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Vouloir la bonté ne permet pas la bonté

Par Élisabeth Feytit
À quoi donc nous mène cette sacro-sainte volonté, assénée depuis l'enfance par notre culture judéo-chrétienne ?

Pourquoi faut-il que la volonté soit érigée en qualité ? Pourquoi faut-il vouloir ?

Parce que. Parce que sans volonté, le monde ne peut être que paresse, laisser-aller et anarchie.

Ah oui ?

Et à quoi donc nous mène cette sacro-sainte volonté, assénée depuis l’enfance par notre culture judéo-chrétienne, et désormais par les papes du développement personnel motivationnel ? À des actions plaquées, à de la violence auto-infligée, à des décisions bien-pensantes et vides de sens… Si loin de nos besoins propres. Parce qu’il le faut.

Ce concept de volonté (car c’en est un) naît de l’identification au groupe, de la définition de soi en référence à des valeurs qui nous sont extérieures. Il est aussi le résultat direct de notre quête irrationnelle et compulsive de réponses, dès lors que nous sommes face à l’incertitude (jugée par principe inquiétante et insupportable). Il est si facile de se jeter dans une obligation (avec force volonté !) plutôt que de s’interroger, de prendre le temps de la réflexion, de faire face à l’inconnu en donnant simplement le temps au temps.

La volonté n’a rien à voir avec le courage. C’est au contraire l’obéissance à une règle (souvent diffuse, sociale, non identifiée), à une loi qui impose le faire. La volonté, c’est la militarisation du désir naturel, l’anéantissement d’un élan créateur étouffé dans l’œuf. C’est la négation de la personne pour un prétendu bien-être (cherchez l’erreur), voire, chez les plus téméraires, pour un présumé bien-commun.

Et que dire de la bonté telle qu’elle est, elle aussi, enseignée dans nos sociétés judéo-chrétiennes ?

Une bonté érigée en devoir ou en recette du bonheur individuel et collectif induit automatiquement son verso : la comparaison, la condamnation, la peur et logiquement… la réaction égoïste. Et ne parlons pas du devoir d’amour inconditionnel, repris à toutes les sauces ces derniers temps par les nouveaux leaders de la spiritualité New Age !

En clair, vouloir la bonté mène à la platitude et à l’aliénation.

L’intelligence, c’est-à-dire la capacité d’observation et de compréhension intime de soi et de ce qui nous entoure, peut générer quant à elle la bonté, le partage, le don et l’attention. Spontanément.

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Commentaires

  1. Il semble que vous avez une définition de la volonté bien particulière, il faudrait nous expliquer ce que vous entendez par « volonté » pour que l’on puisse comprendre votre texte.
    La définition du CNRTL est la suivante: « Faculté de l’homme de se déterminer, en toute liberté et en fonction de motifs rationnels, à faire ou à ne pas faire quelque chose. »
    A la lumière de cette définition vos deux première phrases n’ont pas de sens:
    « Pourquoi faut-il que la volonté soit érigée en qualité ? Pourquoi faut-il vouloir ? »
    Il ne peut pas y avoir de jugement de valeur sur la volonté en tant que telle, ca ne peut être ni une qualité ni un défaut, simplement une faculté. Le jugement de valeur peut être fait sur l’objectif que vous vous fixez et qui fera appel à votre volonté, mais non pas sur la volonté elle même.
    Il n’est pas non plus nécessaire de se demander s’il faut vouloir ou non, c’est simplement comme cela que l’on fonctionne.
    Par exemple, si vous décidez de faire un régime c’est votre volonté qui va vous permettre d’agir dans ce sens. Après, est-ce que c’est bien pour vous de faire un régime, ca c’est une autre question qui, elle, nécessite d’être posée et dont la réponse ne nous regarde pas ! 😉

    1. Bonjour Charles,
      merci de votre intérêt.
      Le mot volonté a effectivement plusieurs acceptions. Celle dont il est question dans ce billet s’inscrit dans le langage courant et psychologique. Le Larousse indique : « Disposition de caractère qui porte à prendre des décisions avec fermeté et à les conduire à leur terme sans faiblesse, en surmontant tous les obstacles ». Le Robert : « Faculté de vouloir, de se déterminer librement à agir ou à s’abstenir. Effort de volonté. »
      Suivant ces définitions, la volonté est vue dans notre société comme une qualité importante. Une personne jugée sans volonté n’inspire guère le respect. Mais pour moi, parler de volonté est le meilleur moyen de plaquer sur soi et les autres des injonctions sources de souffrances et qui ne prennent pas en compte la multitude de facteurs humains qui nous amènent chacun•e à mener une action ou pas.

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