#1

La zététique rend-elle insensible ?

Avec Samuel Buisseret, alias Mr.Sam, vidéaste vulgarisateur scientifique

Pour ce premier podcast (à écouter avec les oreilles), je reçois Samuel Buisseret, youtubeur de la chaîne “Mr.Sam – Point d’interrogation“, pour évoquer sa démarche de vulgarisation scientifique auprès du grand public.

À force de décortiquer le réel, de démystifier les croyances fausses, ou de déconstruire le paranormal, passons-nous à côté de la poésie de la vie, de la magie de l’instant, des émotions, de notre humanité tout simplement ?

Timecodes de l'épisode

00:00:41Samuel Buisseret, le couteau suisse belge de la pensée critique
00:01:45Comment définir l'adversaire du sceptique ?
00:06:30On ne peut pas abandonner la science si on l'a comprise.
00:07:55La chaîne Mr. Sam - Point d'interrogation.
00:17:10Histoire d'une déconversion, les fantômes, les synchronicités.
00:22:20La place du doute.
00:24:37C'est quoi la démarche zététique ?
00:29:17L'absence de preuve n'est pas preuve de l'absence.
00:31:25Peut-on être sûr de quelque chose ? La question de l'instinct.
00:34:56Nos biais majeurs : l'argument d'ignorance, le rasoir d'Okham, le biais de confirmation.
00:39:45La différence entre un indice et une preuve, les observations d'OVNIs, la défaillance de notre mémoire.
00:45:15Samuel Buisseret a vu un OVNI !
00:51:51L'entretien épistémique : parler à un croyant.
00:55:16La minute stupide.
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Ressources Épisode #1
La zététique rend-elle insensible ?

Esprit critique :

Fantômes et Ovnis :

L'agriculture biologique :

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Commentaires

  1. 2 infinis ont la même taille si on peut associer leurs éléments respectifs terme à terme.Ce qui est le cas des ensembles infinis 0,1,2,… et ….-2,-1,0,1,2… contrairement à ce que dit Sam quand il donne cet exemple pour illustrer que des infinis peuvent être plus grands que d’ confond l’inclusion et la relation d’ordre entre ensembles infinis.un détail.
    La dem est simple.
    Par ex:
    https://www.ilemaths.net/sujet-bijection-de-n-dans-z-154607.html

    On peut aussi montrer de la même manière que l’ensemble des fractions est « aussi grand » que l’ensemble des entiers naturels, ce qui est complètement contre intuitif.
    Voir la théorie de Kantor qui fourmille de faits mathématiques encore beaucoup plus étranges.

    Par ailleurs,
    Quand Sam dit que ce qu’il y a de plus cohérent pour la science actuelle (neurosciences je présume) est que nous n’existions pas vraiment (en tant que sujets j’imagine) car résultats d’arrangements matériels, je me demande qui en est arrivé à ces faut bien un sujet qui se mette en face de son objet d’étude, en l’occurrence la matière de sa propre espèce pour arriver à cette conclusion autodestructrice…et s’il n’existe pas vraiment, sa conclusion n’a aucune valeur, voir aucun sens… bizarre…
    Je dois être trop naïf 🙃
    Voilà j’ai dû interrompre ma lecture du pod cast pour ces quelques remarques ingénues.
    Je reprends 😊
    Merci pour ton travail passionnant 🏻

    Fabien 

    1. Bonjour Fabien,
      merci pour votre intérêt et pour votre remarque sur la question des infinis. En effet, cette erreur a été soulevée sur d’autres réseaux et méritait d’être rectifiée.

