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Saison 01 épisode 06

Chroniques de la spiritualité contemporaine

L’écospiritualité
Par Élisabeth Feytit

Les chemins qui mènent à la spiritualité contemporaine sont nombreux. La pratique du yoga, du Qi Gong ou de la méditation, les soins énergétiques, le souci d’une alimentation saine ou encore le développement personnel en sont quelques exemples. Mais le moment de bascule, dans un sentiment d’appartenance au grand Tout, de transcendance, de joie intense, sans mot pour le décrire, peut se produire au contact de la nature. De cette rencontre personnelle et intime avec le vivant peut naître une spiritualité écologique ou une écologie spirituelle.

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Épisode #06.117mn
Deep ecology et approches holistiques

De catastrophes naturelles en pandémies, les dernières décennies ont vu se développer un fort sentiment de malaise chez chacun de nous face à la destruction de l’environnement naturel qui assure notre survie.

Un nombre croissant de voix s’élèvent pour dénoncer la perversion du modernisme, d’un progrès qui va contre l’harmonie de la nature, contre le rapport entre l’humanité et la Terre qui la porte : Gaïa.

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Épisode #06.214mn
Les implications politiques et sociales

Quelles sont les implications politiques de l’écospiritualité ? Comment ses défenseurs la mettent en œuvre à l’échelle locale comme à celle des États pour enrayer la crise écologique actuelle ?

Dans sa tentative de réconcilier science et traditions, le mouvement New Age est très perméable à l’engouement contemporain pour les cultes païens, et montre une fascination particulière pour le rapport à la nature des peuples dits premiers. Le néo-druidisme et le néo-chamanisme se présentent comme des voies vers la sagesse et la reconnexion à une nature sacrée.

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Pour aller plus loin

Ressources Épisode #06.1
Deep ecology et approches holistiques

Définitions

Monte Veritá

Anthroposophie et biodynamie

Écologie profonde

Religions et écologie

Pierre Rabhi, spiritualité et agriculture

Satish Kumar, Schumacher College et Marion Cotillard

Écopsychologie

Collapsologie, effondrement

  • Comment tout peut s’effondrer – Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (Seuil, avril 2015).

Ressources Épisode #06.2
Les implications politiques et sociales

Néopaganisme, sorcières

Extinction Rebellion

Le mouvement des Colibris

Écofascisme

Europe Écologie Les Verts (EELV)

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Commentaires

  1. Bonjour Elisabeth,
    D’abord bravo et merci pour la qualité de ton contenu. C’est très précieux.

    Une critique néanmoins sur cet épisode qui associe systématiquement et superficiellement à mon avis les pensées de l’écologie, notamment l’écologie profonde, à la spiritualité holistique new age.

    J’ai lu Arne Naess, James Lovelock, Aldo Leopold, John Baird Callicott, avec un logiciel bien assuré de matérialiste convaincu (#Diderotforever). Je ne reconnais aucun arrière-monde et je suis très attentif aux incursions spiritualistes dans tous les contenus que j’aborde. Equipé de ce bagage a priori très préventif, je n’ai pour autant pas du tout retenu de ces lectures la promotion d’un quelconque holisme new age que tu dénonces. Or cela m’en aurait immédiatement détourné… De ces lectures j’ai retenu plutôt que l’écologie profonde n’est pas une proposition spirituelle au sens doctrinaire – la promotion d’un système de croyances – mais une réflexion philosophique, une « conception éthique et engagée de l’existence ».

