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Ma profession de foi

Par Élisabeth Feytit
Qu'est-ce que le scepticisme ? Une réflexion hors des dogmes et des idées préconçues.

J’ai été éduquée dans un scepticisme roi qui servait en réalité à perpétuer les croyances familiales. Il était de bon ton de critiquer les choses qui nous semblaient farfelues, non-rationnelles, mais les hypothèses à l‘origine de nos propres opinions n’étaient jamais questionnées.

Sans que cela soit clairement établi, dans la pratique, notre système de pensée était intouchable. Toute information qui venait à remettre en cause l’une de nos croyances culturelles, religieuses ou politiques était écartée d’un revers de main, avec une moue sceptique ou une remarque savante en pied-de-nez. Voilà. La discussion s’arrêtait là. Sans aucune curiosité d’aller plus loin, d’explorer de nouveaux territoires.

J’ai mis des années à comprendre ce qu’est le vrai scepticisme : une réflexion hors des dogmes et des idées préconçues, où les hypothèses sont testées, mises à l’épreuve des faits pour être validées ou non.

Je ne parle pas ici du doute pour le doute qui est une pratique stérile, mais de la pensée critique : le questionnement et l’analyse qui permettent une compréhension de ce qui nous entoure, au plus près du réel. En dissociant bien les interprétations des faits ; ce que les choses pourraient être, ce que l’on voudrait qu’elles soient, de ce qu’elles sont réellement.

Il est si tentant de passer outre une information qui remettrait en cause notre système de pensée, nos principes…

De la naissance à l’âge adulte, j’ai été influencée par la religion puis par la spiritualité (suivant notamment la vague contemporaine de l’ésotérisme et des pseudosciences) jusqu’à ce que je comprenne que tout cela me dépossédait de ma propre capacité à penser.

Comme des millions d’autres personnes, inspirée par mon propre conditionnement et un désir de vérité ultime, j’ai accordé du crédit à un principe religieux, à une théorie du complot ou à un remède miracle proposé par la “médecine alternative“.

Non pas qu’aujourd’hui je croie aveuglément à tout ce que les études scientifiques nous disent (nous savons bien que nombre de résultats actuels seront bousculés un jour ou l’autre) mais je pense que la démarche scientifique (hypothèse / expérience / conclusion / nouvelle hypothèse) reste à ce jour le moyen le plus fiable d’observer et évaluer notre monde. Et surtout, de permettre une évolution constructive des idées.

La transcendance existe peut-être. Les fées et les anges peut-être aussi. Mais il n’est plus question pour moi que ma réflexion et mes processus de décision soient phagocytés par des suppositions dont je sais pourtant qu’elles pourraient satisfaire mes questions existentielles.

La diversion, l’endoctrinement et les fake news sont partout, et il est bien difficile d’échapper à leur emprise insidieuse. Aujourd’hui, par mon travail, je veux faire de la prévention sur ces sujets une priorité et inviter tout un chacun à s’éduquer soi-même à la reconnaissance de ses propres modes de fonctionnement mentaux pour éviter l’auto-manipulation.

Cessons de respecter nos idées ! D’où qu’elles viennent. Maltraitons-les, disséquons-les, provoquons-les ! Pour mieux nous respecter nous-mêmes.

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Commentaires

  1. Merci !
    Incroyable comme ça me parle ! Sans doutes avec des différences côté  croyances … 
    mais vous  mettez en mots certains de mes ressentis …
    Ceci étant le besoin viscéral que j’ai d’entendre ou de lire des propos autour du scepticisme  ou du rationalisme m’interroge 
    Comme si j’étais passée d’un besoin de croyances et de transcendance pour apaiser mes questions existentielles  et mes doutes  à un besoin aussi intense de rationalisme et de prise de recul … servant le même objectif. Ce qui est clair c’est que je me sens mieux du côté du scepticisme . Mais il résonne parfois comme une nouvelle religion ! 
    Et je crains autant les oppositions contre  des approches pseudo scientifiques ou non .. pouvant s’assimiler à des querelles de chapelles  ..
    Ceci étant Meta de choc est une source de réflexion et de clarification de comment je pense 🙂
    Merci

    1. Vous avez bien raison de vous méfier de votre “besoin“ de rationalisme ! Il est très aisé d’abandonner une croyance pour sauté à pieds joints dans une autre. Et le scepticisme, tout comme l’athéisme par exemple, peut facilement devenir dogmatique lorsqu’il n’est pas appliqué avec méthode et prudence ; parce qu’il a vite fait de flatter notre besoin d’avoir raison… Retour à la case départ. Donc, la grande question est : quel est ce “besoin“ ?

    2. Et oui voilà on y revient toujours !
      Besoin d’expliquer le monde peut être
      … de poser sa pensée quelque part
      Et vous ? Avez vous repéré ce besoin chez vous? Avez vous traversé une période « pieds joints » ?

    3. J’ai eu la chance de très vite clarifier les raisons de ma sortie de croyances et de comprendre que pour moi, l’important était de les déconstruire, pas d’en adopter de nouvelles ou d’aller vers une nouvelle communauté de pensée.
      Quoi qu’il en soit, la déconversion est un processus qui se fait étape par étape, avec des prises de conscience à chaque étape. Je pense que l’important est de bien identifier ce qui nous motive dans cette démarche et de rester critique vis-à-vis de soi-même.

  2. Super!
    Est-on libres de citer ce texte publiquement (radio par exemple) si on précise qu’il est de vous?

    Bonne journée!

    P.S : merci pour l’explication technique ; c’était devant mon nez et je ne l’avais pas vu. Maintenant je peux écouter le podcast où je veux 🙂

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