  2. La zététique rend- elle insensible?
    Je ne sais pas mais quand Sam dis, je cite en substance, que l’hypothèse la plus raisonnable actuellement pour 
    « La science » est que nous n’existions pas vraiment (en gros que nous soyons des automates mus par des processus neuronaux à l’intérieur de notre cerveau)
    ça ne me parait pas du tout raisonnable voire ça manque de sensibilité, au sens bon sens.
    Comment dans un monde d’automate, l’un d’eux aurait pu s’apercevoir qu’il vivait dans un tel monde???
    Il faudrait pour cela que naisse en lui la notion de non automate.Dans un monde où tout le monde voit bleu, le concept de couleur ne peut exister, ne viendrait à l’idée de personne.
    J’insiste un peu car c’est un point aveugle qui me parait fondamental de prendre en compte.
    Le cerveau pense est une vision auto contradictoire.
    Il me semble que La zetetique devrait être sensible à ce fait de la logique.

  3. C’est sur l’hypothèse qu’on existe (en tant que moi), c’est à dire sur l’hypothèse qu’il y en nous une instance indépendante des processus neuro physiologiques (régis par les lois de la physique purement déterministes) et qui a la faculté de produire des pensées autonomes que repose la métacognition.
    Si une telle réalité n’existait pas, c’est à dire si toutes nos pensées étaient déterminées par notre cerveau, on n’aurait même pas conscience de ses biais.Un processus purement physique ne fait pas d’erreur, ça n’a pas de sens, il fait c’est tout suivant les lois aveugles de la physique, et il n’y a pas d’extériorité pour le corriger.
    Pas très raisonnables croire le contraire…et pourtant combien de fois entend-on parmi certains philosophes ou neuro scientifiques, peut être de façon un peu provocatrice que c’est le cerveau qui pense et que notre liberté est une illusion.
    Certes la plupart de nos pensées sont produites par notre activité neuronale automatisée, avec peu de contrôle sur elles de notre part, comme dans un rêve éveillé, (plus chez certains que chez d’autres…), néanmoins il me semble important d’être assuré que la liberté n’est pas une illusion et que la métacognition est certainement une voie qui prend cette hypothèse de travail au sérieux et qui permet l’expérimenter.
    Enfin c’est comme ça que je vois les choses…

    1. Bien que passionnée par la réflexion sur les modes de pensée individuels et collectifs, je ne me prononcerai pas sur la réalité ou non d’un libre arbitre qui n’a pu, jusqu’à présent, être démontré. Même si son existence peut sembler logique, elle est contredite par plusieurs expériences en neurosciences qui laissent notamment apparaître que nous prenons nos décisions et ENSUITE réfléchissons (pour justifier nos décisions).
      Disons que, par ma démarche, je fais un pari qu’il serait possible de changer en amont les conditionnements mentaux qui mènent à ces réponses « automatiques » 🙂

    2. Qui fait le pari? Si c’est l’automate, il va remplacer en amont de ses conditionnements d’autres conditionnement car il ne peut (c’est l’hypothèse des neurosciences) échapper à sa condition d’automate.Cela ne fait donc que reporter le même problème un peu plus loin et donc toute méta cognition est vaine.
      Mais bon…. visiblement ici le bon sens n’est pas suffisant et tant que ne sera pas démontré scientifiquement que nous existons , nous continueront à faire semblant d’exister et d’écrire librement des livres qui nient la liberté…
      Enfin… une raison en contredira toujours une autre et ceci à l’infini.
      Pour finir et pour donner mon opinion 
      (De sujet libre…) oui je pense que la zetetique peut rendre insensible quand elle veut regarder à l’intérieur (sa subjectivité) comme on regarde à l’extérieur ( objectivement) .Cette attitude, je crois, comporte le risque de faire de notre interiorité un extérieur.En d’autres termes de faire de nous des objets.
      Certes des objets sensible…

