#1

La zététique rend-elle insensible ?

Avec Samuel Buisseret, alias Mr.Sam, vidéaste vulgarisateur scientifique

Pour ce premier podcast (à écouter avec les oreilles), je reçois Samuel Buisseret, youtubeur de la chaîne “Mr.Sam – Point d’interrogation“, pour évoquer sa démarche de vulgarisation scientifique auprès du grand public.

À force de décortiquer le réel, de démystifier les croyances fausses, ou de déconstruire le paranormal, passons-nous à côté de la poésie de la vie, de la magie de l’instant, des émotions, de notre humanité tout simplement ?

Timecodes de l'épisode

00:00:41Samuel Buisseret, le couteau suisse belge de la pensée critique
00:01:45Comment définir l'adversaire du sceptique ?
00:06:30On ne peut pas abandonner la science si on l'a comprise.
00:07:55La chaîne Mr. Sam - Point d'interrogation.
00:17:10Histoire d'une déconversion, les fantômes, les synchronicités.
00:22:20La place du doute.
00:24:37C'est quoi la démarche zététique ?
00:29:17L'absence de preuve n'est pas preuve de l'absence.
00:31:25Peut-on être sûr de quelque chose ? La question de l'instinct.
00:34:56Nos biais majeurs : l'argument d'ignorance, le rasoir d'Okham, le biais de confirmation.
00:39:45La différence entre un indice et une preuve, les observations d'OVNIs, la défaillance de notre mémoire.
00:45:15Samuel Buisseret a vu un OVNI !
00:51:51L'entretien épistémique : parler à un croyant.
00:55:16La minute stupide.
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Ressources Épisode #1
La zététique rend-elle insensible ?

Esprit critique :

 

Fantômes et Ovnis :

L'agriculture biologique :

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Commentaires

  1. C’est sur l’hypothèse qu’on existe (en tant que moi), c’est à dire sur l’hypothèse qu’il y en nous une instance indépendante des processus neuro physiologiques (régis par les lois de la physique purement déterministes) et qui a la faculté de produire des pensées autonomes que repose la métacognition.
    Si une telle réalité n’existait pas, c’est à dire si toutes nos pensées étaient déterminées par notre cerveau, on n’aurait même pas conscience de ses biais.Un processus purement physique ne fait pas d’erreur, ça n’a pas de sens, il fait c’est tout suivant les lois aveugles de la physique, et il n’y a pas d’extériorité pour le corriger.
    Pas très raisonnables croire le contraire…et pourtant combien de fois entend-on parmi certains philosophes ou neuro scientifiques, peut être de façon un peu provocatrice que c’est le cerveau qui pense et que notre liberté est une illusion.
    Certes la plupart de nos pensées sont produites par notre activité neuronale automatisée, avec peu de contrôle sur elles de notre part, comme dans un rêve éveillé, (plus chez certains que chez d’autres…), néanmoins il me semble important d’être assuré que la liberté n’est pas une illusion et que la métacognition est certainement une voie qui prend cette hypothèse de travail au sérieux et qui permet l’expérimenter.
    Enfin c’est comme ça que je vois les choses…

    1. Bien que passionnée par la réflexion sur les modes de pensée individuels et collectifs, je ne me prononcerai pas sur la réalité ou non d’un libre arbitre qui n’a pu, jusqu’à présent, être démontré. Même si son existence peut sembler logique, elle est contredite par plusieurs expériences en neurosciences qui laissent notamment apparaître que nous prenons nos décisions et ENSUITE réfléchissons (pour justifier nos décisions).
      Disons que, par ma démarche, je fais un pari qu’il serait possible de changer en amont les conditionnements mentaux qui mènent à ces réponses « automatiques » 🙂

    2. Qui fait le pari? Si c’est l’automate, il va remplacer en amont de ses conditionnements d’autres conditionnement car il ne peut (c’est l’hypothèse des neurosciences) échapper à sa condition d’automate.Cela ne fait donc que reporter le même problème un peu plus loin et donc toute méta cognition est vaine.
      Mais bon…. visiblement ici le bon sens n’est pas suffisant et tant que ne sera pas démontré scientifiquement que nous existons , nous continueront à faire semblant d’exister et d’écrire librement des livres qui nient la liberté…
      Enfin… une raison en contredira toujours une autre et ceci à l’infini.
      Pour finir et pour donner mon opinion 
      (De sujet libre…) oui je pense que la zetetique peut rendre insensible quand elle veut regarder à l’intérieur (sa subjectivité) comme on regarde à l’extérieur ( objectivement) .Cette attitude, je crois, comporte le risque de faire de notre interiorité un extérieur.En d’autres termes de faire de nous des objets.
      Certes des objets sensible…