    Il me semble donc y avoir d’emblée confusion, dans la dénonciation que tu fais de l’écologie profonde telle que formulée par Arne Naess en tout cas, entre l’acception du mot « spiritualité » comme une pratique appuyée sur une doctrine, un système de croyances (entre autres : monothéismes, anthroposophie, chamanisme, sorcellerie ou quelconque rituel new age) ou comme une réflexion éthique personnelle, libre et pro-active telle que définie par exemple ici – on peut penser aussi à la spiritualité athée de Comte-Sponville : https://www.cairn.info/revue-projet-2015-4-page-25.htm. Je renvoie également à l’ouvrage « Penser et agir avec la Nature » de Catherine et Raphaël Larrère, profonde enquête philosophique sur la pensée de l’écologie https://www.babelio.com/livres/Larrere-Penser-et-agir-avec-la-nature/724166

    Le travail de Naess consiste notamment à définir une éthique environnementale, une « métapolitique » écologiste. Soit aller plus loin que l’écologie contingente, superficielle, qui consiste à établir des bilans carbone et organiser la production différemment – nécessaire mais non suffisant, et réfléchir également à notre être-au-monde comme levier primordial de notre interaction avec lui. Il s’agit de définir une philosophie de l’écologie – une écosophie comme le dit Naess – qui permette un être-au-monde plus respecteux et plus pérenne, au vu des conséquences délétères pour l’environnement d’une activité humaine non régulée ou presque, et toujours croissante. Il y a donc à imaginer une éthique ancrée dans le réel qui puisse légitimer des efforts en ce sens. Cela passe par accorder une valeur intrinsèque aux éléments naturels, en dehors de toute valeur d’exploitation par l’homme. Ce qui permet de fait une préservation consciente de l’écosystème, car on ne prend plus alors en compte les seuls intérêts humains, souvent matériels et financers, mais aussi la pérennité de l’écosystème.

    Bien sur cette démarche nécessite une ontologie de l’homme plus intégrative ou naturelle – je ne connais pas le terme adéquat – qui le place au sein de l’écosystème, et non à côté ou au-dessus commme le propose le modèle aristotélicien / judéo-chrétien que nous connaissons en Occident. Cela ne suppose pas nécessairement une sortie de l’anthropocentrisme – incompatible avec notre haute empathie pour nos congénères – mais tout du moins de nuancer ses boursouflures provoquées par un sentiment d’arrogance liée à la nature prétendument divine et sacrée de l’humain. Aucune considération mystique ici : un constat tout à fait biologique et Darwinien. Il ne présume aucun principe holistique, animiste, vitaliste, panthéiste, que sais-je. Il souligne l’existence pleine et entière de l’homme au sein de son environnement, à l’intérieur d’une biosphère qui qu’on le veuille ou non, constitue son ou ses écosystèmes, à la même enseigne que les autres éléments du vivant.

    Ensuite, Naess propose un travail introspectif sur ce rapport à soi et au monde à re-construire, pour participer à ce qu’il nomme réalisation de soi (soi-même) et de Soi (soi dans le monde), ce que j’ai compris comme un épanouissement conscient et respectueux de l’altérité et de l’environnement – approche visiblement gestaltienne. Un travail de prise de conscience de notre appartenance au vivant, au cosmos, à l’écosystème dans lequel nous évoluons, le tout au sens le plus trivial, physique et biologique du terme, sans injonction spiritualiste aucune à mon sens. Démarche nécessaire – pas suffisante non plus – dans un rapport contemporain à la nature totalement altéré, de plus en plus distant et interfacé, un milieu de vie de plus en plus industriel, urbain, technologique, qui ne laisse aucune place ou presque – la balade du dimanche ? les fientes de pigeon ? – à une interaction directe avec d’autres éléments du vivant ou du monde physique, minéral, météorologique par exemple. Dans la foulée d’Arne Naess, il me semble qu’on peut avoir une conception très pragmatique et terre-à-terre de l’éco-psychologie, dont je ne connais pas les déclinaisons je dois l’avouer.