  4. Je ne sais pas pour vous, mais quand j’entends un interviewé dire une grosse ânerie, ça me coupe l’envie d’écouter la suite de l’entretien.
    Dans le cas de Samuel Bisseret, ça se produit à 24’37 » quand il applique les principes de la zététique à l’agriculture biologique et présente un de ses confrère youtubeur qui a fait une vidéo sur la question (lien ci-dessus). Cette vidéo est parfaitement stupide dans le sens où elle essaye d’apporter une bonne réponse à une mauvaise question: il compare 2 modes de production agricoles que sont l’agriculture INDUSTRIELLE chimique  et l’agriculture  INDUSTRIELLE biologique. Or, d’un point de vue agronomique c’est quasiment la même chose: monoculture d’un même végétal « individu cloné » sélectionné pour sa productivité mais qui ne peut être cultivé sans pesticides, herbicides, fongicides et engrais de synthèse du fait de sa fragilité (la sienne et celle des ses jumeaux puisque ce sont des clones, vous me suivez? Si il y a une attaque de ravageur, un virus ou un champignon, c’est « open bar »). Dans le cas de l’agriculture industrielle biologique pour protéger les cultures on remplace les poisons de synthèse par des poisons naturels (ce qui ne vaut pas beaucoup mieux) et on a pas le droit d’utiliser d’engrais de synthèse (ce qui explique la perte de rendement).
    Pour terminer avec la question du bio et afin de bien comprendre le problème,
    il faut plutôt chercher à répondre aux questions (urgentes) suivantes:
    – Comment rendre nos système agricoles plus résilients ? Sachant qu’il faut actuellement fournir 2 à 10 calories d’énergie fossile pour produire une calorie alimentaire (pas de pétrole = pas de nourriture!!!)
    – Comment nourrir l’humanité entière? Sachant que 70% des surfaces cultivées servent à nourrir les animaux d’élevage (dans ce cas, la réponse est dans la question)
    – Comment éviter l’effondrement de la biodiversité? (pas de biodiversité = pas de vie possible sur terre ou du moins pas pour longtemps, les pandémies, ça doit parler à tout le monde en ce moment!)
    – Comment éviter l’érosion des sols? (surtout dans les pays tropicaux dans lesquels il ne faut surtout pas exporter les pratiques agro-industriels)

    L’agriculture paysanne apporte des réponses quand elle  prend la forme de polycultures biologiques favorisant la biodiversité et avec une production et une distribution locale.
    C’est cette agriculture, porteuse d’un modèle de société, que l’on cherche à défendre en achetant bio (et pas dans une grande surface, vous l’aurez compris). Si certains vont au magasin bio comme d’autres iraient à la pharmacie, c’est qu’ils se trompent de combat.

    Fin de la parenthèse sur le bio.

    On touche ici à un problème de fond de la vulgarisation scientifique sur internet qui, si elle est conduite par des ignorants, conduit à l’ignorance et à une vison binaire des problèmes qui nous entourent.
    Au passage, les 43 000 personnes qui auront vu cette vidéo stupide auront été convaincu que la bio en général ça ne sert à rien, ce qui fait de ce youtubeur soit un communiquant ignorant soit un lobbyiste de l’agro-industrie.

    Il est amusant également de constater que ces anciens « croyants » convertis à la zététique se présentent maintenant comme les « gardiens du temple » de la Science (à laquelle il ne comprennent pas tout visiblement). En fait, ils ont simplement changé de chapelle en remplaçant une pensée toute faite par une autre sans nécessairement la comprendre.
    On peut difficilement être un spécialiste dans tous le domaines mais il me semble qu’un raisonnement scientifique est indissociable d’un minimum de connaissances scientifiques afin de ne pas chercher midi à 14h et de ne pas se noyer dans un verre d’eau.
    ———
    Merci pour ce site, que je découvre petit à petit (j’ai écouté la série sur l’anthroposophie, c’était passionnant)
    Bonne continuation