  2. Je ne sais pas pour vous, mais quand j’entends un interviewé dire une grosse ânerie, ça me coupe l’envie d’écouter la suite de l’entretien.
    Dans le cas de Samuel Bisseret, ça se produit à 24’37 » quand il applique les principes de la zététique à l’agriculture biologique et présente un de ses confrère youtubeur qui a fait une vidéo sur la question (lien ci-dessus). Cette vidéo est parfaitement stupide dans le sens où elle essaye d’apporter une bonne réponse à une mauvaise question: il compare 2 modes de production agricoles que sont l’agriculture INDUSTRIELLE chimique  et l’agriculture  INDUSTRIELLE biologique. Or, d’un point de vue agronomique c’est quasiment la même chose: monoculture d’un même végétal « individu cloné » sélectionné pour sa productivité mais qui ne peut être cultivé sans pesticides, herbicides, fongicides et engrais de synthèse du fait de sa fragilité (la sienne et celle des ses jumeaux puisque ce sont des clones, vous me suivez? Si il y a une attaque de ravageur, un virus ou un champignon, c’est « open bar »). Dans le cas de l’agriculture industrielle biologique pour protéger les cultures on remplace les poisons de synthèse par des poisons naturels (ce qui ne vaut pas beaucoup mieux) et on a pas le droit d’utiliser d’engrais de synthèse (ce qui explique la perte de rendement).
    Pour terminer avec la question du bio et afin de bien comprendre le problème,
    il faut plutôt chercher à répondre aux questions (urgentes) suivantes:
    – Comment rendre nos système agricoles plus résilients ? Sachant qu’il faut actuellement fournir 2 à 10 calories d’énergie fossile pour produire une calorie alimentaire (pas de pétrole = pas de nourriture!!!)
    – Comment nourrir l’humanité entière? Sachant que 70% des surfaces cultivées servent à nourrir les animaux d’élevage (dans ce cas, la réponse est dans la question)
    – Comment éviter l’effondrement de la biodiversité? (pas de biodiversité = pas de vie possible sur terre ou du moins pas pour longtemps, les pandémies, ça doit parler à tout le monde en ce moment!)
    – Comment éviter l’érosion des sols? (surtout dans les pays tropicaux dans lesquels il ne faut surtout pas exporter les pratiques agro-industriels)

    L’agriculture paysanne apporte des réponses quand elle  prend la forme de polycultures biologiques favorisant la biodiversité et avec une production et une distribution locale.
    C’est cette agriculture, porteuse d’un modèle de société, que l’on cherche à défendre en achetant bio (et pas dans une grande surface, vous l’aurez compris). Si certains vont au magasin bio comme d’autres iraient à la pharmacie, c’est qu’ils se trompent de combat.

    Fin de la parenthèse sur le bio.

    On touche ici à un problème de fond de la vulgarisation scientifique sur internet qui, si elle est conduite par des ignorants, conduit à l’ignorance et à une vison binaire des problèmes qui nous entourent.
    Au passage, les 43 000 personnes qui auront vu cette vidéo stupide auront été convaincu que la bio en général ça ne sert à rien, ce qui fait de ce youtubeur soit un communiquant ignorant soit un lobbyiste de l’agro-industrie.

    Il est amusant également de constater que ces anciens « croyants » convertis à la zététique se présentent maintenant comme les « gardiens du temple » de la Science (à laquelle il ne comprennent pas tout visiblement). En fait, ils ont simplement changé de chapelle en remplaçant une pensée toute faite par une autre sans nécessairement la comprendre.
    On peut difficilement être un spécialiste dans tous le domaines mais il me semble qu’un raisonnement scientifique est indissociable d’un minimum de connaissances scientifiques afin de ne pas chercher midi à 14h et de ne pas se noyer dans un verre d’eau.
    ———
    Merci pour ce site, que je découvre petit à petit (j’ai écouté la série sur l’anthroposophie, c’était passionnant)
    Bonne continuation