    Cette réalisation de soi invite en tout cas plutôt à l’humilité, à l’opposé des dérives du développement personnel qui appellent au dépassement, à l’exacerbation du potentiel de chaque individu, sans autre boussole. Encore une fois rien de new age a priori, ou alors tout questionnement personnel sur le bonheur, la vie, les choix à faire est à ranger dans la même case nauséabonde. Il me semble qu’aucune question n’est New Age. Ce sont les réponses qui le sont.
    Or ici rien, après lecture attentive encore une fois, rien qui enferme le lecteur dans un système de croyances, une spirale aliénante. Arne Naess reconnaît l’influence de Spinoza et Gandhi, néanmoins il n’impose ni ne suggère rien quant à un système de croyances à adopter. Par ailleurs on retrouve chez un autre père de l’éthique environnementale déjà évoqué, Aldo Leopold, un athéisme acerbe qui ne manque pas une occasion de tirer à boulets rouges sur la légitimité divine de notre humanité, statut auquel il attribue largement notre surplomb, notre mépris, notre violence à l’égard de notre milieu de vie. Avec Leopold on a les pieds dans la boue, le cul trempé et le nez dans les mousses, bref on est à l’opposé total du fantasme new age de la nature, on y est vraiment. Comment donc l’y associer ?

    Quant à Lovelock, je me suis peut-être voilé la face mais j’ai lu l’ouvrage d’un cybernéticien – un ingénieur des systèmes – qui imagine un complexe physico-bio-chimique de la Terre qui soit résilient, qui ait une capacité à s’auto-réguler. Hypothèse forte soit, mais rien de bien mystique là-dedans ? A moins de prendre au premier degré le titre de l’hypothèse en question, d’imaginer qu’il personnifie la Terre et la considère comme une entité autonome et intelligente ? Ca me paraît improbable, je pense que c’est de l’ordre du symbolique. En tout cas cette capacité d’auto-régulation n’est pas avancée comme d’ordre spirituel, éthérique, énergétique ou je ne sais quelle hypothèse new age, mais bel et bien immanent (qui a son sprincipe en soi), tellurique, géo-physique. C’est le souvenir que j’en ai en tout cas, et ce bouquin l’hypothèse Gaïa me paraît très pertinent dans l’exposé qu’il donne des équilibres physico-chimiques de notre planète. Mais je ne suis pas un spécialiste, et il y en a sans doute d’autres qui ne présente pas cette amiguïté…

    Néanmoins, il est vrai qu’à travers des mouvements comme l’anthroposophie ou des interprétations très spiritualistes de Spinoza comme celle de Frédéric Lenoir (or on peut lire Spinoza comme un athée contrarié), on voit apparaître une néo-spiritualité écologiste qui baigne directement dans le magma moyenageux du new age. Mais on voit tout de suite avec ce mouvement anthroposophe par exemple un magistral déni de vivant, une prodigieuse entreprise de destruction de toute science, de tout savoir, de toute recherche au profit d’une idéologie réactionnaire au possible. Les délires de Steiner n’ont absolument rien à voir avec l’éthique environnementale de Leopold, Naess ou Callicott, qui appuient leurs travaux sur le socle de connaissances scientifiques, sur les réalités biologiques et physico-chimiques de notre monde.

    Renvoyer ainsi dos à dos Steiner et Naess, associer systématiquement pensée écologique et new age, éthique environnementale et spiritualité au sens dogmatique du terme me paraît grossier et injuste. Cela va certes dans le sens d’une certaine doxa philosophique conservatrice – Luc Ferry en chef de file, qui a proprement dézingué l’écologie profonde en tant que « fascisme vert » – mais reste très partial et ne fait pas honneur à mon sens à la qualité et la finess que présente habituellement ton podcast.

    Pourras-tu, après les avoir parcourues, mettre en lien les références proposées ? Elles permettront à l’auditeur de nuancer le portrait que tu fais de ces propositions philosophiques, qui méritent à mon humble avis de s’y attarder beaucoup plus longuement – toujours avec un esprit critique bien entendu, d’autant que les travaux scientifiques en matière de dérèglement climatique et de perte de biodiversité appellent continuellement à toujours plus d’urgence dans la réflexion et dans l’action…

    Merci de ton attention.
    Naturellement, (si ça veut dire quelque chose…)

    Gilles

    1. Merci pour ce partage de réflexion, Gilles.
      Je pense que vous avez bien plus fouillé le sujet que moi, et je suis désolée si mon traitement vous a paru superficiel.