    Matthieu

    1. Vouloir opposer industriel et « bon bio » ou « puriste » me semble tout aussi erroné que ce que vous opposez à la vidéo citée.
      L’agriculture paysanne est régie par des principes agronomiques certes, mais pas forcément tres bien définis, ce qui laisse une grande marge aux agriculteurs qui souhaitent la pratiquer. En revanche, les principes de l’agriculture biologique sont clairement définis du point de vue réglementaire (lien réglementation :https://www.agencebio.org/profil/pages-communes/les-textes-reglementaires ) et à aucun moment ne bannissent les intrants du système de culture, tout en en limitant l’accès par des critères définis. 
      Dans tous les cas, l’agriculture bio comme conventionnelle ne peuvent se passer d’intrants pour alimenter les plantes qui sont des organismes vivants. Elles ont donc besoin d’eau, de sucres, d’oligo-éléments pour croître et faire fonctionner leurs divers processus naturels (photosynthèse, respiration, synthèses de divers composés comme le nectar par exemple, reproduction… etc)
      Vouloir opposer une nature toute puissante se passant d’intrants à une agriculture qu’elle soit bio ou conventionnelle n’a donc que peu de sens. L’agriculture a pour vocation de produire pour nourrir. Tous les moyens ne sont évidemment pas bons, les progrès des connaissances scientifiques et techniques doivent permettre d’améliorer les pratiques et de limiter les impacts négatifs de tous ordres (sociaux, environnementaux, énergétiques, …).
      Dans tous les cas, opposer « monoculture clonée » et sélection paysanne est une vision partielle de la réalité des pratiques des agriculteurs. Par exemple en 2019, la 1ere « variété » de blé semée par les agriculteurs français est un mélange de plusieurs variétés lignées avec près de 12% de la sole nationale de blé tendre (https://www.franceagrimer.fr/fam/content/download/61615/document/ENQ-CER-repvar-A19.pdf?version=2). Et c’est par une sélection efficace de variétés sur des critères de qualité et de rendement bien définis que l’agriculture a pu atteindre les performances actuelles.
      Les études démontrant la difficulté à produire en quantité et qualité suffisante entre agriculture paysanne, biologique et « conventionnelle » sont légion.
      A titre d’exemple, l’académie d’agriculture a montré ( https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/reperes/le-rendement-moyen-national-du-ble-tendre-dhiver%0Bfrance-1998-2017 ) en blé bio des résultats tres inférieurs en terme de rendement par rapport au blé conventionnel.
      Une étude inra moulon et réseau semences paysannes de 2019 ( https://www.mdpi.com/2071-1050/12/1/128 ) démontre en sélection participative décentralisée , des profils protéine intéressants pour certaines sélections mais des rendements inférieurs aux variétés bio de référence développées dans les années 90 (Renan, Hendrix)
      Malheureusement la preuve de l’efficacité nourricière d’une agriculture sans intrant relève de la croyance.
      Pour répondre aux questions bien légitimes de la résilience de l’agriculture, il est évident qu’il y a des progrès à faire tant en agronomie, qu’en écologie des systèmes cultivés, mais aussi en optimisation des intrants (y compris calories utilisées pour produire l’alimentation comme vous le soulignez) et via l’innovation (sélection génétique : ex de perspectives intéressantes en maïs avec captation de l’azote de l’air et donc reduction de l’azote apporté : https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2006352 )
      Concernant l’érosion de la biodiversité, il est important de regarder les choses globalement et ce n’est pas à la seule agriculture que l’on peut faire peser le choix de nos modes de vie et de leur impact. Les stratégies de préservation sont importantes, l’adaptation des modes de production également. Mais là encore il n’y a pas de réponse simple, et la réalité de l’évolution de la biodiversité à l’echelle mondiale est extrêmement variable, ne laissant pas envisager de solution unique.
      Concernant l’érosion des sols, là encore les enjeux sont majeurs. Le changement climatique impose d’ailleurs un niveau de contrainte supérieur en modifiant les cycles de pluie et les températures, au delà des problématiques agricoles ou d’urbanisation
      Dans tous les cas la réalité des pratiques des agriculteurs est plus complexe et plus réfléchie qu’une approche duale peut le laisser penser. L’agriculture pratiquée par nos agriculteurs permet de produire une nourriture saine, abondante et avec une large palette de choix pour tous les consommateurs.