    Matthieu

    1. Vouloir opposer industriel et « bon bio » ou « puriste » me semble tout aussi erroné que ce que vous opposez à la vidéo citée.
      L’agriculture paysanne est régie par des principes agronomiques certes, mais pas forcément tres bien définis, ce qui laisse une grande marge aux agriculteurs qui souhaitent la pratiquer. En revanche, les principes de l’agriculture biologique sont clairement définis du point de vue réglementaire (lien réglementation :https://www.agencebio.org/profil/pages-communes/les-textes-reglementaires ) et à aucun moment ne bannissent les intrants du système de culture, tout en en limitant l’accès par des critères définis. 
      Dans tous les cas, l’agriculture bio comme conventionnelle ne peuvent se passer d’intrants pour alimenter les plantes qui sont des organismes vivants. Elles ont donc besoin d’eau, de sucres, d’oligo-éléments pour croître et faire fonctionner leurs divers processus naturels (photosynthèse, respiration, synthèses de divers composés comme le nectar par exemple, reproduction… etc)
      Vouloir opposer une nature toute puissante se passant d’intrants à une agriculture qu’elle soit bio ou conventionnelle n’a donc que peu de sens. L’agriculture a pour vocation de produire pour nourrir. Tous les moyens ne sont évidemment pas bons, les progrès des connaissances scientifiques et techniques doivent permettre d’améliorer les pratiques et de limiter les impacts négatifs de tous ordres (sociaux, environnementaux, énergétiques, …).
      Dans tous les cas, opposer « monoculture clonée » et sélection paysanne est une vision partielle de la réalité des pratiques des agriculteurs. Par exemple en 2019, la 1ere « variété » de blé semée par les agriculteurs français est un mélange de plusieurs variétés lignées avec près de 12% de la sole nationale de blé tendre (https://www.franceagrimer.fr/fam/content/download/61615/document/ENQ-CER-repvar-A19.pdf?version=2). Et c’est par une sélection efficace de variétés sur des critères de qualité et de rendement bien définis que l’agriculture a pu atteindre les performances actuelles.
      Les études démontrant la difficulté à produire en quantité et qualité suffisante entre agriculture paysanne, biologique et « conventionnelle » sont légion.
      A titre d’exemple, l’académie d’agriculture a montré ( https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/reperes/le-rendement-moyen-national-du-ble-tendre-dhiver%0Bfrance-1998-2017 ) en blé bio des résultats tres inférieurs en terme de rendement par rapport au blé conventionnel.
      Une étude inra moulon et réseau semences paysannes de 2019 ( https://www.mdpi.com/2071-1050/12/1/128 ) démontre en sélection participative décentralisée , des profils protéine intéressants pour certaines sélections mais des rendements inférieurs aux variétés bio de référence développées dans les années 90 (Renan, Hendrix)
      Malheureusement la preuve de l’efficacité nourricière d’une agriculture sans intrant relève de la croyance.
      Pour répondre aux questions bien légitimes de la résilience de l’agriculture, il est évident qu’il y a des progrès à faire tant en agronomie, qu’en écologie des systèmes cultivés, mais aussi en optimisation des intrants (y compris calories utilisées pour produire l’alimentation comme vous le soulignez) et via l’innovation (sélection génétique : ex de perspectives intéressantes en maïs avec captation de l’azote de l’air et donc reduction de l’azote apporté : https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2006352 )
      Concernant l’érosion de la biodiversité, il est important de regarder les choses globalement et ce n’est pas à la seule agriculture que l’on peut faire peser le choix de nos modes de vie et de leur impact. Les stratégies de préservation sont importantes, l’adaptation des modes de production également. Mais là encore il n’y a pas de réponse simple, et la réalité de l’évolution de la biodiversité à l’echelle mondiale est extrêmement variable, ne laissant pas envisager de solution unique.
      Concernant l’érosion des sols, là encore les enjeux sont majeurs. Le changement climatique impose d’ailleurs un niveau de contrainte supérieur en modifiant les cycles de pluie et les températures, au delà des problématiques agricoles ou d’urbanisation
      Dans tous les cas la réalité des pratiques des agriculteurs est plus complexe et plus réfléchie qu’une approche duale peut le laisser penser. L’agriculture pratiquée par nos agriculteurs permet de produire une nourriture saine, abondante et avec une large palette de choix pour tous les consommateurs.

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