      Concernant Lovelock et sa Théorie Gaïa, j’indique qu’elle a largement été critiquée par ses collègues chercheurs. Vous avez raison de rappeler qu’on n’y trouve pas de références New Age, et il se trouve même de Lovelock s’est officiellement opposé à l’instrumentalisation de son travail par le mouvement. Il n’en reste pas moins que celui-ci est très souvent nommé et sert de socle idéologique à l’écospiritualité d’inspiration New Age.

      De même, l’écologie profonde d’Arne Naess est actuellement promue au niveau mondial par Joanna Macy, elle-même co-fondatrice de la Fondation Findhorn, dans une démarche écospirituelle assumée. Macy est aussi la figure de proue de l’écospychologie, qui comme je l’explique, promeut très clairement les dogmes du New Age.
      Par ailleurs, la Gestalt, dont Naess s’inspire, est holiste dans son concept-même. La Gestalt thérapie de Perls étant, quant à elle, étroitement liée au “mouvement du potentiel humain“, issu du New Age.

      Ce qui m’intéresse, c’est donc de montrer comment le mouvement spirituel contemporaine s’est emparé de ces notions, parce qu’elles servent son propos. Cela ne remet pas en cause l’intérêt de certains aspects de la réflexion de Naess sur la place de l’humanité dans son environnement, et de son invitation à un nécessaire changement de point de vue.
      Lovelock et Naess font partie de l’histoire de l’écospiritualité. Qu’ils en soient heureux ou non.

      1. Bonjour Elisabeth, je n’avais pas eu l’occasion de voir encore votre réponse ! Merci pour votre attention, rigueur, humilité… J’aime vraiment beaucoup ce que vous faites 🙂

        Creuser est un grand mot, pas pris de notes ou fait d’analyse ou d’exégèse de ces ouvrages, en tout cas leur lecture à chaud ne m’avait pas donné cette impression de fourre-tout dangereusement new age. Moniste clairement pour Naess, New age non.

        Malheureusement cette dichotomie entre texte original et extrapolation par d’autres (new age ou pas) est courante… Ca me rappelle une formidable une de Charlie Hebdo présentant Mahomet se tenant la tête entre les deux mains et éructant : « C’est dur d’être aimé par des cons ! ». Par très bienveillant, mais tout est dit je crois 😉

        Je vais creuser ce sujet de gestalt / écopsychologie qui m’avait intéressé a priori dans la mesure où de prime abord cette vision sinon holistique, du moins non univoque et écologique de la personne humaine, prenant en compte son environnement, me paraisssait très logique et réaliste. Mais je n’en connais pas les détours.

        Si vous avez des sources supplémentaires, je prends 🙂

        Merci +++ encore 🙂
        Bonne continuation

      2. Concernant la Gestalt thérapie, je vous encourage à la plus grande prudence. Certains mouvements sont surveillés pour dérives sectaires. J’ai en projet d’y consacrer une émission.
        Merci de votre intérêt et bonne continuation à vous aussi.

  2. Bonjour Elisabeth,

    J’ai un parcours similaire au votre, avec une plongée dans le New Age et une sortie très critique de ces mouvements. J’étudie aujourd’hui les sciences du système Terre à l’université. J’apprécie bon nombre de vos podcasts que je partage de temps à autre dans mon entourage, même si j’ai déjà eu des petites interrogations sur certains points.

    J’aimerais renchérir sur le commentaire de Gilles (que je rejoins entièrement), en particulier sur J. Lovelock où j’ai trouvé vos propos particulièrement maladroits, voir malhonnêtes, étant les deux pieds dans ces disciplines scientifiques moi-même. Mais aussi plus généralement sur la première moitié du premier épisode, celle qui traite de « l’écologie spirituelle » au sens large.

    Voici mon retour:

    1. Ecologie spirituelle ne veut pas dire grand chose, c’est très (trop) vague, je trouve, pour une compréhension sans ambiguïté de ce dont on parle. L’écologie est spirituelle chez Homo sapiens depuis 250.000 ans, de ce qu’on en suppose. Bien qu’effectivement le terme ait été employé pour diffuser différentes pensées/œuvres New Age, il recouvre aussi beaucoup trop d’autres choses pour, à mes yeux, servir votre propos en deuxième partie.

