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La peur de la peur

Par Élisabeth Feytit
Ne pas faire face à sa peur, c'est ajouter de la peur à la peur en la mystifiant un peu plus encore.

Tant que nous aurons des peurs (et il semble impossible de ne pas en avoir), la seule manière de les dissoudre, c’est de les comprendre.

Et la seule manière de les comprendre c’est d’y faire face, c’est-à-dire de les regarder attentivement, de les disséquer, de les décrire, de les analyser… en tant qu’objets extérieurs à nous ; qui ne nous définissent pas, même s’ils font bel et bien partie de notre vie.

Ne pas faire cela (et la tentation est grande), c’est ajouter de la peur à la peur en la mystifiant un peu plus encore : la peur de la peur de quelque chose qui pourrait en définitive ne pas être réel…

Faire face à ses peurs, ce n’est pas, comme certaines phrases toutes faites nous le suggèrent, les provoquer, s’y abandonner ou même y réagir avec « courage » pour les « dépasser ».

On entend souvent aussi cette expression : « sortir de sa zone de confort ». Oui… pourquoi pas ?! Mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, de passer d’une confusion à une autre, de sauter dans le vide parce qu’on a le vertige ou de fixer les hommes droit dans les yeux dans le métro parce qu’on a peur de se faire violer.

Cette phrase que l’on nous répète à l’envi n’a pas de sens tant qu’elle ne s’accompagne pas d’une compréhension véritable de nos peurs et de leurs sources. Sans cela, le résultat n’est rien d’autre qu’un passage à l’acte plus ou moins dangereux, ne révélant qu’une seule vérité : notre très grande crédulité et notre très grande capacité à abandonner notre pouvoir à ce que disent des gens qui sauraient mieux que nous.

Et après ? Après, on n’est pas plus avancé. On est même un peu plus perdu•e à vrai dire, parce qu’on nage en pleine illusion.

Vivre dans une intention de « pensée positive » créée par l’extérieur, voilant nos propres peurs, ne peut en aucun cas créer une réalité différente. C’est juste se cacher derrière de bonnes intentions dénuées de sens pour soi.

Tout au plus aura-t-on déplacé une peur sur un nouveau symptôme, qui ne manquera pas de se manifester et d’être chassé à son tour, pour laisser la place à un autre symptôme. La peur, elle, persistera et croîtra, soyons-en sûr•es.

Non. Faire face à ses peurs, c’est vivre ses émotions pleinement, dans un accueil, une ouverture, une simple étreinte, neutre, dédramatisée, de ce qu’est notre réalité (faits comme réactions), au moment exact où elle se présente à soi.

Alors seulement peut-on se défaire de ses peurs.

Alors seulement peut-on vivre en accord avec soi.

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Commentaires

  1. J’étais obligé de comprendre mon passé, L’éducation  quand j’étais enfant, pour comprendre mes peurs d’aujourd’hui. 
    Maintenant le fait de mieux ce connaître ainsi que notre environnement m’aide beaucoup. 
    Il y a quelques années, j’ai cru à des courant ésotériques et ça n’a fait que de me laver le cerveau. Merci pour ton travail. J’aurai beaucoup à en dire sur ce que j’ai traversé, si y’a besoin de témoignage, hésitez pas.

  2. Je vous rejoins tellement ! Qu’est ce qu’on se sent bien ou déjà mieux quand on arrête de se mentir à soi-même !!! Et du coup aux autres !!! L’idéal serait d’être toujours honnête dans la reconnaissance de nos peur au lieu de juste les affronter. Mais qu’est ce que ça peut être difficile aussi à cause de nos conditionnements !!! Je pense aussi à ce mot qu’on entend et dit trop facilement sans réfléchir : courage ! tellement piégeant !
    Merci Elisabeth

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