    1. Vous faites allusion à un « rapport » sur une experience intéressante mais non reproduite (reproductible ?). Et quand on ne trouve pas de sources autres qu’un seul rapport, ce n’est jamais bon signe…
      Dans tous les cas, la difficulté de ce type de structure agricole porte sur le travail : la main d’œuvre y est indispensable mais souvent sous-rémunérée (stage, bénévolat…) et la capacité à produire suffisamment pour pallier la baisse de rendement n’est jamais analysée (ce qui n’est pas produit là devra bien l’être ailleurs…).
      Il y avait l’exemple de la ferme d’avenir (Rostan) sur lequel les très mauvais résultats économiques, une fois tout intégrés, avaient été mis en lumière en 2018 ou 2019.

      Pour le reste, je vous renvoie à l’académie d’agriculture « Blé tendre d’hiver France comparaison rendement moyen et biologique » : https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/reperes/0104r11-ble-tendre-dhiver-france-comparaison-rendement-moyen-et#.YEXfupoWvEA.twitter..

  5. Autre affirmation fausse : « les fruits et légumes traités ne contiennent plus d’herbicides ou pesticides lorsqu’on les mange ». D’après cette thèse qui date déjà : « Les résultats sont les suivants : 56,2 % des échantillons ne contiennent pas de résidus. » Cela signifie que 44% en contiennent, ce n’est pas rien !…
    p. 62 :
    https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01739150/document
    Et pas plus tard qu’aujourd’hui dans le Monde :
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/27/scandale-du-chlordecone-plusieurs-milliers-de-manifestants-en-martinique-contre-l-impunite_6071431_3244.html

    « Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France, et les populations antillaises présentent un taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde. »
    Les partisans des aliments traités me disent souvent : « oui mais là les doses étaient énormes », mais une petite dose à long terme équivaut à une haute dose à court terme étant donné que notre corps stocke à chaque fois une partie des toxines ingérées (reins, foie) et subit leurs effets à chaque passage (lésions). On sait aujourd’hui qu’il n’y a pas d’effet dose-dépendant, que c’est un mythe monté de toute pièce par l’industrie pour nous faire avaler (au sens propre ! ) n’importe quoi !
    Voir l’excellent documentaire de Arte sur les études dose-dépendance mises en avant par l’industrie pour vendre mieux leurs produits : 
    https://www.arte.tv/fr/videos/091148-000-A/la-fabrique-de-l-ignorance

    1. Pour les résidus, je vous renvoie à l’EFSa qui reste la seule référence et qui, si évidement elle ne démontre pas d’absence totale de résidus, démontre à la fois leur faible présence et le peu de situations engageant les seuils réglementaires :
      https://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/6057.

      Concernant le documentaire que vous citez, il est très bien fait et convaincant. En revanche, il s’appuie sur deux exemples qui me semblent problématiques.

      Tout d’abord, la mortalité des abeilles qui serait liée aux néonicotinoïdes. En réalité, il n’y a jamais autant eu d’abeilles, semble-t-il… Cette conférence propose un état des lieux général : 
      https://youtu.be/reEmIZBXyc4?t=2660.
      Ce qui est intéressant à noter, c’est que dans le documentaire, justement, aucun chercheur ne dit que les néonicotinoïdes sont la cause de la mortalité des abeilles. Mais c’est induit chez le spectateur. Ce procédé de démonstration est clairement trompeur. De même, on parle de l’ire populaire et des reportages qui montrent des abeilles mortes mais on ne donne pas de chiffres. Bref, il y a de la manipulation… Ce qui est courant dans les documentaires…

      Ensuite, le cas du Roundup. La démonstration s’appuie sur le fait qu’un jardinier atteint de cancer ait gagné un procès. Sous-entendu, la justice a permis d’aller contre les lobbys industriels. Le problème, c’est que ce jugement a été donné par un jury populaire et non par des juges spécialisés. On comprend bien que des “gens“ aient voulu “rendre justice“ à ce monsieur, sans forcément s’appuyer sur des preuves (que ce procès n’a pas avancées puisqu’il n’y en avait pas). À la suite de cette séquence, le commentaire en off se contente de dire que depuis ce procès, de plus en plus d’études montrent la nocivité du Roundup… C’est un peu court ! 