    2. Ce qui m’amène au deuxième point: je trouve votre discours mal délimité et peu précautionneux sur ce sujet. Vous parlez de façon générale de l’humanité et des humains alors qu’en fait il est avant tout question de culture occidentale, voir européenne. Donc vous englobez d’un même mouvement ample l’anthroposophie et les milliers de cultures indigènes du globe, qui ont aussi une spiritualité écologique au cœur de leur cultures (et accessoirement permettant à 80% de la biodiversité mondiale de se trouver sur leurs territoires). Les Maoris de Nouvelle-Zélande serait assez surpris, en entendant ce podcast, de se découvrir une influence allemande. En écoutant cette première partie, on pourrait penser que l’histoire de l’écologie spirituelle aurait 200 ans, « mutilant » par là même occasion beaucoup de concepts philosophiques, anthropologiques, sociologiques, ethnologiques, et même biologique/écologique au sens propre (car bien sur, les croyances des humains ont des effets écologiques très concret – cf. changement climatique), reliant sociétés, cultures et environnement. Bref, le ton très général sur ces sujets participe à mon sens à une large invisibilisation culturelle (voir amalgames) et une analyse eurocentriste qui n’est pas précisée.

    3. Finalement (et principalement, les deux autres points étant « de fond »), votre présentation de James Lovelock comme un « docteur en médicine » (ce qu’il est), mais pas comme chercheur/scientifique, et la présentation de son hypothèse comme « croyance » qui a surtout eu écho dans le New Age, sont franchement biaisées. Vous parlez « d’idée » et « d’atours scientifiques » et laissez penser que ca a été rejeté par la communauté scientifique…. Bon…. C’est du cherry-picking, pour être clair. Vous dites « j’indique qu’elle a largement été critiquée par ses collègues chercheurs », mais n’indiquez à aucun moment ses contributions ni la reconnaissance scientifique qui a suivi. A vous écouter, on dirait que Lovelock n’a jamais vraiment contribué à la science.

    – Lovelock a fourni les premières données sur les CFCs dans l’atmosphère, permettant de les bannir et ainsi la régénération de la stratosphère, menant à la fermeture progressive du trou de la « couche d’ozone » (de rien, Australie) encore en cours aujourd’hui.

    – Il a développé une méthode encore utilisée aujourd’hui pour détecter des traces de vie dans l’atmosphère d’une planète, et a permis de prouver par la même occasion l’immense contribution de la biosphère dans notre composition (et stabilité) atmosphérique. Je vous laisse imaginer les liens avec les enjeux du changement climatique, biodiversité, utilisation des terres, déforestation, acidification des océans, etc…

    – Et donc, c’est un pionnier de la climatologie et de la science du système Terre apparue au tournant des années 2000 (https://en.wikipedia.org/wiki/Earth_system_science), discipline qu’il a contribué a fondé avec son hypothèse Gaia, qui est une hypothèse scientifique penchant du coté de la théorie aujourd’hui grâce à différentes preuves empiriques et prédictions avérées. Lovelock et Gaïa sont enseignés dans à peu près tous les cursus universitaires portant sur le système Terre aujourd’hui: je l’ai eu dans ma première année (, on le retrouve aussi à McGill au Canada, ou encore Harvard aux USA: https://courses.seas.harvard.edu/climate/eli/Courses/EPS281r/Sources/Gaia/Gaia-hypothesis-wikipedia.pdf).

    Il est reconnu et remercié par la NASA pour qui il a longtemps travaillé:
    « NASA supported Margulis’s work on symbiogenesis and Lovelock and Margulis’s work on the Gaia hypothesis. Their early research contributed to current understanding of how life evolved on Earth and how life and environment co-­evolve. »
    (https://astrobiology.nasa.gov/news/seeking-signs-of-life-a-symposium-celebrating-the-50th-anniversary-of-nasas-exobiology-program/).

    Bref, la façon dont il est présenté dans votre podcast est franchement à la fois réductrice (voir carrément fallacieuse ), et en plus dégradante par association, en le plaçant avant tout dans le champ de la spiritualité plutôt que de la science… Alors que si on a un GIEC aujourd’hui, c’est en partie grâce à lui.

