique (INAH3 pour les spécialistes) qui est de taille féminine chez les hommes homosexuels. (…) La petite taille du noyau de l’aire préoptique des homosexuels hommes est un des nombreux indices qui suggèrent que EN MOYENNE les hommes homosexuels ont été exposés à une action de la testostérone ou de son métabolite l’œstradiol qui était atypique pour leur sexe. De nombreuses autres données relatives à d‘autres caractéristiques morphologiques, physiologiques ou comportementales suggèrent qu’il en est de même pour les lesbiennes. »
    J. Balthazart rappelle « qu’il existe en France un courant idéologique qui remet en cause l’idée d’un contrôle biologique de l’orientation sexuelle en ergotant sur le détail des données disponibles qui soutiennent cette théorie générale. Aucune de ces critiques n’invalide une théorie spécialement si on ne propose pas de théorie alternative. L’article de L’Express reprenant les propos d’Odile Fillod affirme même que ‘personne n’aurait pour l’instant trouvé de cause à l’homosexualité’. Je considère qu’il s’agit là d’obscurantisme à un moment où se sont accumulées des centaines d’études convergentes indiquant un contrôle assez large par des facteurs biologiques essentiellement prénataux ».
    Et comme il l’ajoute ensuite : « Le déterminisme biologique est cependant considéré comme un fait acquis par la plupart des chercheurs. On peut d’ailleurs mal imaginer comment l’évolution aurait pu laisser le contrôle d’une caractéristique aussi fondamentale pour la reproduction à un mécanisme moins déterministe qui dépendrait de l’éducation ou des interactions avec les façon plus générale, ce n’est pas parce que des points particuliers doivent être nuancés ou ont une portée limitée qu’une théorie générale s’effondre. La théorie biologique de l’homosexualité n’est pas à ce stade très formalisée et ne le sera peut être jamais vu des difficultés pratiques et éthiques à étudier le problème. Elle indique simplement que l’orientation sexuelle (homo ou hétéro) est influencée de façon importante par les hormones prénatales (testostérone ou son métabolite œstradiol), par des gènes non identifiés à ce stade (mais approximativement localisés sur les chromosomes pour certains d’entre eux) et par des influences épigénétiques incluant le fait de naître d’une mère qui a déjà conçu d’autres garçons.Aucun de ces facteurs n’explique tout à lui seul mais leur convergence soutient l’idée qu’il existe un contrôle biologique de l’orientation sexuelle. Aucune théorie alternative plausible n’a jamais été proposée mises à part les affabulations post-freudiennes sur le complexe d’Œdipe qui sont clairement en conflit avec les données factuelles disponibles. »
    « Les écrits d’Odile Fillod participent d’un courant idéologique particulièrement développé en France qui tend systématiquement à nier, occulter ou déconstruire toute étude qui mettrait en évidence un facteur biologique impliqué dans le contrôle de comportements humains. (…) En conclusion, il existe à ce stade un faisceau de données convergentes qui indiquent que l’homosexualité n’est pas un choix (ce que beaucoup semblent prêts à admettre en France) mais qu’en plus elle est largement influencée voire déterminée par des facteurs biologiques prénataux (ce qui semble en heurter beaucoup).(…) En défendant ce particularisme français, Odile Fillod et d’autres 1) propagent un obscurantisme scientifique inapproprié, 2) empêchent de faciliter l’intégration des homosexuels dans nos sociétés et 3) isolent la France intellectuellement du reste du monde où la théorie défendue ici ne suscite guère de controverse. »
    La tribune est signée de véritables spécialistes :Jacques Balthazart, Docteur en Biologie, Professeur Emérite, Université de LiègeNicolas Gauvrit, Chercheur en Psychologie Cognitive, Agrégé de MathématiquesClaudine Junien, Professeur Emérite de Génétique, Membre de l’Académie de MédecineMatthieu Keller, Directeur de Recherches CNRSMagali Lavielle­-Guida, Docteur en PsychologieMichel Raymond, Directeur de Recherches au CNRSFranck Ramus, Directeur de Recherches au CNRSPeggy Sastre, Docteur en Philosophie des Sciences, auteur et journaliste

    1. Le texte que vous reproduisez n’est pas une réponse « réclamée » par l’Express et Paris Match (!) mais un commentaire posté par J. Balthazart sur mon blog (ainsi que sur sa page Facebook), sous l’article https://allodoxia.odilefillod.fr/2017/06/02/max-bird-et-la-biologie-de-lhomosexualite. .
      J’ai répondu à ce texte ridicule et diffamatoire :
      – ici https://allodoxia.odilefillod.fr/2017/06/02/max-bird-et-la-biologie-de-lhomosexualite/#comment-1963
      – et là https://allodoxia.odilefillod.fr/2017/06/02/max-bird-et-la-biologie-de-lhomosexualite/#comment-2013

      Pour aller plus loin sur INAH-3, l’orientation sexuelle et le discours de Jacques Balthazart à ce sujet, voir ce billet de mai 2019 : https://allodoxia.odilefillod.fr/2019/05/25/les-cerveaux-en-bleu-et-rose-selon-jacques-balthazart-partie-2.

    2. PS : Quant à l’état des recherches de facteurs biologiques de l’orientation sexuelle chez l’être humain, au lieu de vous en tenir à ce que Jacques Balthazart prétend (et à ce qu’il prétend que je soutiens), voir sur https://www.youtube.com/watch?v=m-RDg3OHXrY la conférence que j’ai donnée le 7 mars 2019 à l’invitation du Bioscope de Genève (plus précisément de sa co-directrice Céline Brockmann, biologiste). Il semblerait que mon obscurantisme scientifique et mon discours aux relents homophobes se propagent en Suisse, qui plus est avec la bénédiction de l’Université de Genève et dans le cadre d’une formation continue visant notamment à lutter contre l’homophobie. Etonnant n’est-ce pas ?

  11. Bonjour,

    Bonjour,
    Cet entretien est particulièrement intéressant pour ce qu’il explique de la démarche scientifique, des protocoles et de leurs limites liées au fait que les scientifiques sont des gens comme les autres, avec leurs contradictions, leurs croyances et leurs compétences parfois limitées à certains domaines. Cela pourrait faire l’objet d’un shocking particulièrement intéressant !
    Par contre, sur la question de l’absence de consensus scientifique, si cela est certainement le cas sur les questions de différences liées ou non au genre, ce n’est pas le cas de tous les champs scientifiques. Il y a particulièrement un consensus scientifique sur la question du changement climatique et ses causes. Encore un autre sujet qui questionne comment nous pensons et nos contradictions !
    Claire, maître de conférences.

    1. Merci de votre intérêt, Claire. Une prochaine émission traitera de notre rapport à l’écologisme ; sujet très révélateur de nos modes de pensée !

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