      En dehors de ça, le propos général est très intéressant, je vous l’accorde.

  6. Je trouvais l’utilisation de la zététique sur tous les sujets (et non plus sur ceux du paranormal) avait l’air fumeux, donc cette interview me le confirme : c’est fumeux.

    LA science, je ne connais pas. Je connais LES sciences : mathématique, biologie, physique, chimie, sciences humaines, etc…

    Ceux qui utilisent le vocabulaire LA me rapellent les croyants des religions pour qui il y a LA religion, alors que dans le monde il y a LES religions avec des croyances assez différentes.

    Toutes les sciences utilisent des méthodes qui leurs sont propres et peuvent évoluer en fonction de l’évolution des savoirs, il existe des querelles de méthodes entre scientifiques.
    Comment en sachant cela se référer à LA science ou à LA méthode scientifique ?

    Pour moi, ce qui serait vraiment utile c’est d’avoir un socle de connaissances scientifiques et de connaissances de méthodes utilisées, et d’avoir des médias qui expliquent les évolutions, les querelles, etc…
    Je lisais « La Recherche » quand j’étais jeune qui faisait état de cela de façon relativement grand public. Mais l’état de la presse scientifique laisse vraiment à désirer et cela explique beaucoup ces approches fumeuses.

    Mais ce serait tout aussi utile d’avoir aussi un socle de connaissances philosophiques, voire de connaissances des différentes religions du monde. Tout ce qui sert de socle aux croyances humaines depuis longtemps. Et d’histoire aussi.

    Cela sert à comprendre ce qui tient les être humains ensemble, ce qui est important pour eux. Les sciences en font partie évidemment et elles sont le produits de milliers d’années de savoirs et d’expériences en tout genre. Les mathématiques ont une histoire extraordinaire qui permet de bien comprendre comment les sciences évoluent et se développent, parfois associées à des croyances ou des fonctionnements sociétaux, comment parfois elles se trompent aussi.

    Sinon, ce Monsieur à l’air fort sympathique mais il devrait mieux travailler son vocabulaire, ses méthodes et se faisceaux de croyances personnelles.

    Merci pour cette interview qui est venu confirmer le ressenti que j’avais concernant LA zététique !

    1. Bonjour,
      il est en effet important de souligner que chaque discipline scientifique a sa méthodologie et que les découvertes scientifiques se sont faites au gré d’essais et erreurs, eux-mêmes fortement conditionnés par les croyances de leur temps. À ce sujet, vous serez peut-être intéressée par mon émission avec Cécile de Hosson, chercheuse en didactique des sciences : https://metadechoc.fr/podcast/lenseignement-a-la-loupe/, et par celle avec la chercheuse en études sociales des sciences Odile Fillod : https://metadechoc.fr/podcast/les-hommes-les-femmes-mars-et-venus/