    Il y’a d’autres propos qui sont abordés sous l’angle du « doute » (donc décrédibilisation par association avec le reste du podcast), comme la toile d’interdépendance du vivant, décrite entre autre par la théorie de l’acteur-réseau (https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_l%27acteur-r%C3%A9seau), sur le plan sociologique, mais aussi par d’autres théories plus « dures », comme la théorie de la construction des niches en écologie scientifique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Construction_de_niche). Il y’en a d’autres…

    Dans l’ensemble, aujourd’hui, la science va bien plus dans le sens de la théorie Gaia que dans la vision réductionniste qui la précédait… Qui n’est de toute façon plus très scientifique, vu ce que les sciences du Système Terre ont découvert et apportés à notre compréhension du monde, ainsi que l’importance de la « complexité » dans les sciences actuelles.

    J’ai bien conscience que je ne parle que d’un quart de votre émission en deux partie sur le sujet. Néanmoins, vu les remarques que je me suis faites sur quelques points abordés que je « maitrise » (aussi dans d’autres épisodes), cela me pose des questions quant à votre objectivité dans le traitement de vos sujets en général, je vous avoue, qui m’apparaissent potentiellement à charge sous couvert d’objectivité et d’élucidation.

    Je comprends bien cette intention: « montrer comment le mouvement spirituel contemporain s’est emparé de ces notions, parce qu’elles servent son propos. » Je trouve néanmoins que ca n’est pas l’angle pris dans cette introduction, puisque les lien de causalités entre auteurs et récupérateurs ne sont pas du tout éclaircis dans le cas de Lovelock et de « l’écologie spirituelle », voir obscurcis entre cette dernière et ses racines. Dans le cas précis de Lovelock, il y’a même une inversion de causalité entre ce qui s’est emparé, et les notions/auteurs accaparés. C’est dommage, car cela jette potentiellement l’opprobre, pour des auditeurs non-avertis, sur des sujets au cœur de pistes de pensée tout à fait nécessaires à notre époque (en plus d’être valables scientifiquement).

    Lorsque les propos sont précis et délimités, je trouve vos podcasts excellents. Mais à vouloir être trop générale et englobante, vous prenez le risque d’être mutilante avec la réalité, à mes yeux, et même d’être contre-productive au vu des enjeux actuels, de leurs causes et solutions (« le changement climatique n’est pas pas un problème technique mais culturel », etc…).

    J’espère avoir pu faire passer mes critiques de façon respectueuse et audible.
    Jérémie

    1. Bonjour Jérémie,

      Faire œuvre de vulgarisation n’est pas toujours simple, surtout dans un format court. Veuillez m’excuser si j’ai fait des approximations qui vous semblent fallacieuses. Pour répondre à vos remarques, je tiens à préciser :

      1. Je n’ai pas inventé les termes d’écospiritualité, de spiritualité écologique et d’écologie spirituelle. On les retrouve indifféremment dans la littérature scientifique et la littérature spirituelle, qui ont servi de base à l’écriture de cette chronique. Par exemple : “Pour une écologie spirituelle“ par Satish Kumar, “Repères pour une écospiritualité“, par Michel Maxime Egger, ou encore “Faire le deuil d’un monde qui meurt – quand la collapsologie rencontre l’écospiritualité“, par Jean Chamel.

      2. Dans ce cadre, et comme précisé dès le teaser d’introduction de la série “Chroniques de la spiritualité contemporaine“, je m’attache à décrire et analyser cette notion sous son angle New Age, tel qu’on le rencontre aujourd’hui communément dans les milieux ésotériques. Mon but n’est évidemment pas d’y englober ce qu’un Aborigène ou un Maori conçoit du lien Terre – spiritualité.

      3. Merci pour ces précisions sur Lovelock, dont vous connaissez le travail sans doute bien mieux que moi. Il aurait effectivement été approprié que je précise sa contribution dans le domaine de la climatologie.

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