  7. Bonjour Mr Sam,

    Je ne pense pas que tu repasses par ici dans les commentaires, mais sait-on jamais. J’ai été assez perturbé par ton expérience d’ovni dont tu parles ici et sur ta chaîne Youtube. Et sans prétendre apporter des réponses, j’y ai trouvé des similitudes avec quelques expériences que j’ai vécues, moi ou un proche. Elles tournent toutes autour de la difficulté à interpréter quelque chose que je voyais.
    1. Je me promenais de nuit à vélo et j’ai vu quelque chose au milieu de la route. Quelque chose d’informe, d’à peu près 30 – 40 cm de haut et environ 15 – 20 cm de large avec des motifs difficiles à discerner. A mesure que je m’approchais, j’ai eu l’impression très étrange et assez effrayante qu’il s’agissait d’un chat, assis, avec la tête à moitié tranchée qui pendait devant lui. A mesure que je m’approchais, cette impression semblait se confirmer, mais je n’étais pas tant effrayé par ce chat mort-vivant que par l’impossibilité de saisir exactement ce que je voyais. Ma peur a augmenté jusqu’à ce que, à environ 2 m de l’objet je réalisai qu’il s’agissait d’un carton mouillé et plié bizarrement.
    Un professeur d’optique m’avait expliqué une fois que l’oeil formait un système optique de très mauvaise qualité (« […] ça fait une image de merde »). En optique, la forme d’une lentille doit être extrêmement précise, et elle a une longueur focale fixe. Le cristallin, au contraire, se déforme d’une façon un peu arbitraire qui donne nécessairement lieu à des aberrations, qui sont ensuite corrigées par le cerveau (une lentille qui se déforme tout en gardant une forme précise est quasiment impossible à réaliser, même pour la nature (!)). En d’autres termes, on voit n’importe quoi mais le cerveau corrige. J’avais aussi lu (je suis incapable d’apporter une source) que ce que l’on voit peut beaucoup dépendre de ce que l’on croit. Une même scène pourra être interprétée de façon différente par deux personnes, les poussant même à y voir des détails différents. C’est un peu ce que j’avais observé avec cette histoire du chat. A mesure que mon interprétation du chat se précisait, je voyais de plus en plus de détails, comme la position bien précise de la patte, qui était exactement celle d’un chat, la forme de sa tête et de son visage de chat, des détails très précis, même jusqu’à ses poils (j’ai réellement vu tout ça, je ne l’ai pas imaginé), toujours sans que je sois complètement sûr qu’il s’agissait d’un chat, mais ça commençait à beaucoup y ressembler. En tout cas, c’était une expérience vraiment très perturbante.
    2. J’ai vécu une autre histoire de ce genre en faisant du kayak sur un rivière calme, je devais faire plusieurs fois le tour d’une île. Lors du premier tour, j’ai remarqué une forme noire et blanche immobile à la surface de l’eau, d’environ 1 m 50 à 2 m de long. Sans en être sûr, j’avais l’impression que cela ressemblait au dos d’un animal, et c’était pour le moins inquiétant. Après quelques tours, j’ai mal géré ma trajectoire et j’ai commencé à m’en approcher malgré moi. A mesure que je m’approchais, je commençais à m’imaginer qu’il s’agissait du dos d’un poney, la tête sous l’eau et très probablement mort. Je n’ai pas toujours des visions morbides, c’est une coincidence. Toujours est-il que là aussi, mon impression semblait se confirmer. Je reconnaissais le début d’un cou d’équidé, je commençais à distinguer sa colonne vertébrale qui format une petite bosse sur son dos. Et encore une fois, c’était plutôt l’incertitude qui m’effrayait et le fait de n’avoir toujours pas la confirmation de ce que je voyais, même à deux mètres de l’objet. J’ai appris plus tard par quelqu’un d’autre qu’il s’agissait juste d’un vieux canapé. Donc probablement pas de cou ni de colonne vertébrale.
    3. Je connais quelqu’un qui m’a également rapporté qu’une nuit elle avait vu une forme étrange dans un coin près d’un immeuble, et qu’elle avait mis un certain temps avant de comprendre de quoi il s’agissait. En s’approchant elle n’arrivait pas à savoir si il s’agissait d’une personne ou pas. Elle n’aurait pas eu peur si elle avait su à coup sûr qu’il s’agissait d’une personne, mais elle avait peur car elle n’arrivait pas à déterminer si elle avait eu tort de se croire seule. Et en s’approchant, elle a finalement vu qu’il s’agissait d’un sac poubelle posé un peu bizarrement.

    Chacune de ces situations a finalement trouvé une résolution, mais je n’ose pas imaginer ce que j’aurais senti si j’étais resté dans cette incertitude, ou si j’avais jonglé entre plusieurs interprétations sans jamais être sûr de rien, et sans jamais avoir l’occasion de trouver une résolution à cette incertitude. Cette impression d’étrangeté était monté crescendo pour finalement retomber d’un coup à la résolution de l’énigme, je ne sais pas comment j’aurais vécu la chose si l’objet de mon observation s’était fait la malle avant que je puisse avoir cette résolution.
    Et je me demande, comme ce que l’on voit dépend beaucoup de l’idée qu’on s’en fait (comme moi qui a cru voir les poils du chat ou la colonne vertébrale du canapé) qu’est ce qu’on peut voir quand on n’a pas du tout d’interprétation, ou quand on jongle entre les interprétations ? Est ce qu’on peut vraiment se fier aux détails qu’on a vus ? Est ce qu’on peut se fier à la trajectoire qu’on a vue et sa vitesse etc… tout comme je n’aurais pas du me fier aux poils du chat, ou à la tête du poney.
    Je ne sais pas si ce phénomène a déjà été décrit, et si il porte un nom. Mais il me fait un tout petit peu penser à cette image générée par une IA et qui circule en ce moment. On y voit différentes formes qui semblent réelles sans qu’on puisse leur trouver une interprétation. C’est assez perturbant aussi, en tout cas :

    https://www.livescience.com/65317-unidentifiable-objects-viral-photo.html

  8. Très intéressant et je suis très heureux de découvrir votre site. Je regrette l’azttaque sur le bio et la source qui en est donnée, car celle-ci (https://www.youtube.com/watch?v=2P4Pw1V_ou0) est très contestable et un peu basique dans ses démonstrations (il suffit d’ailleurs de lire le premier commentaire sous la vidéo pour s’en convaincre). D’ailleurs ce YouTubeur, Matadon, semble être un grand défenseur de Monsanto. Je me demande pourquoi ? Quelqu’un sait d’où sort ce type ? Encore un confusionniste ? Mais du coup le commentaire de Samuel Buisseret sur le bio perd beaucoup de sa pertinence…
    Bonne journée et merci pour tout

    1. Bienvenue à vous, Christian.
      L’auteur de cette vidéo donne toutes ses sources (lien en description). Je vous invite à les consulter.
      Les questions d’agriculture sont fort complexes et la dichotomie bio/industriel n’est souvent pas pertinente. Un jour, je ferai une émission sur le sujet !

  9. Bonjour, je trouva ça gênant que Matadon soit référencé en ressource étant donné le point de vue très orienté qu’il propose dans sa vidéo sur la bio. Faut-il citer 2-3 études scientifiques pour être considéré comme sérieux et objectif dans Méta de choc? La plupart de son argumentaire en faveur de l’agriculture dite conventionnelle n’est pas justifié par des études scientifiques et il omet ou diminue certains arguments en faveur de la bio (environnemental notamment sur l’élevage, le bien être animal n’est pas un argument suffisant selon lui pour acheter de la viande bio et quid de la déforestation engendrée pour la culture du soja qui sert à nourrir l’industrie de la viande et qui est pour le coup interdit en élevage certfié biologique ?, Quid des conditions de travail et de rémunération des agriculteurs, des suicides élevés dans la profession agricole causés par les situations de surendettement des agriculteurs et éleveurs, endettement nécessaire pour faire de l’agriculture conventionnelle mécanisée et chimique, quid de la perte d’autonomie des ces mêmes agriculteurs et éleveurs, de l’accaparement de savoirs faire et des outils de production par les multinationales, et j’en passe). En tant qu’agronome, je trouve ça choquant que quelqu’un qui se revendique du scepticisme et de la pensée critique puisse considérer cette vidéo de Matadon comme objective et pertinente. Je réagit sur cette ressource parce qu’il s’agit d’un domaine que je connais, mais cela m’interroge sur la qualité des autres ressources qui peuvent être proposées.

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